Charlatanisme : Ville sainte des voyants et prédicateurs

charlantanismeLe Magal de Touba revêt un aspect socio-économique majeur. En effet, toute l’activité économique se déplace le temps que dure ce grand événement vers la cité religieuse. Touba s’est transformée en une véritable foire aux bonnes affaires. Les prédicateurs, vendeurs de gris-gris et voyants se frottent les mains.

Envoyés spéciaux à Touba – Des milliards circulent entre le transport, le secteur du commerce et l’activité industrielle. Bref, tous les trois secteurs primaire, secondaire et tertiaire sont impliqués dans cette activité économique en plein essor le temps du Magal. Toute l’activité économique du pays est déployée dans la capitale du mouridisme le temps du grand Magal de Touba. Toutes les grandes artères de la cité religieuse sont transformées en marché, les boutiques font le plein dans l’approvisionnement en denrées de toutes sortes pour ne pas être en rupture le temps de l’événement religieux qui draine un monde. Sur l’avenue 28, les voyants, les prédicateurs et vendeurs de talismans font le plein. Sollicités qu’ils sont par les filles pour la majorité. Les talismans sont des préfabriqués, qui s’échangent entre 1 500 francs et 3 000 francs. Aïda Ndiaye, venue de Dakar, raconte : «J’ai acheté le cadenas à 2 000 francs pour que mon copain m’épouse enfin. Nous en sommes à notre 3ème année de liaison, il repousse toujours l’échéance. Le gars m’a dit qu’il va m’épouser et m’a demandé son nom. Il a récité quelque chose et ouvert le cadenas avant de le refermer et remettre la clé.» Interpellé sur ce commerce, Aliou Baldé, après hésitation, et dans un wolof approximatif, répond : «Nous vendons des peaux de presque tous les animaux sauvages. En plus de cela, je vends des gris-gris, des cadenas pour ferrer des personnes, des talismans pour les mauvais esprits. Bref, tout ce qui peut aider une personne.» Le moment est propice pour amasser du fric. Sur place, on y trouve tout. Fatoumata Danso, une voyante installée à la devanture de la maison de Sokhna Bally Mbacké, renchérit : «Depuis plusieurs années, j’exerce cette activité. Le temps du Magal, j’amasse de l’argent. Je peux avoir 50 mille francs entre 7h du matin et 18h, parce que la consultation est à 1 000 francs.»

Source : Le Quotidien

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*