Colère noire

Leshia-Evans-20160712-1728x800_c-300x139Il semble bien loin, ce 4 novembre 2008 et son «effet Obama» aux Etats-Unis. A l’époque, 95% de la communauté noire avait voté pour «son» président. Huit ans plus tard, des activistes se couchent devant la résidence chicagoanne de Barack Obama pour lui rappeler que «la qualité de vie des Afro-américains n’a pas changé».

Dans cet Etat, la police a presque tous les droits. La généralisation des armes laisse craindre une escalade de la violence à chaque interaction avec un citoyen. C’est ce qui s’est passé pour Philando Castile, mort d’une volée de balles policières sous les yeux de son épouse alors qu’il était interpellé pour un simple problème de phare.
L’histoire se répète. Sans même parler de la situation avant la fin – officielle – de la ségrégation en 1967, la population noire a toujours payé un lourd tribut aux Etats- Unis et craint, à raison, les bavures policières et judiciaires. Un terreau fertile pour les mouvements des Black Panthers ou de la Nation of Islam, nés de la violence institutionnelle de l’époque, et dont les cendres sont encore chaudes.
Après une série de décès en 2015, des études statistiques avaient démontré que les Afro-américains ont trois fois plus de risques d’être tués par la police que les blancs. Ils ne représentent pourtant que 14% de la population. Même non armés, noirs et blancs sont inégaux devant les forces de l’ordre.
Face à ce constat, c’est pourtant la répression qui règne. Les manifestations pacifiques de ces derniers jours, de New York à San Francisco, se sont soldées par de violents affrontements entre la police et les protestataires. Il faut dire que les autorités sont à cran, après que Micah Johnson, sniper – noir – vétéran de la guerre en Afghanistan a tué cinq policiers et blessé sept autres à Dallas jeudi dernier. Une attaque vivement condamnée par les organisateurs des différentes manifestations.
Pendant ce temps, les voix remarquant que les prisons américaines débordent, que l’éducation manque cruellement de moyens ou que le système judiciaire de certains Etats laisse à désirer, se perdent dans le désert. Barack Obama n’a rien pu y faire, Hillary Clinton ou Donald Trump semblent bien loin de ces considérations. A défaut de mieux, le conseil circule sur les réseaux, adressé aux Afro-américains: «restez calmes et documentez.»
Laura Drompt
Photo: Leshia Evans
source: http://www.lecourrier.ch/140711/colere_noire
http://reseauinternational.net/colere-noire/
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