Centrafrique Massacre au nord du pays : Plus de 20 personnes tuées dans un hôpital

Guerre civile. La région, dominée par les ex-Seleka, est hors de contrôle des Français ou de la force africaine.

Une attaque meurtrière, samedi, dans l’hôpital de Nanga Boguila, a fait 22 morts dont trois employés de Médecins sans frontières. L’établissement se situe dans le Nord de la Centrafrique, à 450 km au nord de Bangui, région que ne contrôlent ni les militaires français ni ceux de la force africaine, la Misca.

«Les assaillants ont d’abord ouvert le feu sur un groupe de personnes, fauchant quatre d’entre elles. Puis ils se sont dirigés vers l’hôpital où ils ont tué 15 autres personnes et trois membres du personnel de Msf», a expliqué à l’Afp un officier de la Misca.

Tarak Bach Baouab, conseiller humanitaire à Msf Amsterdam, explique que parmi les assaillants, des membres de l’ex-Seleka, mouvement de rebelles largement musulmans ayant pris le pouvoir par la force en mars 2013 et l’ayant exercé jusqu’en janvier, ont été reconnus. «L’attaque avait pour but d’obtenir des fonds pour le groupe armé, pour acheter des armes notamment», a-t-il affirmé, soulignant que «des attaques comme celle-ci, il y en a presque chaque jour».

Regret  

Cet hôpital était «l’acteur principal de la zone, avec 9 000 à 15 000 consultations par mois pour une population de 45 000 personnes : des gens venaient de 75 à 100 km à la ronde», précise l’humanitaire. Msf va suspendre, avec regret, son action dans cette zone.

La région de Nanga Boguila, le Nord du pays plus généralement, échappe toujours largement au contrôle des 2 000 soldats de l’Armée française et des 5 000 hommes de la force africaine. Les ex-Seleka semblent majoritaires dans cette région frontalière du Tchad, dont les soldats ont été accusés de protéger les ex-rebelles, jusqu’à leur retrait de la Misca début avril.

Escorte

Des musulmans de la capitale fuient les persécutions des anti-balaka, milices civiles à majorité chrétienne, pour se réfugier dans des zones jugées plus sûres. Dimanche, la force africaine a ainsi escorté 1 300 habitants du quartier musulman PK 12 de Bangui vers le Nord du pays. Le gouvernement centrafricain a dénoncé cette opération menée «à son insu et contre son gré». Selon les autorités centrafricaines, de tels déplacements accentuent la partition religieuse du pays, et mettent à mal la réconciliation nationale.

liberation.fr

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