COS-PETROGAZ :LE OUI… MAIS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE

Le président de la République, Macky Sall, a pris la décision d’ouvrir le Comité orientation stratégie du Pétrole et du Gaz (Cos-Petrogaz) à des forces nouvelles, dont la société civile. Une ouverture qui doit, toutefois, s’adosser à la mise en place de garde-fous, à savoir un Code d’éthique, afin d’éviter que certaines choses se retrouvent malencontreusement sur la place publique, selon le chef de l’Etat. Cependant, si certains membres de la société civile, en l’occurrence Ababacar Fall du Gradec, Babacar Ba du Forum du justiciable, ou encore Birahim Seck du Forum civil, applaudissent la mesure d’intégrer ses représentants dans cet organe de pilotage stratégique, il n’en demeure pas moins qu’ils posent des préalables, ou même, émettent des réserves sur cette décision de poser un code de conduite pour les membres de cette entité.

BABACAR BA, PRÉSIDENT DU FORUM DU JUSTICIABLE : «Le Code d’éthique limite la liberté de ton des membres de la société civile»

Nous saluons cette décision du président de la République d’ouvrir le Cos-Petrogaz à la société civile. Nous avons toujours estimé que la société civile devait intégrer cette structure. C’est une vieille doléance de la société civile. Nous félicitons donc le président de la République qui a formulé ce souhait. Cependant, le seul problème qui nous dérange, dans cette annonce du chef de l’Etat, c’est qu’il a posé une condition selon laquelle les représentants de la société civile seront soumis à un code d’éthique. Moi, je pense que cette condition limiterait la liberté de ton des membres de la société civile qui seront appelés à siéger au sein de cette structure. C’est comme si on cherchait à réduire la société civile à sa plus simple expression. Le rôle de la société civile, c’est de dénoncer et ça ne sert à rien qu’on ait au sein du Cos-Petrogaz des représentants de la société civile qui ne puissent pas garder leur liberté de ton ou encore ne soient pas libres de tous leurs mouvements.

La condition du chef de l’Etat est inutile et constitue une raison valable pour que la société civile refuse d’intégrer le Cos-Petrogaz. Tant que le président de la République n’a pas levé cette condition, la société civile doit donc refuser d’intégrer Cos-Petrogaz pour ne pas être de simples figurants appelés à cautionner toutes les décisions qui seront prises au sein de cette structure. Si la société civile doit intégrer le Cos-Petrogaz, il est important que le peuple sénégalais sache demain de quelle société civile il s’agit. Est-ce que c’est une société civile dont la liberté a été réduite ou une société civile qui est libre qui sait dire non quand il faut et qui va régulièrement informer le peuple sénégalais de tout ce qui se passera au sein de Cos-Petrogaz. Nous dénoncions donc avec la plus grande fermeté la condition posée par le chef de l’Etat».

ABABACAR FALL DU GRADEC : «La présence de la société civile doit se faire de manière démocratique»

La société civile ne peut que se féliciter d’une telle décision du président de la République car nous estimons que, sur toutes les questions relatives à la gouvernance de manière générale, qu’elle soit politique, économique ou sociale, la société civile doit être au cœur du débat, afin de prévenir les dérives ou la politisation. Sous ce rapport, l’exploitation et la répartition de ces importantes richesses qui appartiennent au peuple et qui concernent les générations actuelles et futures doivent être traitées dans la plus grande transparence surtout que, depuis l’annonce de leurs découvertes, le pays bruit de toutes sortes de rumeurs sur l’attribution des licences d’exploitation ou la signature des contrats pétroliers.

La présence de la société civile en tant que sentinelle devant jouer un rôle de veille et d’alerte doit être une évidence; elle est déjà présente au niveau de l’ITIE. Maintenant, il faut qu’elle se fasse de manière démocratique car tout le monde aime se réclamer de la société civile alors même qu’à ce niveau, il y a lieu de se poser des questions. Il faudra laisser à la société civile, à travers ses cadres d’organisation, le soin de choisir ses représentants. Je pense que, même les centrales syndicales des travailleurs et du patronat qui participent à la création des richesses doivent y être associés si ce n’est pas le cas».

BIRAHIM SECK, FORUM CIVIL : «La nécessité, c’est la présence de la société civile sur toute la chaine de contractualisation»

Pour moi, l’enjeu n’est pas uniquement la présence de la société civile au sein du Cos-Petrogaz. L’enjeu se situe d’abord au niveau de la qualité de la représentation, mais aussi au positionnement des organisations de la société civile dans les structures étatiques chargées de la gestion du pétrole. Il y a pas mal d’organisations de la société civile qui représentent les citoyens au sein des structures étatiques qui se comportent d’ailleurs comme des fonctionnaires, prétextant mener le combat à l’intérieur. Alors qu’ils oublient que leur présence au sein de ces structures est justifiée par une obligation de rendre compte, voire, de donner l’information au peuple sénégalais.

Deuxièmement, la participation de la société civile dans les instances étatiques pour le contrôle des ressources pétrolières et gazières ne saurait être partielle. Du moment où les ressources naturelles appartiennent au peuple, la participation de la société civile doit se sentir sur toute la chaine de contractualisation. Il s’agit là des bases d’un consensus fort, garantissant la cohésion et la paix sociale.

Troisièmement, le principe de l’acceptation de la participation des organisations de la société civile au sein du Cos-Petrogaz ne saurait absoudre le gouvernement dans ses obligations constitutionnelles de transparence, devant faire la lumière sur les conditions d’octroi des blocs précédents, et de la dé-classification du rapport de l’Ige sur Petro Tim.

Enfin, l’idée émise par le chef de l’Etat de disposer d’un Code de conduite doit être accompagnée d’une Charte de la représentation des organisations de la société civile avec une obligation d’informer périodiquement les citoyens sur les activités menées par l’Etat sur la chaine de contractualisation, pas seulement au sein du Cos-Petrogaz. C’est-à-dire les instances qui sont habilitées à recevoir les offres, à les analyser, les instances de négociation. Donc, l’octroi des contrats ne doit plus être l’apanage du président de la République. C’est pourquoi la participation des organisations de la société civile au sein du Cos-Petrogaz ne peut pas se résumer au niveau d’une seule instance, mais sur toute la chaine de contractualisation. Pour moi, la nécessité, c’est la présence de la société civile sur toute la chaine de contractualisation».

«INTERROGATOIRE» DU MINISTRE MAME MBAYE NIANG PAR LE PRÉSIDENT MACKY SALL : Le gouvernement dément

Alors que le débat sur la démission inattendue de l’ex-ministre du Tourisme Mame Mbaye Niang continue de faire rage dans la presse, le gouvernement a rendu public hier, mercredi 13 juin, un communiqué non pas pour éclairer les Sénégalais sur cette démission mais pour démentir. Dans ce document signé par le Secrétaire général du Gouvernement, le ministre Seydou Guèye, porte-parole du gouvernement réfute les informations diffusées dans la presse relativement à l’interpellation du ministre Mame Mbaye Niang par le président Macky Sall, lors de la réunion du Conseil des ministres de lundi.

Indiquant qu’il «il a été rapporté, dans certains sites d’information, que le Président de la République aurait, à l’occasion d’un Conseil des ministres, soumis le Ministre Mame Mbaye Niang, à un «interrogatoire» à propos du Rapport de l’Igf sur la gestion du Prodac, le porte-parole du gouvernement botte en touche en précisant qu’«une telle information est totalement fausse». «Il n’a jamais été question, à un quelconque Conseil des ministres, d’un tel type d’échange entre le Chef de l’Etat et le Ministre Mame Mbaye Niang», a dit sans ambages le ministre Seydou Gueye, porte-parole du gouvernement.

Sud quotidien

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