De la faillite des instituteurs à la forfaiture des universitaires. Caam mbay !

Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) pavillon ACe jeudi d’Aout, synonyme de la bonne moisson, Le jeune étudiant Bassirou Faye comme tant d’autres avant lui vient de récolter la mort insipide, fauché par une balle de la police présente dans le campus pour le maintien de l’ordre.

Cette mort est terriblement ressentie par tous les patriotes, car chaque fois que tombe un fils du pays, de puissantes fibres meurent en nous. Son rêve, l’espoir de ses parents sont estompés, Une enquête va peut être, désigner un pauvre hère dans l’exercice de ses fonctions comme responsable du décès de ce malheureux. Ensuite les syndicats comme la foule vont demander des limogeages.

D’aucuns pour régler des problèmes personnels, d’autres dans un but politicien ; apportant comme toujours leurs fausses notes dans un cycle morbide qui commence à se renouveler continûment, sans jamais être une solution pour éradiquer le fléau ; que malheureusement nous portons tous sur nos misérables et frêles épaules.

Il est surprenant que nous ne croulons pas sous le poids de tant de morosité et que nous trouvons la force de vociférer au lieu de faire un ressac de nous même ; comme le propose la fable: Voir « sans indulgence l’état de notre conscience. »

– Pour moi instituteur mal formé ou pistonné ; moi qui suis entré sans aucune vocation dans ce noble métier de l’ éducation avec un salaire qui n’est pas celui de cadre, j’ai utilisé pendant des années mon statut de fonctionnaire utile et incontournable, capable de semer la discorde en hypothéquant la paix sociale, pour rançonner l’état et lui imposer des augmentations en cascade sans aucune justification plus légitime que de dispenser le cours à nos pauvres bambins.

Pendant des années je suis entré en grève sans péril en encaissant concomitamment mon salaire malhonnêtement, oubliant mon sacerdoce et délaissant la formation et l’éducation des enfants de manière saugrenue pour ensuite les laisser entrer nus dans nos collèges, dans nos lycées et y subir un sort similaire ;

La course au super indemnité m’a empêché d’en faire des têtes bien faites et de les voir dégarnis de la substantifique moelle, mal armés, entrer dans les universités, et aboutir encore dans mes mains. Moi universitaire formé gracieusement par mon pauvre pays, révoquant et évaporant la quintessence de mon magistère en refusant d’être le proviseur de ma jeunesse (du verbe Pourvoir, ainsi que le portait fièrement Robert de Sorbon) je me suis préoccupé très vite de faire la politique non pas pour le bonheur du peuple mais pour augmenter de grade sociale et pour obtenir le pouvoir, parce que simplement je me voyais plus diplômé que la plupart des dirigeants.

Abandonnant nos laboratoires, les recherches et les publications qui graduent et font la fierté de toutes les universités méritantes du monde, J’ai dévalorisé le savoir dans mon pays. Je n’ai pas respecté le devoir philosophique et moral de solidarité qui consiste à transmettre la connaissance avec amour et sérénité. Obnubilé et fasciné par les escortes et le faste qui entourent les membres du gouvernement.

Je me répète sans cesse dans mon for intérieur : Pourquoi pas moi? Ah que n’ai-je pas choisi d’être poète comme Senghor, administrateur comme Diouf ou ingénieur géologue comme Sall! Mes biens chers compatriotes, la faillite des divers gouvernements qui ont multiplié l’effectif de l’université en confinant les étudiants dans un réduit, La cupidité et la vénalité des instituteurs et le désir de grandeur et de pouvoir des universitaires sont les causes fondamentales des drames qui se jouent dans nos Campus.

Il n’est pas interdit à l’universitaire d’avoir un engagement utile qui peut orienter patriotiquement les décisions régaliennes ; Mais il est impérieux que les universitaires regagnent les amphithéâtres et laissent la politique active, aux politiciens. Le seul rôle utile de l’universitaire est de se river exclusivement à l’enseignement à la recherche et à l’encadrement des étudiants. Il est

absolument impératif que les instituteurs reprennent la craie dans le viatique absolu et irréversible qui est de rechercher à honorer leur sacerdoce, d’ouvrir les yeux, l’esprit et le cœur de nos enfants à l’éthique à la morale et à l’assimilation des phénomènes qui régissent l’Univers. Sinon Messieurs les fonctionnaires et contractuels de l’éducation, Ayez en conscience que vous êtes les fossoyeurs des valeurs qui élèvent tous les peuples de l’univers, donc la cause de la descente aux abimes du Sénégal et de l’Afrique!

Papa Amadou Ndiaye leconsulteursa@yahoo.fr

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