Certificat de genre de mort du pompier Chérif Ndao : Me Assane Dioma Ndiaye exige une enquête sur le document de complaisance

Le président de la Ligue sénégalaise des droits de l’Homme (Lsdh), Me Assane Dioma Ndiaye, souhaite que la vérité jaillisse dans l’affaire du sapeur-pompier Chérif Ndao où les thèses sur les certificats de genre de mort sont multiples. Il demande au procureur de la République près le Tribunal régional de Thiès de poursuivre le médecin ayant établi le certificat de genre de mort complaisant.

Après l’éclatement de l’affaire Chérif Ndao, du nom de ce pompier mort lors d’une session de formation à Thiès pour l’aptitude à un grade de caporal de sapeur-pompier, le procureur près le Tribunal régional de Thiès est en train d’auditionner les éléments du Gnsp présumés mêlés à cette affaire de torture.

Après l’émoi suscité par les images de son corps victime «d’atrocités inimaginables», il cherche à situer les responsabilités. Mais pour le président de la Ligue sénégalaise des droits de l’Homme (Lsdh), «il est important que le procureur près le Tribunal régional de Thiès, au-delà du crime en tant que tel, poursuive pour Faux à l’endroit du médecin ayant établi le certificat de genre de mort complaisant, Usage de faux à l’encontre de la hiérarchie des sapeurs-pompiers».

Pour lui, il y a eu une «tentative d’obstruction à l’action de la justice contre tous ces susnommés pour avoir tenté de faire revêtir à des faits foncièrement criminels ou tout au moins délictuels, un caractère naturel».

Pour Assane Dioma Ndiaye, qui s’est exprimé sur sa page facebook hier, «les péripéties accompagnant (la mort de Chérif Ndao) sont également terrifiantes et défient l’éthique, la déontologie et la morale».

Plusieurs documents ont été produits sur la mort de ce sapeur-pompier dans des conditions obscures. Le Pr Diatta de l’Hôpital Principal de Dakar a conclu à une mort violente de Chérif Ndao suite à un arrêt cardiaque  par choc hémorragique sur Civd. Il confirme le médecin commandant spécialiste des hôpitaux des Armées, Dr Mouhamadou Mansour Fall.

Le commandant Fall a certifié avoir donné ses soins au nommé Chérif Adjouana Ndao jusqu’à 20 heures 40 du même jour et atteste que le patient a succombé à une «mort violente». Contrairement à ses confrères, le Pr Gisèle Wato Guèye de l’hôpital le Dantec, qui a soutenu la thèse «d’une mort naturelle à la suite d’une cardiopathie hypertrophique et dilatée, compliquée d’embolie pulmonaire grande, massive présentant des lésions traumatiques, superficielles, bénignes correspondant à des traces de sévices corporels».

Le défenseur des droits de l’Homme souhaite que la vérité soit dite dans cette affaire et le médecin ayant fait montre de complaisance sanctionné.

  • Écrit par  Awa GUEYE

agueye@lequotidien

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