DEBAT – Club de réflexions et d’initiatives citoyennes (Cric) : «Le Sénégal est malade parce que ceux qui le dirigent sont souffrants»

Le Club de réflexions et d’initiatives citoyennes (Cric) n’a pas une bonne opinion de l’élite sénégalaise. D’après les animateurs de cette structure de réflexion, le Sénégal est «malade parce que ceux qui le dirigent sont souffrants». Mais, le but ultime de ce regroupement est de trouver des solutions pour remettre ce pays sur la voie de l’éthique et de la bonne gouvernance. Vaste chantier !

Dans un contexte où les peuples remettent en cause les valeurs du leadership et affirment leurs aspirations à plus de liberté et d’exigence socio-économique, les problèmes d’éthique et de la bonne gouvernance charrient toutes les polémiques.

Le Club de  réflexions et d’initiatives citoyennes (Cric) a jugé pertinent d’organiser une conférence sur cette question d’actualité pour mieux cerner les questions essentielles liées à ces préoccupations politico-judiciaires.

«L’objectif principal, c’est d’avoir l’intervention des personnes qui ont eu des connaissances dans l’éthique et la bonne gouvernance, la réaction des personnes qui ont eu à exercer des fonctions de responsabilité afin de réorienter  la jeunesse sénégalaise sur ces valeurs-là», estiment les responsables du Cric.

Face à face, El Hadji Ibrahima Sall, ancien ministre, Mintou Fall  Sidibé, docteur en droit public à l’Université cheikh Anta Diop, Mamadou Lamine Loum, ancien Premier ministre du Sénégal   ont remis en cause la gouvernance publique. Selon eux, l’un des points essentiels de  la gouvernance publique est de rendre l’action publique possible en privilégiant des comportements calqués sur l’éthique et la bonne gouvernance.

El Hadji Ibrahima Sall donne sa vision des choses en puisant dans son expérience acquise dans le service public et le privé : «Ceci n’est rendu possible que  lorsqu’ on fait la part des choses entre l’intérêt général et l’intérêt particulier, entre le public et le privé.»

«Et  cela doit aller plus  loin, jusque dans la formation des gouvernants pour éviter les conflits d’intérêts, jusque dans les délibérations des entreprises  publiques et des organisations et même au sein des entreprises privées. Les conflits d’intérêts doivent être levés par les déclarations d’intérêts», déclare l’ex-directeur général de l’Institution de prévoyance retraite Sénégal.

Par ailleurs, les conférenciers pensent bien sûr que l’intérêt particulier doit être au-dessus des affaires publiques. Cela doit pousser les responsables publics à épouser les règles d’éthique et de bonne gouvernance pour davantage asseoir leur autorité sur des citoyens qui deviennent de plus en plus exigeants dans la prise en charge de leur destinée. «On ne peut pas gérer les affaires publiques si on n’a pas l’éthique. Car les élites sont engagées dans des contextes et dans des situations difficiles»,  rajoute l’ancien ministre du Plan du gouvernement de Mamadou Lamine Loum.

A l’en croire, si l’élite est malade, le Peuple est aussi malade. «Au Sénégal, le Peuple est  devenu malade. Quand vous regardez le comportement des gens,  l’incivisme qu’on voit chaque jour, vous saurez que le Peuple est vraiment malade. Je dis que les élites ont une grande responsabilité sur ce qui est en train de se passer dans ce pays. On ne reconnaît  plus le Sénégal,  les journaux en parlent. Et ce sont les dirigeants qui devaient éduquer et prendre les bonnes décisions. C’est pourquoi j’ai dit que l’élite est malade», soutient M. Sall.

Engagé dans le combat citoyen, le Cric compte s’investir en produisant des documents de référence pour permettre aux citoyens de connaître les fondamentaux de l’éthique et de la bonne gouvernance. Ce sera tout bénéfique pour les gouvernants et  les gouvernés.  La dernière salve de critiques : «Le  Sénégal est malade parce que ceux qui le dirigent sont souffrants.»

  • Écrit par  Marema DIOP

Stagiaire

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