« Coup d’état au Zimbabwe » : depuis prétorial, Jacob Zuma se pose en médiateur.

Par RFI

Au Zimbabwe, l’armée a pris le contrôle du Parlement et de la télévision dans la nuit du 14 au 15 novembre à Harare. Dans un communiqué, le porte-parole des forces armées affirme pourtant qu’il ne s’agit pas d’un « coup d’Etat », mais seulement de chasser les « criminels » dans l’entourage du président Robert Mugabe. Des arrestations ont eu lieu, notamment du ministre des Finances qui se trouve désormais aux mains de l’armée. Depuis Pretoria, le président sud-africain Jacob Zuma a joint Robert Mugabe par téléphone et appelé au calme.

Dans la matinée, Jacob Zuma a annoncé s’être entretenu au téléphone avec Robert Mugabe.

Zimbabwe: des officiers démentent un coup d’Etat, Mugabe confiné chez lui selon Zuma

Des officiers ont démenti ce mercredi matin 15 novembre à la télévision publique qu’un coup d’Etat soit en cours au Zimbabwe. Plus tôt, des militaires avaient pris possession du siège de la radiotélévision publique ZBC. Plusieurs bâtiments officiels sont sous le contrôle de l’armée qui déclare avoir procédé à des arrestations dont celle du ministre des Finances, Ignatius Chombo, un proche de Grace Mugabe. Selon le chef d’Etat sud-africain Jacob Zuma, le président Robert Lugabe serait confiné chez lui.

Soutien de Robert Mugabe, Jacob Zuma a tout l’air d’être le médiateur dans la crise au Zimbabwe. Le président sud-africain est également en contact avec l’état-major de l’armée zimbabwéenne.

Changement contraire à la « Constitution »

Mais Jacob Zuma s’est exprimé au nom de président sud-africain a appelé le gouvernement et les forces armées zimbabwéennes à résoudre leur conflit de manière pacifique.

Il s’oppose à un changement qui serait contraire à la constitution du pays, ce qui ne serait pas en accord avec les exigences de la SADC. L’organisation régionale pourrait d’ailleurs être utile selon lui en cas d’impasse politique au Zimbabwe.

Jacob Zuma a également demandé à son ministre de la Défense et son ministre de la sécurité d’Etat de prendre la direction d’Harare aujourd’hui pour rencontrer les deux parties.

 L’essentiel :

► Des soldats ont pris le contrôle de la radio télévision et de plusieurs bâtiments publics et officiels dans la nuit.

D’après la présidence sud-africaine, Robert Mugabe a déclaré à Jacob Zuma, avec qui il s’est entretenu au téléphone, qu’il était sain et sauf mais confiné chez lui.

► Dans une déclaration à la radiotélévision nationale, le général Sibusiso Moyo nie que cette opération soit un coup d’Etat et assure qu’elle vise les seuls « criminels » dans l’entourage du président Robert Mugabe.

► Plusieurs personnalités dont le directeur national de la police et le ministre des Finances, Ignatius Chombo, ont été arrêtées.

Tout a commencé aux toutes premières heures ce mercredi, des témoins faisant état de plusieurs explosions dans la capitale zimbabwéenne Harare et de soldats au siège de la radiotélévision publique ZBC. La confusion a régné pendant quelques heures.

« Ce n’est un coup d’Etat », assurent les militaires

Aux alentours de 4h du matin, dans une adresse lue à la télévision publique, le général Sibusio Moyo, a démenti qu’un coup d’Etat soit en cours au Zimbabwe. Ce n’est pas « un coup d’Etat militaire », a-t-il assuré. Il prévient que les militaires ne visent « que les criminels » de l’entourage du président Mugabe en vue de les poursuivre en justice.

Il s’adresse ensuite aux fonctionnaires : « Comme vous le savez , il y a un plan des mêmes individus pour jouer un rôle dans la purge qui se déroule actuellement au sein de la Zanu-PF et de l’administration. Nous nous opposons à cette injustice et nous avons l’intention de protéger chacun d’entre vous contre cela ».

Le général dit ensuite vouloir faire en sorte que la justice puisse s’exercer de manière indépendante sans obstruction de la part de ces « mêmes individus ».
Il s’adresse également aux membres du Parlement : « Votre rôle législatif est d’une importance primordiale pour la paix et la stabilité de ce pays et nous souhaitons qu’une dérogation vous permette de servir vos circonscriptions respectives selon des principes démocratiques ».

Enfin, le général Moyo demande aux Zimbabwéens de rester calmes et de limiter leurs déplacements inutiles tout en encourageant « ceux qui ont un emploi ou qui ont des affaires essentielles dans la ville » à poursuivre leurs activités habituelles.

« Notre souhait est que vous jouissiez de vos droits et libertés et que nous ramenions notre pays à une situation qui permette l’investissement, le développement et la prospérité pour lesquels nous nous sommes tous battus, et pour lesquels bon nombre de nos concitoyens ont fait le sacrifice suprême », conclut le militaire.

Le militaire assure que Robert Mugabe et sa famille étaient sains et saufs, alors que peu avant, l’AFP, citant un témoin, avait rapporté des échanges de tirs nourris près de sa résidence privée. « Dès que notre mission sera accomplie, nous nous attendons à ce que la situation retourne à la normale », a aussi déclaré le général Moyo qui lisait le message.

Un certain nombre de responsables auraient déjà été arrêtées, y compris des ministres, et le directeur national de la police.

L’entourage de Grace Mugabe visé ?

Pas un coup d’Etat mais tous les ingrédients sont là. Selon l’agence Reuters, l’armée bloque l’accès aux bâtiments officiels (ministères, Parlement, tribunaux) et plusieurs personnalités, dont le ministre des Finances, Ignatius Chombo, seraient détenues par les militaires. Ce dernier serait un représentant de la « Génération 40 » (G40), une frange plus jeune de membres du parti au pouvoir Zanu-PF, emmenée par la femme du président, Grace Mugabe, qui occupe une place importante dans les cercles du pouvoir et entend succéder à son mari à la présidence.

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