Cocaïne et lutte contre la corruption en Algérie: «nul n’est au-dessus de la Loi»

Sur fond d’enquête sur l’«affaire de la cocaïne» touchant de hauts responsables algériens et leurs proches, et dans le cadre de la lutte contre la corruption, le ministre algérien de la justice a déclaré le 9 septembre que «nul n’est au-dessus de la Loi», annonçant le création d’un pôle judiciaire à cet effet.

Le 9 septembre, depuis la wilaya de Tindouf, en Algérie, Tayeb Louh, ministre de la Justice et garde des sceaux du pays, a réaffirmé la détermination de l’État algérien à lutter contre la corruption et les crimes financiers jusqu’à leur éradication de la vie publique. C’est ce qu’a indiqué l’Algérie Presse Service (APS), le 9 septembre.

Intervenant sur fond de scandale suivant l’affaire de la saisie de cocaïne à Oran, le responsable algérien a souligné que «chacun [de nous, ndlr] doit savoir que nul n’est au-dessus de la Loi ou qu’il peut violer son autorité».

Dans ce sens, le ministre algérien a déclaré que l’État était déterminé «à poursuivre une lutte sans merci contre les maux sociaux eu égard aux dangers engendrés par la corruption et les fléaux qui rongent les sociétés et entravent leur progrès».

Évoquant les moyens que l’État comptait se donner pour venir à bout de la corruption, M. Louh a annoncé la création d’un pôle pénal dédié aux affaires financières et «qui sera doté de tous les moyens humains et matériels nécessaires lui permettant de mener sa mission avec efficacité, dans la lutte contre le crime de la corruption, dans le cadre de la poursuite des réformes du système juridique visant l’amélioration de l’efficacité de la lutte contre la corruption».

L’affaire de la saisie, le 29 mai dernier, de 701 kg de cocaïne à bord d’un bateau dans le port de la ville d’Oran, censé transporter de la viande rouge importée du Brésil pour le compte de Kamel Chikhi, surnommé «Kamel le boucher», va connaître de nouveaux rebondissements dans les prochains jours, selon le quotidien arabophone algérien El Bilad, dans son édition du 30 août.

Selon le journal, l’enquête sur cette affaire de cocaïne va reprendre sur ordre du Président Abdelaziz Bouteflika, qui a demandé à ce qu’aucune personne mêlée de près ou de loin à ce scandale ne soit épargnée par la justice, quel que soit son rang dans les institutions de l’État.

Selon des sources bien informées et citées par le média, le juge d’instruction en charge de cette affaire adressera très prochainement des convocations à des ministres en exercice dans l’actuel gouvernement, ainsi qu’à certains de leurs proches parents liés à cette affaire de cocaïne.

L’enquête, selon le quotidien, viserait cette fois également les enfants de hauts fonctionnaires, dont le fils d’un général-major de haut rang dans l’armée algérienne, qui a été limogé par le président de la République il y a quelques jours. Une décision qui aurait été motivée par le souci d’éviter à la justice d’éventuelles influences venant perturber le cours de l’enquête.

Dans son édition du 30 août, le site d’information Algeriepatriotique a affirmé que «la réactivation de l’enquête sur cette affaire de cocaïne, en ce moment précis, confirme l’existence d’un lien direct entre ce scandale et le vaste mouvement enclenché depuis quelques semaines au sein des corps de sécurité, dans un sens où l’enquête n’aurait pu avancer que dans un climat assaini et, surtout, apaisé».

Pour rappel, l’affaire de la saisie de la cocaïne a suscité une vague de changements dans les corps constitués de l’État algérien, touchant en premier lieu la direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), la gendarmerie nationale et enfin l’Armée nationale populaire (ANP).

fr.sputniknews.com

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