DE QUEL BAMBA S’AGIT-IL ? Par Seydina Omar Ba

Cheikh Ahmadou Bamba est celui qui, dès l’âge de 7 ans, alors qu’il connaissait à peine ses obligations religieuses, commença à se mettre debout toute la nuit pour copier l’attitude des grands hommes de Dieu dont sa sainte mère lui rappelait les prouesses ;

Celui qui, dès l’âge de 11/13 ans, a composé des poèmes et panégyriques dont la teneur et la profondeur émerveillent encore les férus de la grammaire et de la prosodie arabe ;

Celui qui, officiant en tant qu’enseignant dans l’institut de son père, a composé des ouvrages de jurisprudence islamique et de Soufisme si impressionnant de pédagogie qu’ils étaient enseignés aux étudiants dudit institut ;

Celui qui, à la mort de son père, déclina la proposition de devenir le cadi du roi, poste qui était des plus convoités à l’époque par les jurisconsultes ;

Celui qui, âgé d’à peine 40 ans, fut chargé de la lourde mission de revivifier l’Islam en le dépouillant de toutes les innovations blâmables ;

Celui qui, en septembre 1895, fit l’objet d’un Conseil privé expéditif à l’issue duquel, sur la base d’allégations mensongères, il a été condamné à la déportation vers la forêt inhospitalière de l’Afrique centrale ;

Celui qui, arrivé à Dakar pour embarquer dans le bateau, fut poussé dans une pièce sombre à l’intérieur de laquelle son frêle pied fut transpercé de part en part par un objet pointu installé exprès par les colons ;

Celui qui pourtant, dans cette triste pièce, récita en intégralité les sourates « La Vache » et « La Famille d’Imraan » et s’acquitta de toutes ses obligations et prières surérogatoires ;

Celui qui, refusant de reporter l’office de la prière, préférera risquer sa vie en jetant son tapis de prière sur la surface de l’océan ;

Celui qui, tout seul, vécut près de 8 années au cours desquelles, chaque jour, le colon cherchait à en finir avec sa vie sans jamais y parvenir ;

Celui qui, au milieu des ennemis de l’Islam et subissant des attentats répétés sur sa personne, composa un nombre de poèmes à faire pâlir d’envie les plus grands écrivains de l’Histoire ;

Celui qui, revenu indemne de cette tentative de liquidation physique en 1902, fut de nouveau faussement accusé et déporté en Mauritanie ;

Celui qui, revenu au Sénégal en 1907, fut assigné en résidence surveillée à Thiéyène Djoloff ; l’administration coloniale y faisant subir des atrocités inénarrables à tous ceux qui souhaitaient s’y rendre pour la face du Cheikh ;

Celui qui, quittant Thiéyène pour Diourbel, signifia aux disciples, qu’en 5 ans de résidence sur ce lieu, il avait récité, à titre personnel, 1 000 fois l’intégralité du Saint-Coran (kamil), sans compter les 5 kamils récités quotidiennement par un groupe de 28 personnes triées sur le volet ;

Celui qui, sorti de sa mission auréolé de succès dira : « Je n’ai jamais de toute ma vie accompli un acte dont mon disciple puisse avoir honte, aussi n’aimerais-je pas que mes disciples se comportent d’une façon qui me fasse honte… »

Celui qui déclara : « Lorsque Satan a constaté qu’il ne pouvait plus porter atteinte à mes rapports avec mon SEIGNEUR, il s’est promis au moins d’entamer mon image. Pour y parvenir, il recherchera toujours un homme injuste et suivant ses passions et lui suggérera : “Va donc te réclamer de Cheikh Ahmadou Bamba !”

Ce Cheikh Ahmadou Bamba incarne l’exact contraire de la futilité, du folklore, de l’association (shirk), de l’arrogance, du matérialisme, de la dépravation des mœurs, de l’ignorance, du péché, de la frivolité, du mensonge et de l’hypocrisie.

A supposer même qu’il décide de se « réincarner » chez un individu ou de l’investir de son secret divin, aurait-il simplement choisi un danseur patenté ? La réponse coule de source.

Seydina Omar Ba

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