CPI : verdict du procès Jean-Pierre Bemba, entre déception et soulagement

le-siège-du-MLC-en-RDCLa Cour Pénale Internationale (CPI) a enfin rendu son verdict ce 21 mars 2016 dans le procès Jean-Pierre Bemba, poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en Centrafrique par les troupes du MLC en Centrafrique entre 2002 et 2003.

L’ancien vice-président de la République Démocratique du Congo a été reconnu coupable. Une décision qui n’a pas tardé à soulever des réactions contrastées tout azimut. Entre la désillusion, et le soulagement, le verdict a fait son lot de sentiments.

Déception totale au MLC

Cette date du 21 mars 2016 était fiévreusement attendue au Mouvement de Libération du Congo, le parti de Jean-Pierre Bemba.

Au siège national du parti situé dans la municipalité de Kasa-Vubu à Kinshasa, la capitale, ils étaient nombreux à faire le déplacement à cet après midi très ensoleillée. Il est 14h30’ GMT lorsque soudain le verdict tant attendu tombe finalement. Il est ferme : Les trois juges de la Chambre de première instance III ont reconnu Jean-Pierre Bemba coupable de deux chefs des crimes contre l’humanité pour meurtre et viol et des trois chefs des crimes de guerre à savoir meurtre, viols et pillages que les troupes du Mlc à l’époque mouvement rebelle avaient commis en République Centrafricaine entre 2002 et 2003. Une décision aux allures d’énorme coup de massue pour tous ces militants et cadres. Eux qui nourrissaient de l’espoir de voir leur chef obtenir gain de cause ont été pris à contre pied. Très vite c’est l’émoi total. La tristesse gagne le lieu. C’est la déception généralisée. Sur certains visages l’on pouvait apercevoir des larmes. Tous se disent très déçus par cette décision de la CPI.

Jacques Djoli, cadre du parti, qui s’est déclaré déçu ainsi que son parti, a dit garder tout de même la sérénité quant à la suite de ce dossier judiciaire.

Dans les réseaux sociaux, des réactions déferlent. C’est une guerre ouverte des commentaires. Les partisans de l’ancien vice-président condamnent ceux qu’ils appellent une décision politique remettant en cause le travail de la Cour Pénale Internationale.

Le gouvernement prend acte

Joint par Oeil d’Afrique, Lambert Mende Omalanga, Ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement congolais a annoncé que le gouvernement de la RDC a pris acte de la décision de la CPI.

Par ailleurs, le porte-parole du gouvernement s’est refusé tout commentaire sur la décision.

« Le Gouvernement congolais a pour principe de ne jamais émettre un jugement de valeur sur les décisions de la justice, qu’elle soit nationale ou internationale » a déclaré L. Mende.

Avant d’ajouter que c’est une affaire qui ne concerne pas la RDC en plus et donc, le gouvernement n’a pas d’appréciation négative ou positive à émettre sinon prendre acte de la décision de la justice.

Un verdict et des heureux

A l’opposé, c’est de la satisfaction exprimée. En commençant par la procureur de la CPI en charge de l’affaire. Mme. Fatou Bensouda a estimé que cette décision reconnaissant la culpabilité de Jean-Pierre Bemba marquait une étape importante dans la quête de justice au profit des victimes des événements survenus en 2002 et 2003 en RCA.

Même son de cloche à l’Ong internationale, Human Rights Watch (HRW) où l’on salue une bonne décision.

Selon Géraldine Mattioli, directrice de plaidoyer au sein du programme Justice Internationale à HRW, il s’agit d’une victoire pour les victimes et un avertissement pour tous ces commandants des troupes sur la responsabilité qui leur incombe d’arrêter les crimes et de punir ceux qui les commettent, a-t-elle déclaré.

Entre mécontents et déçus, l’affaire Jean-Pierre Bemba garde donc le mérite de n’avoir laissé personne indifférente.

 OEIL D’AFRIQUE