Crash dans le Sinaï : l'attentat confirmé par les boîtes noires

Crash-Egypte03Les boîtes noires ont parlé : la lecture des enregistreurs de vol montre qu’une explosion est effectivement à l’origine du crash de l’A321 russe.

Réalisée au Caire par l’aviation civile égyptienne entourée d’enquêteurs russes, français, allemands et irlandais, la lecture des enregistreurs de vol de l’A321 russe qui s’est crashé dans le Sinaï est déjà terminée. « Ce n’est pas un problème de sécurité des vols, mais de sûreté », résume pudiquement un expert, désignant formellement l’attentat comme cause certaine de l’accident du vol de la compagnie MetroJet qui a fait 224 morts. La sécurité des vols met en cause le pilotage par l’équipage ou les problèmes techniques de l’avion. La sûreté désigne une action extérieure amenant la destruction de l’appareil.

Le Flight Data Recorder

On sait que les deux enregistreurs de vol avaient été récupérés dans la queue de l’épave le lendemain de l’accident et transportés dans les locaux de l’aviation civile égyptienne au Caire. Celle-ci dispose d’un laboratoire permettant la lecture des mémoires numériques.

Le Cockpit Voice Recorder (CVR), l’une des boîtes noires, ne demande pas d’interprétation compliquée lors de la lecture, si ce n’est la traduction de propos en langue étrangère. Ce n’est qu’un magnétophone qui enregistre les conversations et les bruits du cockpit. Il révèle qu’une explosion est survenue. Ses effets dévastateurs ont coupé l’alimentation électrique de l’avion nécessaire, entre autres, aux enregistrements des données dans les boîtes noires.

Le deuxième enregistreur, le Flight Data Recorder (FDR), capte des milliers de paramètres sur le vol concernant la vitesse, l’altitude, le régime des moteurs, le mode de pilotage, la position des gouvernes, etc. Pour cela, l’avion est truffé de capteurs. Une analyse fine au 1/100e de seconde des arrêts de ces capteurs permettrait de préciser la position dans l’avion de l’engin explosif.

Cette étude sera complétée par l’étude de l’épave. Malheureusement, les autorités russes ont envoyé une centaine de « secouristes » pour rapatrier les corps de leurs ressortissants. C’est couper l’enquête d’une source importante d’informations, car les autopsies auraient permis de mieux connaître les circonstances de l’explosion et de confirmer aussi que les passagers n’ont pas souffert lors d’un tel drame à haute altitude.

Volte-face française

Reste à officialiser l’information sur cet attentat. C’est le rôle de la commission d’enquête de l’aviation civile égyptienne. Habituellement, les informations factuelles, notamment à destination des familles, sont diffusées au fur et à mesure sur un site internet. L’Égypte, à ce jour, n’a publié qu’un communiqué à diffusion restreinte, expliquant la problématique de lecture des boîtes noires. Au Caire, ce sont essentiellement les ministres qui ont pris la parole, répétant à l’envi que ce n’était pas un attentat.

Le crash tourne à la crise politique internationale, dirigeants américains, britanniques et allemands ne se privant pas pour diffuser les informations de leurs agences de renseignements et des relevés satellites. À Paris, au Quai d’Orsay et au ministère de la Défense, les sources confirment l’attentat, mais motus et bouche cousue.

« Toutes les hypothèses sont toujours évoquées », déclarait toutefois hier à BFM Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement. En même temps, il est contredit par le ministère des Affaires étrangères qui colore en rouge la zone de Charm el-Cheikh et la région de la mer Rouge sur la carte des pays à ne pas fréquenter. En bref, ne faites pas ce que je dis.

Par Thierry Vigoureux

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