CPI- Procès Gbagbo-Blé: Les aveux du franco-Ouattariste Philippe Mangou au sujet des exactions criminelles de l’ONUCI sur des civils

– Sous la pression des avocats de l’ancien ministre Charles Blé Goudé, Philippe Mangou, Général ivoirien sous Laurent Gbagbo, devenu  diplomate sous Alassane Ouattara, a été obligé d’avouer le rôle hautement criminel joué (dans la crise ivoirienne) par les militaires et mercenaires français cachés sous le masque des forces de la Mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (ONUCI).

Comparaissant pour la énième fois mercredi, à titre de témoin à charge contre l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et son ancien ministre de la Jeunesse Charles Blé Goudé, l’ancien chef d’Etat-major de l’armée ivoirienne, Philippe Mangou, a dû avouer, malgré lui, que les forces dites de l’Onuci –qui étaient censées s’interposer entre les belligérants de la crise politique puis postélectorale en Côte d’Ivoire, avaient ouvert le feu sur des manifestants à mains nues.
Cet aveu faisait suite à une question de Me N’Dry Claver, un des avocats de l’ex-ministre Blé Goudé,  qui a posé au général la question suivante: « Monsieur Philipe Mangou. Est-ce que oui ou non, certains membres de la mission ont tiré sur des civils. Oui ou non ? ». La réponse du Général de corps d’armée a glacé la salle d’audience d’effroi : « Oui, je l’affirme ».
Cette réponse de Philippe Mangou vient éclairer d’un jour nouveau le rôle néfaste qui aura été celui de l’Onu et de son commanditaire, le président français de l’époque, Nicolas Sarkozy dans le coup de force ayant débouché sur l’éjection du pouvoir du président légitimement élu de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, séquestré depuis  6 ans dans une prison néerlandaise pour crimes de guerre, en compagnie de son ancien collaborateur, Charles Blé Goudé.
Le rôle de l’Onuci ou de la “Franconuci » est d’autant plus blâmable qu’à en croire toujours Mangou, ses victimes n’avaient pas posé des actes pouvant justifier qu’une force censée protéger la “démocratie” puisse tirer sur elles comme le feraient les forces armées à la solde des dictatures tropicales. Suivez cet autre échange entre Me N’Dry  et Mangou:
Me N’Dry : «  Est-ce que vous pouvez nous dire un peu plus sur les circonstances des blessures des victimes des forces onusiennes ? »
Général Mangou : « Je ne me rappelle plus des circonstances, mais je sais que l’ONUCI a souvent tiré sur les jeunes ivoiriens tout simplement parce qu’ils ont mis un branchage sur la route pour empêcher le passage de chars. Ou tout simplement parce qu’ils se sont un peu opposés à leur déplacement. Ils ont tiré sur eux. ».
Après le renversement de Gbagbo en avril 2011, le général Mangou,  l’un des éléments de l’armée les plus irréductibles, qui avait toujours prôné un traitement radical de la question de la rébellion menée par Guillaume Soro –agissant pour le compte de son mentor d’alors, Alassane Ouattara-,  au point d’agacer Laurent Gbagbo dont le pacifisme à la limite du simplisme n’est pas la moindre des qualités, s’était très rapidement converti au franco-Onu-Ouattarisme, en se jetant la tête la première, dans les bras  de Alassane Ouattara, suppôt local des vainqueurs de ce que l’analyste politique togolais Komla Kpogli qualifia de “guerre de reconquête néocoloniale menée par la France et l’Onu contre la Côte d’Ivoire”,  en même temps que quelques-uns de ses collègues généraux, Édouard Kassaraté Tiapé et Brédou M’Bia. Il était ainsi question de ne pas subir les foudres des vengeurs nouvellement arrivés par la force à la tête de l’Etat.
En récompense de cette traitrise, ce général sans conviction qui passa du grade de Colonel à celui de Général de Corps d’Armée en l’espace de sept ans (2003-2010) par la “faute” de Laurent Gbagbo, fut nommé ambassadeur de Côte d’Ivoire au Gabon, et Kassaraté fut affecté  aux mêmes fonctions au Sénégal. Quand à Brédou M’Bia qui ne revint pas brédouille de la cérémonie d’allégeance au nouveau … SAIGNEUR du pays, il fut maintenu aux fonctions de Directeur Général de la Police ivoirienne dont il a été débarqué en janvier dernier pour n’avoir pas su contenir le premier mouvement d’humeur des 8400 ex-rebelles qui revendiquaient chacun 12 millions de francs CFA pour avoir contribué à porter le duo Ouattara-Soro au pouvoir.
Nul doute donc que le Général Mangou qui fait partie de ces “militaires gros ventres” africains prêts à jouer les terreurs face aux populations civiles, mais détalant à jambes que veux-tu quand ils entendent le bruit d’une arme à feu qui n’est pas actionnée par eux, où qui courent se cacher sous le lit quand ils doivent faire face à une agression armée –extérieure, qui plus est-, a à cœur de continuer de faire porter la responsabilité de tous les péchés d’Israël à Laurent Gbagbo, comme il le fait depuis le début de sa spectaculaire prestation devant la Cour Pénale Internationale, question de rester dans les bonnes grâces de Ouattara et compagnie.
Mais « la vérité voyageant sans passeport », pour paraphraser le nationaliste camerounais Ernest Ouandié,  celle relative à l’inconduite de l’Onuci a dû rouler plus vite sur sa langue et traverser de la même façon ses lèvres, que les contrevérités qu’il s’est arrangé à déblatérer depuis le 23 septembre, et qu’il va certainement continuer de proférer ce jeudi 05 octobre. Il n’est pas exclu que dans la même logique du rattrapage de la vérité, il en vienne à révéler à la CPI que c’est Gbagbo qui a dû souvent le sermonner à certains moments pour qu’il réprime ses ardeurs belliqueuses, question de ne pas donner aux surpuissants ennemis hexagonaux de la Côte d’Ivoire le prétexte nécessaire pour envahir le pays.
Le général qui semble avoir commencé à trahir sa patrie depuis la nuit des temps  devra alors expliquer comment il supervisa, aux côtés d’un agent de liaison français, la soi-disant attaque d’une base rebelle à Bouaké en novembre 2004, mais causa plutôt curieusement “la mort” de 9 soldats du contingent français de l’Opération Licorne, donnant ainsi à la France le prétexte pour intervenir en Côte d’Ivoire et détruire les avions et les hélicoptères de l’armée ivoirienne, avant d’envoyer des renforts pour “contrer une flambée de violence contre ses ressortissants” dans ce pays.
Quelle galère !
Ndam Njoya Nzoméné

: Afrique Monde

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