Condamné pour détention et consommation de drogue : Lappa Diagne en cure de 15 jours à Rebeuss

L’ex-batteur du Super Diamono a été reconnu coupable des faits de détention et usage de drogue. Lappa  Diagne a été condamné, en compagnie de Malick Sène à 15 jours ferme. Kader Touré et Babacar Fall,  leurs deux autres co-prévenus sont relaxés.

Visage barré par la peine, horripilé par la détresse, Lappa Diagne est un homme condamné par la douleur. Le verdict du Tribunal des flagrants délits a exacerbé ce chagrin qui le cloue à la marge de la société. Condamné à 15 jours ferme (peine d’avertissement), l’ex-batteur du super Diamono est tombé du haut de la scène pour se retrouver au cœur  des pages de faits divers. C’est une chute vertigineuse de cet as de la batterie.

A la barre du tribunal, il a avoué sa faute pour espérer un pardon du juge. Il a fait profil bas au moment de reconnaître les faits à lui reprochés. Sans ambages, El Hadji Ousmane Diagne, à l’état civil, a réitéré ses regrets et a bénéficié de la clémence du Tribunal. Et Malick Sène aussi. Leurs co-prévenus, Kader Touré et Babacar Fall, ont bénéficié de la relaxe du Tribunal.  Ils comparaissaient  pour détention et usage d’héroïne.

Né en 1956, El Hadji Ousmane Diagne a reconnu qu’il est accro à la drogue. Mais, admet-il, il avait arrêté de consommer l’héroïne depuis… 3 mois. Il est néanmoins tombé avec le produit prohibé au moment de son arrestation par la police de Grand-Dakar. Ce jour-là, dit-il, il était parti acheter cette drogue pour la consommation personnelle d’un ami pour se disculper. Malick Sène embouche la même trompette.

«J’ai un ami qui est malade et qui m’a demandé de lui en trouver. Il souffre d’un mal de dos chronique et prenait des comprimés qui n’ont pas soulagé sa souffrance. Et comme il n’arrive pas à bouger, il m’a prié de lui en trouver», a-t-il expliqué. En fin de compte, il a reconnu que la police a trouvé par devers lui deux képars de drogue. Il a révélé, en outre, qu’il est en contact avec l’héroïne depuis 1973. Alors qu’il était à l’école primaire. Même s’il n’a jamais été un consommateur.

De fil en aiguille, les aveux se succèdent et la vérité finit par transparaître sans aucun doute aux yeux des juges. Dans son réquisitoire, le procureur de la République a insisté sur la constance des faits. A l’endroit de Lappa Diagne, il dit  «qu’il est encore plus grave d’acheter de la drogue pour une autre personne».  Il a requis 1 mois pour Lappa Diagne et Malick Sène, et la relaxe pure et simple pour Kader Touré et Babacar Fall.

Aveux
Me Bassirou Ngom, conseil de Malick Sène, a invité le Tribunal à faire preuve «de socialisation en ce sens que les prévenus ont collaboré à la manifestation de la vérité» et a sollicité la clémence. Au bout de sa plaidoirie, il a demandé une application bienveillante de la loi.

Me Souleymane Ndéné Ndiaye, avocat de Lappa Diagne, pense que la drogue est un cas de pathologie. Pour lui, son client, qui avait arrêté de la prendre depuis 3 mois, a rencontré le jour des faits le diable de midi et s’est retrouvé en détenteur de drogue. Me Ndiaye estime que son client a plus besoin de cure que de la prison. «C’est un monument de la musique sénégalaise», rappelle-t-il. C’est la raison pour laquelle, il s’est constitué pour assurer sa défense.  Il a aussi sollicité la clémence du Tribunal.

Cette affaire a dévoilé la fragilité de ce virtuose de la batterie qui a longtemps enchanté les soirées du Super Diamono de Dakar. Dans la nuit du 2 au 3 mai, l’icône s’est retrouvée à terre et dans le panier à salade après une filature des flics de Grand-Dakar. C’est dans ce quartier qu’il caresse son génie et peine à étouffer ses démons destructeurs qui l’ont rattrapé trois mois après avoir arrêté de consommer de la drogue. Le malheureux hasard l’a mis sur le chemin des policiers.

Informée de la présence d’un vendeur de drogue  quelque part à la Médina, la police se déporte sur les lieux. Pas de bol : le présumé dealer a déjà quitté sa planque. Les policiers poursuivent alors Malick Sène et El Hadji Ousmane Diagne. Fouillant le domicile du batteur, il y trouve 1 képar d’héroïne et deux chez Malick Sène. Dans leur Pv, les limiers expliquent que les deux autres prévenus, Kader Touré et Babacar Fall, avaient jeté la drogue quand ils ont fait irruption dans la chambre de El Hadji Ous­mane Diagne. Devant la barre, MM Fall  et Touré ont nié avoir été trouvés en possession de la substance prohibée. Contrairement à leurs co-prévenus qui sont passés aux aveux avant de se retrouver avec 15 jours de prison.

  • Écrit par  Justin GOMIS

justin@lequotidien.sn

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*