CREATION D’UNE MONNAIE UNIQUE DE LA CEDEAO : Macky évite Niamey et le débat

CREATION D’UNE MONNAIE UNIQUE DE LA CEDEAO : Macky évite Niamey et le débat

Le président Macky Sall est parti pour exercer son ou ses mandat(s) sans contrarier le moindre du monde la France.

En plus d’accorder aux compatriotes d’Emmanuel Macon les marchés parmi les plus juteux du pays, il fuit comme la peste toutes les occasions où la France pourrait être flétrie. Alors que certains de ses homologues de la Cedeao étaient réunis à Niamey pour discuter de la création d’une monnaie unique de la sous-région, Macky, lui, s’est débrouillé pour se retrouver en Afrique du Sud, vantant les mérites du rail.

Mardi dernier, cinq chefs d’Etat africains étaient réunis dans la capitale nigérienne pour une rencontre de la plus haute importance portant sur la création de la monnaie unique de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Ainsi, le Nigérian Muhammadu Buhari, Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire, Nana Akufo-Addo du Ghana, et l’invité surprise togolais Faure Gnassingbé ont rejoint le président nigérien Mahamadou Isoufou qui accueillait la réunion.

Seulement, au sortir des discussions, la déception a été le sentiment le plus partagé. L’an 2020, qui a été arrêté pour la mise en circulation de cette monnaie unique, n’est plus de mise. Les raisons de cet échec prévisible sont diversement appréciées. Rendant compte de la réunion, le président de la Commission de la Cedeao, Marcel De Sousa, repris par Voafarique, a expliqué que la  feuille de route devant  mener à cette monnaie «n’a pas été mise en œuvre vigoureusement».

Même constat pour le président nigérien qui préconise toutefois l’adoption et la mise en circulation à partir de 2020 de ladite monnaie par «les pays qui sont techniquement prêts».

Une suggestion presque balayée d’un revers de main par un Alassane Ouattara à fond sur le franc CFA. Une position de l’Ivoirien qui amène certains à penser que parmi les chefs d’Etat de la zone, certains, loin de promouvoir l’idée d’une création de la monnaie unique, œuvrent, au contraire, pour qu’elle ne soit pas adoptée. En tout cas pas tant qu’ils sont à la tête de leur pays.

Et le président sénégalais n’est pas moins cité qu’Alassane Ouattara qui doit bien plus sa position à la France que Macky Sall.

En effet, pendant que ce débat fait rage, Macky Sall est aux abonnés absents. Depuis qu’il est élu, c’est la première fois que le président sénégalais est aussi en marge d’une question concernant la Cedeao. Lui qui, a mobilisé les Etats membres de l’organisation face à Yahya Jammeh, devient aphone dès qu’il est question de rompre avec le franc CFA.

Au moment où ses homologues étaient réunis à Niamey, Macky Sall, lui, était en Afrique du sud, loin de la zone où la monnaie à créer devrait être en circulation. Alors qu’à Niamey il est question de circulation de monnaie, Macky Sall axe sa visite sud-africaine autour de la circulation des trains.

Lui qui n’a pas encore posé un centimètre de rail au Sénégal va s’épancher sur les chemins de fer dans une Afrique du Sud où existe une usine destinée à fabriquer 580 trains de banlieue pour les villes sud-africaines.

Pourtant, le président Sall n’avait pas besoin d’une telle diversion. Sa position sur le Franc Cfa est suffisamment claire pour renseigner qu’il est sur la même ligne que son homologue ivoirien. Et n’est pas loin d’être perçu dans le camp de ceux qui œuvrent pour que cette monnaie en gestation ne voit jamais le jour. «Le franc Cfa est une bonne monnaie à garder».

Quand le président Sall a lâché cette phrase assassine, de nombreux activistes africains sont tombés à la renverse. Ceux d’entre eux qui pensaient que le chef de l’Etat, en visite en France, ne pouvait que s’exprimer de la sorte, ont vite compris, avec la déportation de Kémi Seba, qu’il ne s’agissait pas d’une question de circonstance.

Comme un gouverneur discipliné, il tient à la bonne image de sa circonscription où un billet fabriqué par la France ne peut être brûlé publiquement sans conséquence. Comme le craint le président nigérien, la cacophonie est partie pour durer.

Mame Birame WATHIE

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