Coupe du monde 2018. Pologne-Sénégal : Lewandowski attendu au tournant

Duel au sommet, mardi en Russie, avec deux des meilleurs attaquants de la planète: Robert Lewandowski et Sadio Mané, à l’occasion de Pologne-Sénégal pour le compte du groupe H de la Coupe du monde 2018.

Certes, il marque près de 30 buts par saison en Allemagne, et a été sacré meilleur buteur des qualifications européennes pour le Mondial avec 16 buts. Mais lors des deux Euros qu’il a disputés avec la Pologne (2012 et 2016), il n’a marqué que deux fois en huit matches. Et son impuissance dans les phases finales de Ligue des champions lui a valu une volée de critiques cette saison.

Ces considérations le laissent pourtant bien indifférent à l’approche de son tout premier match de Coupe du monde, à 29 ans: « Etre le meilleur buteur du Mondial n’est pas un objectif réaliste pour moi », disait-il à la presse allemande quelques jours avant d’arriver en Russie. « Pour avoir une chance d’être meilleur buteur, il faut jouer sept matches. Ca dépend évidemment de la performance de l’équipe ».

« Je fais le sale boulot »

« Mais ce premier match contre le Sénégal est pour nous terriblement important », ajoute l’homme aux 95 sélections (55 buts), soucieux de ramener la conversation sur le collectif: « Si nous prenons les trois points, ça peut soulever une certaine euphorie, et là il est possible que nous montrions un très beau football. (…) Nous avons de bons joueurs et du potentiel, c’est à nous de le montrer sur le terrain ».

Au Bayern, il évolue en pointe devant une constellation de stars, Müller, Ribéry ou Robben, autant de dangers mortels pour les défenses adverses. En équipe nationale, “c’est complètement différent, les adversaires se focalisent sur moi”, admet-il.

« A l’Euro en France, j’avais toujours deux défenseurs sur le dos, et je savais donc qu’un de mes coéquipiers était libre. Mais je fais volontiers ce sale boulot au service de l’équipe, pour créer des espaces à mes partenaires ».

Professionnel jusqu’au bout des crampons, il passe à Munich pour un parangon de rigueur. « Dans sa tête, il pense à bien s’alimenter, à bien dormir, à bien s’entraîner 24 heures sur 24 », témoigne son ancien entraîneur Pep Guardiola. « Il n’est jamais blessé, parce qu’il se concentre sur ces choses ».

Son régime alimentaire, très strict, est concocté par son coach personnel… son épouse Anna, ancienne internationale polonaise de karaté. Et dans le vestiaire, ses coéquipiers l’ont surnommé « The Body ».

« L’égal de Gerd Müller »

Arrivé en Allemagne en provenance de Lech Poznan en 2010, à l’âge de 21 ans, le Polonais s’est révélé sous le maillot de Dortmund. Toute l’Europe se souvient de son quadruplé contre le Real Madrid (4-0) en demi-finale de la Ligue des Champions 2013, qui avait permis au Borussia d’atteindre la finale.

Depuis, c’est sur le terrain qu’il fait parler de lui, et très peu à côté. La « starification » des Ronaldo, Neymar ou Griezmann n’est pas sa tasse de thé. Ce qui n’empêche pas son patron au Bayern Karl-Heinz Rummenigge de voir en lui « l’un des trois meilleurs avant-centres du monde ».

« Je dirais qu’il est déjà dans la catégorie d’un Gerd Müller », ajoute même Rummenigge, en référence au buteur mythique du Bayern et de l’Allemagne des années 1970. Mais Müller, lui, a marqué en finale de C1 et de Coupe du monde, forgeant ainsi sa légende. Lewandowski a un Mondial devant lui pour s’en approcher.

ouest france

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