Congo – Brazza : BRAS DE FER ENTRE LA SOCIÉTÉ TOTAL ET SASSOU NGUESSO

– Total a signé avec le gouvernement du Congo-Brazzaville un accord de renouvellement de trois concessions pétrolières offshore, représentant une production de plusieurs centaines de millions de barils de pétrole brut.

Pour obtenir ce renouvellement, l’entreprise pétrolière française a dû céder une partie de ses parts à des entreprises « locales ». Mais celles-ci sont totalement opaques et paraissent étroitement liées aux cercles du pouvoir congolais.
Dans une note du 8 juillet 2015, une directive émanent de la présidence de la République signée par Mr Bernard OKIORINA impose au groupe de négociation des accords relatifs aux permis d’exploitation du secteur Sud de PNGF de travailler sans appel d’offre avec la Société Africa Oil and Gas Corporation (AOGC) de Denis Gokana, PETROCONGO (PETCO) et KONTINENT Congo SA de Yaya Moussa dans les permis d’exploitation TCHENDO II, TCHIBOUELA II, TCHIBELI-LITANZI II avec des pourcentages affolants de participation de 10%, 5%, et 10%.
On sait peu de choses des trois entreprises privées qui détiennent ensemble une participation de 25% dans les trois champs pétroliers offshore de Total, dont la production s’élève à 20 000 barils par jour. L’une d’elles est l’Africa Oil and Gas Company (AOGC), fondée par Denis Gokana, président de la compagnie pétrolière nationale congolaise et proche de M. Sassou Nguesso. AOGC a été dénoncée comme une entreprise « fictive » contrôlée par M. Gokana dans un jugement de la Haute Cour de Londres en 2005.
Une autre des trois entreprises locales à avoir acquis des participations dans les gisements de pétrole est Kontinent Congo. C’est une filiale locale de Kontinent LLC, une entreprise enregistrée aux États-Unis par Yaya Moussa, un ancien dirigeant camerounais du Fonds monétaire international, qui a forgé des relations délictueuses avec le gouvernement de Monsieur Sassou Nguesso durant l’une de ses affectations à Brazzaville. Un porte-parole de la société Total a refusé de nommer les propriétaires ultimes de ses nouveaux partenaires, qui, selon elle, ont été choisis par le gouvernement congolais.
Les prochains renouvellements de licence  devront se faire dans les mêmes conditions, ainsi que les prochaines licences. La société Total a dit qu’elle refuserait une fois de plus quitte à fermer la filiale du Congo Brazzaville car la société Total est quottée à la bourse américaine, donc il y a des choses qui ne peuvent pas passer, des malversations qu’ils ne peuvent pas cautionner. Kontinental, AOGC et Petrocongo ont des pourcentages que rien ne justifient, ces sociétés sont dirigées par le clan de Sassou Nguesso et ce sont les mêmes personnes qui sont à la tête de la SNPC.
Éclairage
Tous les champs de Total et ENI ont des licences d’exploitation qui courent sur une durée donnée.
A la fin de cette durée, le champ et les installations reviennent à l’État qui fait un appel d’offre pour les redonner à une autre société ou à l’exploiter lui même si la licence n’est pas renouveler par la première société : ENI ou Total.
Maintenant Monsieur Sassou Nguesso (l’État c’est moi) exige que dans tous les cas, renouvellement ou pas, l’entrée de ses sociétés fictives. En clair,  AOGC, PETROCONGO et KONTINENTAL qui ne sont pas des sociétés nationales doivent entrer impérativement dans le partage de production.
La société Total accepte d’abord l’accord, puis la justice américaine intervient. Total est obligé de faire marche arrière, finalement la société Total décide de céder la licence d’exploitation du champ PNGF Sud dont la licence arrivait à expiration.
Plutôt que de permettre à Total, de renouveler la licence Sassou Nguesso fait intervenir une société appelée PERENCO ayant les capacités d’opérer les champs matures car la SNPC n’a pas la technicité nécessaire pour le faire.
PERENCO reprend donc le champ avec les conditions que Total avait refusé, c’est à dire l’entrée des sociétés fictives qui appartiennent au clan de Sassou Nguesso (AOGC, PETROCONGO, KONTINENTAL).
Le prochain champ dont la licence arrive à expiration s’appelle KLL. Le même problème va se poser et la société Total risque de le perdre.
Nous sommes allé sur Wikipédia pour savoir qui est PERENCO ce mercenaire du Business qui dame le pion à la société Total au Congo Brazzaville.
PERENCO est une compagnie pétrolière indépendante franco-britannique. Elle est active en mer du Nord (Royaume-Uni), en Afrique centrale (Cameroun, Gabon, Congo-Brazzaville, Congo Kinshasa), en Amérique latine (Guatemala, Colombie, Pérou et Venezuela) sur le pourtour méditerranéen (Tunisie, Égypte et Turquie) et au Vietnam. Elle détient des permis d’exploration au Brésil, au Gabon au Belize. Le siège de la société est à Londres qui est le paradis fiscal le mieux protégé en Europe.
Son fondateur, Hubert Perrodo (1944-2006), a commencé ses activités à Singapour en 1975, en créant une compagnie de services maritimes pour l’industrie du pétrole. Il se spécialisa ensuite dans les appareils de forage, fondant Techfor en 1978. En 1982, l’acquisition de Cosifor lui permit de renforcer sa flotte. À la revente de celle-ci en 1992, l’achat d’actifs en production, commencé dès 1986, faisait accéder son entreprise du statut de compagnie de forage à celui de compagnie d’exploration et de production.
Le modèle initial de PERENCO est l’acquisition de champs pétroliers dits « matures », dont l’exploitation n’est plus jugé rentable. Reprenant l’activité, PERENCO parvient à ralentir ou stopper le déclin de leur production, l’augmentant même dans certains cas. Des campagnes d’exploration et de délinéation ont permis de consolider la position de
l’entreprise. François Perrodo, fils aîné de Hubert Perrodo, est désormais à la tête de cette entreprise familiale.
Ce qu’il faut bien comprendre est que ces sociétés fictives entre dans le partage de production pour tout nouveau contrat (licence d’exploitation) et lorsqu’une ancienne licence expire et qu’il faut la renouveler ou la céder à un autre opérateur.
Ces sociétés entre impérativement dans le partage de production alors qu’elles n’ont rien investit en amont. En terme technique on dit qu’elles se font porter. C’est comme si on décidait de faire une affaire et chaque partenaire met de l’argent à disposition pour les dépenses en amont.
Normalement le pourcentage de chacun lors du partage dépend du capital d’investissement de chacun, sauf pour la société étatique qui lui a des prérogatives. Actuellement même les sociétés nationales investissent en amont dans les autres pays pour augmenter leur pourcentage lors du partage de la production.
Or, les sociétés de monsieur Sassou Nguesso qui en outre ne sont pas des sociétés nationales, n’investissent rien et il les impose cependant dans le partage de la production avec des pourcentages hallucinants.
Patrick Eric Mampouya

: Afrique Monde

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