Centrafrique: la France n'a pas à «protéger un régime» selon François Hollande

L’époque a changé. Selon le président François Hollande, la présence française à Bangui n’est pas destinée à protéger un régime, mais à protéger les ressortissants français. Malgré les appels pressants du président centrafricain François Bozizé, Paris ne devrait pas voler à son secours comme elle l’a fait en 2006 et 2007.

 centre afrique villeC’est sa première crise africaine. L’occasion pour François Hollande de passer aux travaux pratiques, après avoir proclamé la fin de la Françafrique. Le président français l’avait dit, dès son arrivée à l’Elysée : Paris n’a plus vocation à intervenir directement dans ses anciennes colonies. En Centrafrique, depuis l’indépendance, la France a un long passif. Ainsi, en 2006 et en 2007, l’armée française avait repoussé les rebelles de l’UFDR et repris l’aéroport de Birao au terme de bombardements meurtriers. Mais depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et le contexte a changé. En 2006, les rebelles darfouris menaçaient de se répandre sur le Tchad et la Centrafrique. Aujourd’hui, la crise n’a plus la même ampleur régionale.

Par ailleurs, depuis 2010, Paris et Bangui ont renégocié leurs accords de défense. Le nouveau texte n’oblige pas Paris à intervenir en cas de conflit intérieur. Et si besoin était, François Hollande a levé ce jeudi 27 décembre toute ambiguïté : «D’une manière générale, si nous sommes présents, ce n’est pas pour protéger un régime, c’est pour protéger nos ressortissants et nos intérêts. Et en aucune façon pour intervenir dans les affaires intérieures d’un pays, en l’occurrence la Centrafrique. Ce temps-là est terminé.» Le «cousin français», pour reprendre l’expression de François Bozizé, reste donc sourd aux appels à l’aide du président centrafricain.

Le Mali, symbole des nouvelles pratiques françaises en Afrique

Les 250 soldats français présents à Bangui ont pour tâche principale d’appuyer la Micopax, la Mission de consolidation de la paix en Centrafrique et de former les soldats centrafricains. Leur tâche n’est pas de maintenir l’ordre ni de sécuriser les portes du palais.

La doctrine française en Afrique a changé au cours de ces dix dernières années. Comme le prouve le dossier malien, Paris ne se désintéresse pas de l’Afrique, mais préfère peser de son poids dans les instances internationales, former les militaires, et se ranger derrière les armées africaines. François Hollande lui-même a été en première ligne pour défendre une intervention militaire dans le nord du Mali, mais il a pris soin, à chaque fois, de rappeler qu’il n’y aurait pas de soldats français engagés. Une position d’équilibriste pour l’ancienne puissance coloniale : maintenir son influence sans se salir les mains.

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