«C’EST UNE QUESTION DE VIE OU DE MORT»

Alors que les doléances du collectif des 53 familles victimes de Gadaye n’ont pas encore connu une issue positive, c’est au tour des 1 650 familles de Tivaoune Peulh, réunies ce week-end au site de ladite localité, d’exposer leur situation qui demeure la même que celle des victimes de Gadaye qui ont vu la Descos, appuyée par des éléments du Gmi, détruire leurs maisons avec des engins.
Ces victimes ne comptent pas baisser les bras après une plainte déposée au niveau de la justice. Lasses d’attendre pendant plus de 19 mois, elles ont décidé d’interpeller le chef de l’Etat. Mieux, elles comptent retourner sur le site de la démolition avant d’entamer cette fois de nouvelles constructions. «Nous mettons en garde les autorités étatiques pour leur dire que nous avons respecté toutes les procédures. Il y a trois semaines, nous avions décidé d’organiser une marche à laquelle nous avons décidé de surseoir à la demande du préfet. Il nous avait dit que dans deux semaines l’affaire sera réglée, mais en fin de compte nous nous sommes rendu compte que c’était une dose de calmant», se désole Mamadou Lamine Diédhiou.
Ces victimes réunies sur les décombre, les visages attristés, condamnent le silence de l’Etat du Sénégal par rapport à cette situation. «On ne peut pas comprendre que des fils de ce pays subissent des injustices pareilles. Des familles dispersées, des mariages éclatés, d’aucuns, après cette humiliation, ont contracté une maladie qui a entraîné leur mort. Et il y a quelques mois le Président, lorsque ses parents (éleveurs) ont perdu des bœufs, est vite intervenu pour leur octroyer 1 milliard de francs Cfa. Vous vous rendez compte. Dans ce pays, il y a deux types de Sénégalais : ceux qui sont les préférés de l’Etat et d’autres qui sont des misérables.»
Les victimes, dans une colère noire, mettent en garde les autorités étatiques que désormais, «tout ce qui arrivera ici à Tivaouane Peulh sera sous la haute responsabilité du chef de l’Etat. Parce que c’est une situation de vie ou de mort. Et nous sommes prêts, dans ce cas, à mourir dignement. Ces genres de situation doivent finir dans ce pays». Le maire de Tivaouane Peulh nous a clairement dit que ce problème le dépasse. Et nous en profitons pour interpeller le ministre Oumar Guèye, car c’est lui qui avait signé tous ces papiers quand il était Pcr ici. Alors pourquoi aujourd’hui il se tait en décidant de ne plus intervenir, et pourtant il est au courant de la situation», renseigne le porte-parole des victimes de Tivaouane Peulh.
Sur un autre registre, Demba Khaly Diaw, membre du collectif des victimes, s’est prononcé sur l’aspect technique de leur dossier. Et c’est pour brandir des dossiers : «L’Etat a octroyé 100 ha à la Sipres. Et pour donner 100 ha, il y a des conditions. Il faut payer les impenses. Nous sommes des citoyens comme tout le monde ; nous avons suivi la voie normale. Nous avons nos délibérations. Nous sommes encore en règle. Qu’il vienne voir ou nous convoque pour voir si nous faisons du faux.»

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