Confédération des Syndicats Autonomes (CSA): SYNDICAT NATIONAL DES AGENTS DE LA PECHE
ACTUALITE, SOCIETE Samedi, janvier 19th, 2013
TEXTE LIMINAIRE A LA CONFERENCE DE PRESSE DU MERCREDI 16 JANVIER 2013
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs les journalistes, Camarades militants, Chers Invités,
Le point de presse que nous tenons aujourd’hui, a pour objectif de rétablir la vérité sur un certain nombre de déclarations et de faits, tendant à induire en erreur les autorités centrales de notre pays sur le choix qu’il convient de faire pour une exploitation judicieuse de nos ressources halieutiques.
Depuis un certain temps, le Groupement des Armateurs et Industriels de Pèche du Sénégal (GAIPES) par le biais d’un lobbying éhonté, avec la complicité d’un organisme présumé ECOLOGISTE, qui aujourd’hui, est en train d’outrepasser ses compétences en faisant de l’ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat souverain.
LE SYNDICAT NATIONAL DES AGENTS DE LA PECHE (SYNAP), affilié à la Confédération des Syndicats Autonomes (CSA), se battra encore une fois pour que les autorités actuelles ne soient pas flouées et bernées par des groupes qui ne connaissent pas les mots PATRIOTISME et INTERET NATIONAL dans leur vocabulaire. Le SYNAP ne ménagera aucun effort pour que les situations connues dans de précédentes gouvernances du secteur ne se reproduisent.
Car ce n’est qu’ainsi que nous pourrons préserver nos ressources et protéger, par la même occasion, les centaines de milliers d’emplois du secteur.
A cet effet, il faudra convenir des actions suivantes, à savoir :
* Combattre l’opacité qui règne au niveau de l’armement industriel battant pavillon sénégalais et qui est vieux de plus de trente (30) ans.
Ces sociétés dites mixtes sont pour la plupart, la propriété d’investisseurs étrangers, notamment espagnols, chinois, français ou italiens.
* Il faut que l’audit du pavillon sénégalais retenu depuis les assises de la Pêche en 2001, soit porté à la connaissance des principaux acteurs. Ainsi, LES PRETE-NOMS, LES SOCIETES ECRANS et LES SOCIETES DE COMPLAISANCE seront mis à nu.
* Il faudra en outre, veiller au respect strict des normes au niveau des mailles des filets.
* respecter la réglementation en vigueur au Sénégal.
* respecter rigoureusement la procédure sur la délivrance des licences.
* supprimer le courtage à défaut de pouvoir l’encadrer.
Exemple : les armateurs Russes achètent la tonne de poisson à 110 dollars, alors que ce n’est que 35 dollars qui sont versé à l’Etat du Sénégal. C’est pourquoi nous invitons à :
* tenir compte de l’espèce migratrice qui vit dans nos eaux en période de froid et qui migre vers le nord en période chaude,
* faire embarquer les observateurs de pêche à bord des navires battant pavillon sénégalais afin de diminuer les infractions et fraude en matière de pêche.
Les infractions commises par ces navires, ont atteint un cumul de 1 milliard 200 millions de francs CFA en termes d’amendes impayées à l’Etat sénégalais. Ceci est très préjudiciable à l’économie nationale.
L’armement sénégalais verse dans son ensemble à l’Etat du Sénégal environ la somme 670 000 000 de francs CFA.
Au détriment du marché Sénégalais, ces armements exportent la quasi-totalité de leur capture (98 %) à l’étranger (Europe ou ailleurs).
Sur le plan fiscal, notre pays perd beaucoup, car, la société mixte bénéficie de zone franche lui permettant ainsi d’échapper en grande partie à la taxation ou au point franc qui permet aussi d’acheter des intrants (carburants, matériaux de pêches, etc.…) en hors taxe.
Le Syndicat National des Agents de la Pêche (SYNAP) comprend mal que les propriétaires des navires de pêche battant pavillon sénégalais, au moment où ils demandent à l’Etat du Sénégal de les aider à acquérir un agrément pour pouvoir pécher à l’étranger; s’entêtent à barrer la route à des étrangers qui sont plus rentables pour l’Etat du Sénégal et plus respectueux de notre réglementation en matière de pêche.
N’oublions pas qu’une bonne partie de ces mêmes armateurs protègent des étrangers en leur servant d’écran et de prête-nom. Ce qui leur permet de contourner le fisc…
Surtout, lorsque l’on sait que la redevance payée par un seul navire étranger fait deux fois le montant payé, par l’ensemble des navires battant pavillon sénégalais.
Le lobby du GAIPES sait de manière certaine que les navires sénégalais n’ont pas l’autonomie adéquate pour aller pécher au-delà des 16 miles nautiques, alors que les navires étrangers ont une autonomie qui va au-delà des 20 à 35 miles nautiques, selon qu’ils évoluent au nord ou au sud ; ce qui n’impacte en rien sur la ressource pélagique, qui la plupart du temps est une espèce migratrice.
C’est pourquoi, le SYNAP tient à attirer l’attention des autorités étatiques sur la situation du secteur.
L’Etat doit veiller à mettre en place une politique de pêche rentable pour les acteurs et pour lui même, mais surtout écologiquement durable, car nous ne devons pas perdre de vue l’interdépendance entre le développement national et la réalité de l’économie mondiale.
Car, si un pays voisin venait à octroyer des licences à ces navires, le Sénégal seul, serait le grand perdant.
La pêche artisanale dont la flotte est constituée de 18 000 pirogues, employant directement 60 000 pécheurs et créant indirectement 600 000 emplois fait vivre au moins deux millions de personnes. Elle aussi, est à l’origine des 87% de la production halieutique qui sert à ravitailler les entreprises à terre et surtout la consommation des ménages.
Elle est moins bien lotie que les autres car, ne pouvant excéder les 12 miles nautiques.
Ces lobbyeurs sont même parvenus avec des interprétations fallacieuses à convaincre des organismes de protection des ressources et de l’environnement
Pourtant, non loin de notre pays l’octroi non orthodoxe et à tour de bras des licences est connue de ces organisme, mais leur mutisme est total dans ce domaine
L’Etat se devrait d’empêcher toute ingérence dans la gestion du secteur, mais également de reprendre les choses en main et rappeler aux armateurs qu’un comportement citoyen commence par des pratiques de
pêche responsable, l’arrêt des prête-noms à des étrangers, l’acceptation d’être surveillées s’ils n’ont rien à se reprocher et payement de leurs amendes.
Tout cela permettrait à l’Etat de recouvrer un milliard de francs CFA qui pourraient servir à doter de 200 000 gilets de sauvetage, ou un matériel de sécurité pour nos pêcheurs artisans.
Le SYNAP souhaite une large concertation sur la gestion de nos ressources halieutiques impliquant tous les acteurs du secteur.
MERCI DE VOTRE AIMABLE ATTENTION
Fait à Dakar, le 16 janvier 2013
Pour le Bureau Exécutif
Le Secrétaire Général
Amadou LAM
Confédération des Syndicats Autonomes (CSA): SYNDICAT NATIONAL DES AGENTS DE LA PECHE
Cité Fenêtres Mermoz – Corniche Ouest Dakar
Tél. : 77630-90-32/76663-94-39/33860-24-65 E: mail: synap_csa@yahoo.fr BP : 3656
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