De grands journaux européens ont consacré dans le temps plusieurs articles élogieux à l’endroit d'Omar Pène: L'enface difficile de Omar Pène.

Omar Pène
Omar Pène

Le Super Diamono est un orchestre qui a traversé le temps. Aujourd’hui, son leader, à cause d’ennuis de santé, se produit rarement, mais reste un artiste qui a marqué des générations entières.

De grands journaux européens, de Libération au quotidien Le Monde, ont consacré dans le temps plusieurs articles élogieux à l’endroit de Pène, une reconnaissance internationale que le groupe fondé en 1975 n’était pas sûr d’avoir à ses débuts. C’était le temps où le groupe s’appelait Kaad Orchestra avec les frères Diagne, dont Ben Basse était un des fondateurs de la formation musicale avec son jeune frère Lappa Diagne.

« Oumar Pène est arrivé dans le groupe en 1972 parce que Bailo Diagne, cherchait un chanteur pour Kadd, c’est comme cela qu’il est arrivé dans le groupe ». A ce sujet, un de ses fans raconte : «Il fit la douloureuse expérience de vivre avec une femme qui ne l’aimait pas.

Cette marâtre, qui lui faisait sentir qu’il n’était pas le bienvenu, le maltraitait. Ce qui lui a inspiré la poignante chanson « Woudjou Yaye », que nous connaissons tous. Le jeune homme fugue et commence à vivre dans la rue, jusqu’à ce que Dieu mette sur son chemin Baïlo Diagne, son mentor et « père » spirituel.

On ne peut parler d’Omar Pène et du Super Diamono, sans parler de Baïlo Diagne. Tous les fans d’Omar Pène connaissent l’histoire qui les lie : séduit par le timbre de voix si particulier de ce jeune qui se destinait à une carrière de footballeur, Baïlo l’intègre dans son groupe d’alors, le Kadd Orchestra.

Victime donc de la polygamie, le chanteur du groupe Kadd s’était enfui de sa famille à l’âge de 13 ans. Pène se passionnait pour le football sans savoir qu’il avait une voix particulière. «C’était une période particulière où devenir chanteur n’était pas bien vu dans la société sénégalaise, c’est pourquoi les débuts de Pène ont été difficiles même au sein de sa famille ».

Pour raconter l’histoire de Omar Pène et du Super Diamono, il faut absolument lire le livre “Omar Pène – Un destin en musique” (Fikira, mars 2016, 224 pages), la biographie que l’enseignant-chercheur et critique d’art, Babacar Mbaye Diop, lui a consacré.

“C’est un choix de vie pour lequel il a opté pour demeurer un artiste, un homme tout à fait libre d’esprit, de tout mouvement, de tout engagement et de tout système. Voilà de longues années qu’Omar Pène a porté, de par sa liberté de ton et d’esprit et son sens élevé des relations humaines et sociétales, la voix à thèmes multidimensionnels et sublimes”, écrit son ami Oumar Wade, dans l’avant-propos de l’ouvrage.

Revenant sur son enfance, le livre raconte : « C’est dans cet environnement “hostile” qu’il décide de quitter la maison familiale pour ne pas déranger sa belle-mère que sa présence ennuyait. “Il fit ainsi face aux affres de la vie”, résume Babacar Mbaye Diop.

“Il venait d’avoir treize ans en 1968 quand il entreprit de quitter la maison paternelle. Il avait pris soin de le dire à son père, mais ce dernier ne l’avait pas pris au sérieux parce qu’il était très jeune. Un beau matin, au lieu d’aller à l’école, il sortit de la maison avec toutes ses affaires et ne revint plus”.

Ainsi, Omar Pène arrêta l’école au niveau du CM2 sans avoir même son diplôme d’études élémentaires et habita “chez un copain à Dieuppeul et rêva d’une carrière de footballeur sans savoir qu’il avait une très belle voix”.

Omar chante sur des sonorités sénégalaises et en 1975, il est un des artisans de la fusion entre Kadd Orchestra et un autre groupe dénommé Tropical Jazz qui faisait fureur dans les boîtes de nuit de l’époque. «Aux sonorités afro-cubaines, le Diamono (génération en Wolof) ajoute le rythme des percussions traditionnelles du Sénégal, ouvrant la voie au futur Mbalax ».

Pour raconter ses débuts, le quotidien français, Libération, indique dans un article qui lui a été consacré en 2005 : «Orphelin de mère, fugueur, Omar Pène glandait dans Dakar en rêvant football quand Baïlo Diagne remarqua sa voix et le rallia à son Kadd Orchestra. En 1972, Omar chantera Bita-bane. Trois ans plus tard, le Kadd Orchestra fusionnant avec le Tropical Jazz, donne au monde le Super Diamono de Dakar. Le Sénégal a peut-être perdu un champion de foot ».

En 1979, le groupe accueille un certain Ismaêla Lô qui va rester dans le lot pendant sept années. Diamono parfait sa musique, Pène est aidé pour parfaire sa voix par un Adama Ndiaye, un de ses maîtres à penser musicaux.

Le groupe fait une tournée dans les régions du Sénégal. Et là, c’est l’étape de Ziguinchor qui marque les esprits où les musiciens du Super Diamono qui se partageait la recette de la soirée resteront plusieurs semaines pour jouer finalement aux Navétanes, faute d’argent mais également par aventure de jeunesse.

Son soutien à Abdou Diouf 

Le décès de sa mère en 1992 a été à l’origine de son soutien au candidat Abdou Diouf (présidentielle de 1993), que ses jeunes fans, hostiles au régime socialiste, n’avaient pas compris. “Il a été vraiment à mes côtés quand ma mère est décédée, explique Omar Pène. C’est des moments tellement durs qu’à chaque fois, il y a une main tendue, on ne l’oublie pas. Voilà pourquoi j’ai voulu lui renvoyer l’ascenseur et je ne le regrette pas. Il a été très proche de moi à cette époque », explique Omar Pène dans le livre qui lui a été dédié.

Diamono a connu plusieurs départs mais le style est resté. Bob Sène, Pape Bass, Abdou Mbacké, Lamine Faye, Mamadou Lamine Maïga…Ismaël Lô, sont tous partis mais la musique est restée et il y a l’arrivée de nouveaux jeunes.

Le groupe qui a marqué toute une génération a sorti un nombre record de 40 albums et cassettes et Omar Pène compte un répertoire de 800 chansons. « C’est l’un des artistes les plus prolixes de sa génération ». A 62 ans, Pène n’a plus une bonne santé mais il maintient le cap. Père d’un seul enfant, il vit toujours aux côtés de son épouse. Le groupe se produit de temps en temps avec son lead-vocal au Just mais Pène prépare un album international et dit à ses proches qu’il ne mettra pas fin à sa carrière de sitôt.

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