Conséquence de la cuisson avec le charbon de bois 6300 Sénégalais meurent par an

L’utilisation des combustibles solides pour la cuisson des repas est responsable de la mort de 6300 personnes au Sénégal, notamment chez les femmes et les enfants.charbon

Attention, ça brûle dans les cuisines ! Imaginez que préparer le repas est devenu l’une des activités quotidiennes les plus dangereuses pour les ménages. En effet, l’utilisation du bois ou du charbon de bois dans les foyers pour la cuisson des aliments est responsable de la mort de 6300 Sénégalais par an. Les principales victimes sont les femmes et les enfants exposés aux fumées et particules nocives, et donc à une pollution d’air intérieure mortelle. Ils ont les mêmes risques de souffrir d’un grand nombre de maladies affectant les fumeurs comme la pneumonie, le cancer du poumon ou les affections pulmonaires chroniques. Ces foyers de cuisson dits traditionnels relâchent une pollution de 1000 mg de particules par m3, soit l’équivalent de 2 paquets de cigarettes par jour, demeurant ainsi un véritable problème de santé publique.

L’Organisation mondiale de la santé (Oms) estime que cette pollution d’air intérieur cause au moins 4millions de morts par an, soit la seconde cause de mortalité dans les pays en voie de développement. Si près de 3 milliards de personnes à travers le monde dépendent des combustibles solides (charbons, feu de bois), au Sénégal, plus de la moitié de la population, dont 80% en milieu rural, utilise le charbon ou le bois pour faire la cuisine. «Les femmes et les enfants de moins de 5 ans constituent la couche la plus vulnérable et la plus touchée», a-t-on appris.

45.000 Ha de forêt perdus/an

Quid de l’impact sur l’environnement ? L’utilisation des combustibles solides (le charbon et le bois) entraîne une perte annuelle de 45000 Ha de forêt au Sénégal. «Nos forêts naturelles ont subi un niveau de dégradation tellement élevé que la production du charbon et du bois se trouve à des centaines de kilomètres des grandes zones urbaines. Il y a seulement 30ans, on pouvait trouver des forêts à quelques 20 à 50 Km de Dakar, maintenant il faut aller à 400 Km de la capitale», a indiqué Madeleine Sarr Diouf de la Direction de l’environnement et des établissements classés. D’ailleurs, selon Mme Diouf, «une telle situation n’est pas sans conséquence sur l’augmentation, de manière substantielle, sur le prix des combustibles, aggravant la pauvreté des couches vulnérables». Pire, «l’utilisation de la biomasse solide affaiblit le sol à travers l’érosion, ce qui provoque des glissements de terrains et la destruction des terres agricoles». Aussi, pour faire de sorte que cuisiner ne devienne plus une menace pour la santé des ménages, une Ong, qui faisait face à la presse hier, a introduit le fourneau amélioré «Prime» au Sénégal. Selon son Directeur général, Siré Diallo, «il s’est agi de fournir des alternatives abordables et adaptées pour répondre aux besoins énergétiques de base sans compromettre la santé ou l’environnement des populations à faible revenu». Non sans se fixer pour objectif de distribuer, d’ici 2016, 30.000 fourneaux améliorés dans les zones périurbaines de Dakar.

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*