CONTRAINTES – Menace sur l’éducation des jeunes filles en Afrique : Plus de 142 millions jeunes filles risquent d’être mariées d’ici 2020

edu_scolarisation_filles_1Les mariages précoces entravent l’éducation des jeunes filles, selon la magistrate Dior Fall Sow qui indique que plus de 142 millions d’entre elles vont se marier en Afrique d’ici 2020.

Malgré les progrès réalisés dans le cadre de l’éducation des jeunes filles au Sénégal, des défis restent encore à relever comme leur maintien à l’école.

Evoquant une étude réalisée par le Fonds des Nations-Unies pour la population (Fnuap), la magistrate Dior Fall Sow a affirmé que si rien n’est fait pour inverser la tendance, plus de 142 millions de filles seront mariées sur le continent africain d’ici 2020, dont 50 millions avant l’âge de 15 ans.

«Ce qui représente 14,2 millions de filles par an, soit 39 mille mariages précoces par jour», a détaillé Dior Fall Sow. Elle s’exprimait lors de la célébration de la Journée nationale de l’éducation des filles.

Les mariages précoces constituent aux yeux de la juriste, une entrave à la scolarisation des filles au même titre que les violences qui s’exercent sur elles au niveau de la famille et à l’école.

«Tant qu’il y aura les mariages précoces des filles, on ne pourra pas régler le problème du maintien des filles à l’école», insiste Mme Sow qui invite l’Etat du Sénégal, qui a signé et ratifié des Conventions internationales «sans réserve de les appliquer». «Une jeune fille ne doit pas être mariée avant ses 18 ans», rappelle-t-elle. 

Au-delà de l’inadaptation des infrastructures aux besoins spécifiques des jeunes filles, elle pense que les facteurs socioculturels doivent être changés, notamment la façon dont la fille est perçue au sein de la famille africaine.

«Des études ont montré que lorsqu’il y a un choix à faire entre amener un garçon ou une fille à l’école, on préfère amener encore de nos jours le garçon à l’école. Car la fille doit aider la maman à la maison dans les travaux ménagers», se désole-t-elle, invitant dans la foulée autorités et parents à réagir et à prendre des mesures concrètes pour l’éducation des filles…

«Il ne s’aurait y avoir de développement durable si la femme ne joue pas son rôle dans la société parce que c’est un facteur de changement, un vecteur de développement», con­clut la magistrate. 

 Khady SONKO
 ksonko@lequotidien.sn

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