Côte d’Ivoire : le référendum sur la nouvelle Constitution aura lieu en septembre ou en octobre

OUATARA ALLASSANELe référendum sur la nouvelle Constitution aura lieu en septembre ou octobre prochains, a annoncé mardi le président ivoirien, Alassane Ouattara, lors d’une rencontre mardi avec l’opposition au palais présidentiel à Abidjan.

La rédaction d’une nouvelle Constitution était l’une des promesses de campagne d’Alassane Ouattara, réélu pour un second et dernier mandat de cinq ans en octobre 2015. « Faire le référendum constitutionnel en septembre-octobre, et les élections législatives en novembre-décembre. Voilà le chronogramme que je voulais vous indiquer », a affirmé mardi 7 juin le président.

« Les modifications que nous comptons apporter vont tenir compte de notre histoire, notre culture et des valeurs que nous voulons promouvoir pour la Côte d’Ivoire nouvelle », avait déclaré le président en novembre lors de son investiture.

De source proche de la présidence, outre la clarification de l’éligibilité, la création d’un poste de vice-président et d’un Sénat, la suppression du poste de Premier ministre ou l’établissement de calendriers électoraux immuables, sont également à l’étude. Vendredi, le porte-parole du gouvernement ivoirien, Bruno Koné, avait garanti que le président n’avait pas l’intention de toucher à la limitation du nombre de mandats présidentiel (renouvelable une fois seulement).

Le chef de l’État assure vouloir développer un consensus sur ce nouveau texte. Il a nommé début juin un comité d’expert chargé de mener la réflexion sur ce projet. Son président, le professeur agrégé de droit constitutionnel Ouraga Obou, sera assisté de neuf autres spécialistes.

« L’opposition, les chefs traditionnels, les guides religieux, la société civile, les associations de jeunes et de femmes seront notamment consultés en vue de la rédaction de cette nouvelle Constitution », a précisé mardi Ouattara.

Pour Affi, « c’est mal parti »

Présent au Palais mardi, l’opposant Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI), fondé par l’ancien président Laurent Gbagbo, actuellement jugé par la Cour pénale internationale à La Haye, s’est lui montré sceptique : « C’est mal parti. (…) Je crains fort que nous allions à l’élaboration d’une Constitution qui ne rassemblerait pas le consensus recherché. »

« Une nouvelle constitution signifie une rupture dans l’ordre politique, la fin d’un régime, et la fondation d’un nouveau. Il faut donc que nous nous mettions d’accord sur les problèmes qui se sont posés et sur les propositions pour que cela ne se reproduise plus. Jusqu’à ce jour, nous n’avons pas fait ce diagnostic », a-t-il poursuivi.

« Il y a beaucoup de choses sur lesquels nous ne sommes pas d’accord. Il y a des approfondissements à faire en ce qui concerne les libertés et les droits, sur la nature du régime. Nous ne sommes pas d’accord avec la proposition du chef de l’État de mettre en place un exécutif tricéphale », a-t-il commenté.

Source:Jeune Afrique

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