Cérémonies du 11 Novembre à Paris avec la venue de Macky Sall, la communauté sénégalaise surveillée

Près de 84 chefs d’Etat et de gouvernement sont attendus ce week-end à Paris pour commémorer la fin de la Grande Guerre de 1914-1918. Pour assurer leur sécurité, la France a déployé les grands moyens. Les festivités sont prévues devant le monument de l’Arc de Triomphe et à la porte de Villette, à Paris.

Parmi ces chefs d’état figure le président Macky SALL, qui après avoir présidé ce matin, la journée des Forces armées va reprendre les airs pour répondre à l’invitation de Emmanuel Macron.

Un Zodiac noir file sur la Seine, quatre hommes armés à son bord et quatre lettres à sa poupe : Raid. Vendredi, Paris avait déjà des airs d’état de siège, à la veille des commémorations autour du centenaire de l’armistice qui se tiennent tout ce week-end. 72 chefs d’Etat et de gouvernement sont attendus dans la capitale pour cet événement hors-norme, qui s’achèvera dimanche par le Forum de Paris sur la Paix.

Le casting est à la hauteur du rendez-vous programmé par Emmanuel Macron : Donald Trump arrivé dès vendredi soir, mais aussi Vladimir Poutine, Angela Merkel, le turc Erdogan, ou encore le canadien Trudeau. Paris n’avait pas été au centre du monde depuis la tristement célèbre marche des chefs d’Etat, après les attentats de janvier 2015, puis pour la Cop 21 quelques mois plus tard.

Un défi diplomatique, mais aussi sécuritaire pour les autorités françaises qui ont mobilisé plus de 10 000 policiers et gendarmes. Parmi eux, 500 agents spécialisés du service de la protection (conducteurs, officiers de sécurité…) sont mobilisés pour assurer la protection rapprochée des chefs de délégations et des personnalités menacées, ainsi que la sécurisation des cortèges, des trajets, des sites et des lieux de résidence, en lien avec les services locaux.

La communauté Sénégalaise surveillée
D’abord parce que la menace djihadiste est loin d’être dissipée. Ensuite parce que les quatre suspects, sympathisants de l’ultra-droite arrêtés cette semaine, projetaient bien (comme ils l’ont confirmé en garde à vue) de poignarder Emmanuel Macron le 11 novembre. Enfin, parce que les services de renseignement s’inquiètent d’une mobilisation des « blacks blocs » et de mouvements contestataires communautaires.

« Cela peut-être notamment le cas des communautés gabonaises, maliennes, sénégalaises, camerounaises congolaises, tunisiennes et des opposants au régime saoudien », explique la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP) dans une note confidentielle du 7 novembre.

On se souvient en effet des manifestations violentes qui ont perturbé la dernière visite du président Macky Sall à Paris devant la résidence du Consulat à la rue Vineuse (16e). Cette fois ci les services de renseignement de la Préfecture de Police ne veulent pas être pris de court et ont largement pris les devants, notamment via des profilages et des écoutes des activistes d’après nos sources.

Elle redoute également des mouvements hostiles ce samedi soir, en marge d’un dîner officiel organisé au musée d’Orsay. Ainsi que le dimanche matin sur les Champs-Elysées, où tous les officiels remonteront l’avenue, d’abord en bus puis les cent derniers mètres à pied. Ils rejoindront l’Arc de triomphe où des snipers seront déployés sur les toits et les balcons alentour.

Pour le chef de l’Etat, l’organisation de ce sommet doit absolument être un sans-faute. Cela fait des mois que l’Elysée planche conjointement avec la Mission du Centenaire – l’organisme qui a travaillé sur toutes les manifestations qui ont émaillé 2018 – et les organisateurs du Forum sur la Paix. Plus d’une centaine d’invitations aux dirigeants internationaux ont été envoyées à travers le monde.

Les Français ont essuyé quelques refus, notamment des Chinois, lesquels gardent un souvenir amer de la Première Guerre mondiale qui s’était soldée par la perte d’une province. Quant à l’Israélien Benyamin Netanyahou, il laissait encore vendredi soir planer le doute sur sa venue.

Trump fait bande à part
Malgré ces désistements, Emmanuel Macron peut nourrir la satisfaction d’avoir remis Paris au cœur du jeu diplomatique. « Ça relativise cette petite musique qu’on entend monter sur le thème Macron est isolé. Quand on a autant de chefs d’Etat autour de soi, on n’est pas isolé », se félicite Justin Vaïsse, le président du Forum pour la Paix. Pour le président, il sera avant tout question de dérouler son approche multilatéralisme à l’occasion des différents discours qu’il va prononcer tout au long du week-end, de la clairière de Rethondes ce samedi, aux commémorations parisiennes dimanche.

« Pour lui, c’est parce que les nations sont capables de se parler les unes avec les autres, qu’on obtient la stabilité dans le monde », défend l’Elysée. Une vision aux antipodes de Donald Trump qui – même s’il verra Macron en tête-à-tête ce samedi matin à l’Elysée – séchera le Forum. Un président américain qui fait décidément bande à part : pendant que ses homologues prendront le bus, il sera le seul chef d’Etat, dimanche, à remonter les Champs dans sa limousine blindée.

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