Conférence des ambassadeurs: Macron évoque l’aide au développement

Lundi 27 août devant les ambassadeurs français réunis à Paris, Emmanuel Macron a présenté les grandes orientations de sa diplomatie pour l’année à venir. Le président français a notamment confirmé une augmentation de l’aide publique au développement, à hauteur d’un milliard d’euros, pour 2019. Hervé Berville, député LREM, a remis un rapport au Premier ministre, contenant des propositions destinées à moderniser l’APD, dont l’Afrique est la première bénéficiaire.

« Après une longue période de baisse » de l’aide publique au développement (APD), « le budget 2019 comptera un milliard d’euros en autorisations d’engagements supplémentaires », a déclaré lundi le chef de l’Etat français, lors de son discours annuel de politique étrangère, confirmant un engagement déjà formulé en février.

« Redonnons à notre politique d’aide au développement une ambition nouvelle », plaide Emmanuel Macron qui, dès le mois de mai 2017, s’était engagé à faire de nouveau parvenir l’APD à 0,55% du revenu intérieur brut (RNB) d’ici la fin de son mandat, en 2022, alors qu’elle était tombée à 0,38% en 2016.

Pour Emmanuel Macron, la France doit repenser sa politique d’aide au développement. Pas seulement en termes de budget, mais aussi et surtout en termes de méthode. C’est dans cette perspective que le parlementaire Hervé Berville, du parti présidentiel La République en marche, a été sollicité. Lundi, il a remis son rapport d’une centaine de pages à Edouard Philippe.

Nommer un commissaire européen dédié à la relation Europe-Afrique

Le rapport s’ouvre sur un diagnostic de la situation. De nouvelles dynamiques contemporaines sont à l’œuvre, constate-t-il, et ces dynamiques engendrent de nouveaux besoins. Pression migratoire, réchauffement climatique, accroissement démographique… le continent africain est directement concerné.

L’Afrique est actuellement le premier continent bénéficiaire de l’APD française et cela ne devrait pas changer. Mais il faut tenir compte, explique le rapport, des nouveaux défis de ce siècle. Exemple : « Près de 350 millions de jeunes Africains supplémentaires arriveront sur le marché du travail d’ici à 2050 », ce qui « nécessite d’immenses investissements (…) dans l’éducation et la formation ».

Le rapport établit ensuite 12 propositions-clés pour répondre à ces défis. Comme celle de nommer un commissaire européen spécifiquement dédié à la relation Europe-Afrique. Il permettrait d’assurer un suivi des travaux en cours, selon le rapport. Il serait aussi le visage de « l’impulsion nouvelle » entre les deux continents, voulue par Emmanuel Macron.

Macron appelle à des « réorganisations profondes » autour de l’AFD

Objectif : « Préparer un pacte fondateur pour une relation Europe-Afrique du XXIe siècle. » Autre levier de modernisation possible, cette fois officiellement annoncée par le président français : la diversification des partenaires. La France souhaite s’appuyer davantage sur la société civile, la jeunesse, les entreprises et la diaspora. M. Macron « une nouvelle dimension partenariale ».

Le président appelle à « une véritable politique d’investissement solidaire ». Il a également annoncé « une nouvelle loi d’orientation et de programmation pour entériner notre trajectoire d’aide », une « politique ambitieuse d’évaluation pour suivre les résultats de cette aide » et « des réorganisations profondes » autour de l’Agence française de développement (AFD).

Il doit à présent plancher avec son ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian. Les deux hommes détermineront quelles propositions ils choisissent de retenir dans le rapport Berville. Comme l’a reconnu Emmanuel Macron plusieurs fois, l’augmentation budgétaire annoncée lors du quinquennat en cours reste en deçà de l’objectif international de 0,7% atteint par Londres et Berlin.

rfi

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