CONTRE LES DERIVES DU POUVOIR EN PLACE ME AMADOU SALL VOTE POUR L’AFFRONTEMENT

Me Amadou Sall du Parti démocratique sénégalais (Pds)
Me Amadou Sall du Parti démocratique sénégalais (Pds)
Me Amadou Sall du Parti démocratique sénégalais (Pds)

Me Amadou Sall du Parti démocratique sénégalais (Pds)  rejoint son mentor, Abdoulaye Wade, dans son appel lancé à l’opposition pour la résistance contre le pouvoir de Macky Sall. Invité de l’émission Objection de la radio Sud Fm du dimanche 6 novembre, l’ancien ministre de la Justice sous Wade trouve que le peuple a le droit de résister et qu’il n’y a aucune autre alternative que l’affrontement, face à un pouvoir qui ne respecte pas les droits des citoyens. Il a par ailleurs accusé le régime en place de vouloir se tailler un fichier électoral qui lui est favorable, non sans railler la coalition présidentielle.

L’appel à la résistance lancé par l’ancien président de la République, non moins Secrétaire général du Parti démocratique sénégalais (Pds), Abdoulaye Wade, n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. En tout cas, l’avocat membre du Pds, Me Amadou Sall semble avoir bien compris le message et reste persuadé que c’est la seule alternative face au régime du président Macky Sall. Invité à l’émission Objection de la radio Sud Fm du dimanche 6 novembre dernier, Me Amadou Sall trouve que Me Wade leur a indiqué le chemin à suivre, après avoir constaté qu’ils mouillaient le maillot, notamment avec la marche avortée du 14 octobre dernier. Pour lui, Wade leur a fait savoir que «la conquête du pouvoir n’est pas un diner de gala et que ce que vous avez fait est le chemin. Battez vous pour le respect de vos droits». 
 
Par conséquent, il laisse entendre que la seule perspective qui s’offre à l’opposition est le conflit. Selon lui, «il n’y a aucune autre perspective que l’affrontement». Pour cause, il explique qu’ils ont en face d’eux un pouvoir qui n’a aucun respect pour son opposition. «Nous avons un pouvoir qui remet non seulement en cause un consensus, mais qui ne respecte pas aussi sa Constitution», peste-t-il. Citant ainsi en exemple la marche avortée du 14 octobre dernier, il a déploré que leur itinéraire ait été changé par le préfet de Dakar.  
 
SUSPICION DE FRAUDE SUR LE FICHIER ELECTORAL 
 
Se prononçant par ailleurs sur le fichier électoral, Me Amadou Sall s’offusque que le chef de l’Etat Macky Sall change les règles du jeu, parce que «n’étant pas sûr qu’il a la majorité», au sortir du référendum du 20 mars dernier. Pour lui, le président a en réalité rompu le consensus, tout en créant les conditions d’un «antagonisme politique». Comme preuves, il informe tout d’abord que le pouvoir a mis en place des commissions administratives pour la confection des cartes biométriques sans en informer l’opposition. Deuxièmement, il trouve que le processus d’obtention de la carte biométrique n’est pas transparent. Dans la mesure où, selon lui, il n’y a aucune trace de la réponse du citoyen à qui on demande s’il veut ou non faire partie du fichier électoral. Estimant que le pouvoir est le seul à détenir la liste d’émargement lors du référendum dernier, donc le seul à avoir la liste des votants, il révèle «qu’ils vont prendre ceux qui sont favorables à eux pour les inscrire et inscrire le moins possible ceux qui ne leur sont pas favorables». Pour étayer ses propos, il cite en exemple la ville de Touba, où il n’y a qu’une seule commission pour 290.000 inscrits, en raison de 50 personnes par jour. Ce qui fait, selon ses calculs, 90.000 inscriptions en 6 mois. Partant de ce fait, il stipule que «parce que la ville de Touba a voté contre eux, ils ont décidé d’éliminer sur les listes électorales plus de 200.000 personnes qui sont déjà inscrites». Tout compte fait, il pense qu’il faut éviter de créer un précédent dangereux et permettre une transparence dans le processus électoral. 
 
BBY : LA COALITION DU PASSE 
 
Se prononçant, en outre, sur le rapport de force entre la coalition présidentielle Bennoo Bokk Yaakaar (Bby) et celle de l’opposition Mankoo Wattu Sénégal, M. Sall a tant soit peut raillé leurs adversaires politiques. En effet, il a qualifié de «passé» la coalition Bby, d’autant plus que Macky Sall «est avec des hommes du passé». A son avis, ces personnes qui entourent le chef de l’Etat ne peuvent pas être présentées aux Sénégalais comme exemple pour un futur. «Ce sont des hommes du passé», se moque-t-il. Tandis que, pour lui, «personne dans notre coalition, ou alors ils sont si peu, n’a 70 ans». Selon lui, l’âge tourne autour de 50-60 ans, parfois même moins de 40 ans. Il par ailleurs fait savoir que l’élection législative est à un tour. Ce qui veut dire, selon lui, «qu’il faut faire la meilleure coalition possible». 

Jean Michel DIATTA

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