Ce n’est pas parce qu’ils ne partagent pas les croyances de la majorité qu’ils n’ont pas le droit d’exister !

papa-magatte-seckCe n’est pas parce qu’ils ne partagent pas les croyances de la majorité qu’ils n’ont pas le droit d’exister !!

Jeter à la vindicte populaire un groupe d’individu parce que seulement nous n’avons pas avec les mêmes croyances. C’est simplement puéril et consternant ! 

En matière de croyance et d’opinion, souvent chacun peut détenir sa propre vérité qui n’engage que lui et qu’il peut justement imaginer comme la seule légitime mais que d’autres par contre en toute liberté puissent la trouver majestueusement aberrante. 
Tolérance, indulgence et se respecter les uns les autres, sont je crois des impératifs pour raviver le bon vivre ensemble dans notre pays. 
La tolérance est définie par le Larousse comme étant : « l’attitude de quelqu’un qui admet chez les autres des manières de penser et de vivre différentes des siennes propres. »
Quelques soient nos différences, on est condamné à vivre ensemble. Allons-nous nous dresser les uns contre les autres ? 

Dans tout le monde musulman, elles sont innombrables les communautés qui se réclament toutes de l’Islam et malgré tout ce qui peut les unir ont parfois des divergences qui les rendent à jamais non conciliables. Le Moyen Orient est à feu et à sang certes pour des raisons liées à des intérêts géopolitiques de différentes puissances aux visées antinomiques, mais indéniablement le conflit historique entre chiite et sunnite est en toile de fond.
Au Sénégal, est ce que le bon vivre ensemble est menacé par les divergences des uns et des autres ? Je n’ai pas la réponse exacte, mais c’est une question que l’on peut aujourd’hui se poser légitimement. 
J’ai suivi avec attention les réactions suscitées par les propos Cheikh MBacké Sacko et aussi celles après le discours de Oustaz Oumar SALL. 
Je ne suis pas dans la prétention de dire qui a raison ou pas. Mais le bon vivre ensemble m’intéresse. 
Un bon vivre ensemble dans la paix et la cohésion qui fut si cher pour mame Abdou Aziz SY Dabakh.
Un bon vivre ensemble entre communauté toujours nourri et ravivé par les religieux de Touba, de Tivaouane et par le clergé catholique pour ne citer que ceux là…
Lorsqu’un individu ou un groupe d’individu exprime haut et fort des opinions, des idées ou des croyances en totales contradictions avec les miennes, est ce que cela doit être une source de confrontation dans la violence ? Dans ma façon de concevoir les choses, non !  
Pour d’autres plus sensibles, je ne dirai pas fanatiques, je peux comprendre que ça peut être problématique. Mais est ce que constituer des milices pour casser ses négateurs est la bonne façon de riposter? Je ne crois pas que ce soit la bonne démarche !
Le Sénégal est un État laïque et la constitution prévoit la libre pratique des croyances donc La liberté de culte, la liberté de conscience, La liberté d’opinion et aussi et surtout la liberté d’expression… 
Dans un Etat de droit, gare à ceux qui se font justice eux même !
Mais cette même constitution limite l’exercice et la jouissance de ces droits sous réserve du maintien de l’ordre public. Dés lors, se pose une question. Celle de savoir de délimiter les frontières nébuleuses de la liberté d’expression. 
Est-ce à chaque communauté selon la sensibilité de ses adeptes de s’en charger ? 

Il semblerait que ce soit dans cette voie dangereuse que nous sommes entrain de nous engager hélas.

Papa Magatte Seck

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