CONCESSION DU TERMINAL VRAQUIER Le poisson à Necotrans, les arrêtes au Port

Le dossier de la concession du terminal vraquier du Port est encore plus « risqué» qu’il n’y paraît pour le port. Une lecture plus approfondie du document de présentation du projet permet de déceler que dans cette affaire, c’est le port qui perd sur toute la ligne ou tout au plus, il ne gagne pas grand-chose. En revanche, le concessionnaire, lui, se frotte les mains.

A travers la concession à Necotrans du terminal vraquier u môle 8 du Port autonome de Dakar, le port cède une superficie de dakar_port91000m2 à la société française pour une durée de 25 ans. En contrepartie  de cette concession, celle-ci lui paie des redevances domaniales fixes et des redevances variables sur le tonnage. Mais en tout et pour tout, ces redevances sont inférieures au milliard de francs Cfa annuellement. Les redevances domaniales fixes sont calculées sur le taux de 4132 par m2 et si on fait le total en termes de recettes sur la redevance domaniale fixe, le port se retrouvera  sur l’année avec 376.012 000 FCfa. Les recettes sur la redevance variable sur le tonnage de trafic concédé, à raison de 130 FCfa la tonne pour  un tonnage annuel estimé à 3000.000, se chiffrent à 390.000.000 FCfa.

Au total, le port devrait encaisser 766.012.000 FCfa avec cette concession. Alors que, si on se fie au chiffres fournis par les manutentionnaires, ces recettes sont largement inférieures aux sommes encaissées par le port dans le cadre des exercices 2011 et 2012. Pendant ces deux années, les sociétés qui s’occupent de la manutention ont versé respectivement  2.700.000.000 et 2.021.000.000 de FCfa.
Mais le pire dans cette affaire est que Necotrans va facturer la manutention à 7500 FCfa la tonne, ce qui va lui permettre de se retrouver, si on  rapporte ce prix unitaire aux 3.000.000 de tonnes de trafic, avec un pactole de 22.500.000.000 FCfa. Une telle perspective  est plus qu’alléchante pour le concessionnaire qui peut renter sur ses fonds investis en moins de trois années d’exercice.

Rappelons que dans le document  de présentation du projet, les investissements attendus de la société sont estimés à un peu plus de 48.000.000.000 FCfa. Au finish, c’est le secteur privé national qui va en pâtir avec les pertes d’emplois en perspectives dans le meilleur des cas ou la faillite pour les entreprises du secteur dans le pire.

Cheikh Kanté se venge
Non contente d’avoir entrainé les manutentionnaires dans des lendemains incertains, la direction du port semble avoir opté pour la chicotte contre les entreprises récalcitrantes et membres du SEMPOS. D’ores et déjà, la Somicoa est en train de faire les frais de la position du syndicat des entreprises manutentionnaires des ports du Sénégal. Selon Mansour Ndiaye, représentant des ICS dans ledit Syndicat, « depuis vendredi, la SOMICOA a un bateau qui doit accoster au port mais jusqu’aujourd’hui, celui-ci ne peut entrer au port à cause de tracasseries. Même chose pour les Ics dont les représentants font face à des blocages pour accéder aux services du port, sous prétexte que ces sociétés ne sont pas à jour au niveau du paiement de leur redevance. »

Si pour le cas des ICS notre interlocuteur nous révèle que c’est « désormais réglé », la Somicoa pour sa part resterait devoir de l’argent au port.  Selon M. Ndiaye, « depuis cette affaire, la direction du port est devenue moins indulgente avec les entreprises membres de leur syndicat. » Une  attitude du port qui vise « à faire mal aux manutentionnaires mais dont les conséquences risquent d’être désastreuses pour l’économie sénégalaise», explique-t-il. Ces blocages risquent  en tout cas de rompre la chaîne d’approvisionnement de beaucoup d’entreprises sénégalaises, avec sans doute des conséquences fâcheuses sur la consommation intérieure voire l’économie.

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