Décès en détention de Cheikh Mawlany Sané : La Fiacat et l’Acat interpellent l’Etat

Le décès en détention de Cheikh Mawlany Sané cristallise toujours l’actualité nationale.

Dans un communiqué, la Fiacat (Fédération inter­nationale de l’action des chrétiens pour l’abolition de la torture) et l’Acat (Action chrétienne contre la torture) Sénégal déplorent le décès de Cheikh Mawlany Sané, 29 ans, le 1er décembre dernier, dans sa cellule, et exhortent les autorités à mener une enquête approfondie et à faire toute la lumière sur les circonstances du décès, ainsi qu’à identifier et juger les coupables.

Ces deux organisations informent que le «certificat de genre de mort révèle de multiples plaies contuses au niveau du dos, du cou et du cuir chevelu sur le détenu Cheikh Mawlany Sané qui est mort à la suite d’une asphyxie mécanique par strangulation dans un contexte de coups et blessures par objet contondant».

Le 25 novembre 2013, Cheikh Mawlany Sané avait été arrêté pour trafic et usage de chanvre indien, et aurait, selon les témoignages recueillis, opposé une vive résistance. La victime a été placée sous mandat de dépôt le jour suivant, le 26 novembre, et déférée à la prison de Rebeuss.

Prévue pour une capacité d’accueil de 700 personnes, la prison de Rebeuss, annoncent les deux organisations, abrite aujourd’hui une moyenne de 2 500 détenus. Des chambres (3, 4, 9 et 10) devant héberger, tout au plus, 50 détenus, sont aujourd’hui peuplées de 270 voire 280 détenus. La chambre 9 dans laquelle était incarcérée la victime compte aujourd’hui 235 détenus.

Dès l’éclatement de l’affaire, la famille de la victime a saisi le procureur de la République en déposant une plainte contre X et complices. D’après ces deux organisations, cette affaire repose ainsi le problème de la torture en détention préventive, des conditions de détention et de surpopulation carcérale au Sénégal.

En définitive, les deux organisations demandent ainsi une enquête impartiale et indépendante, et que des sanctions disciplinaires et pénales soient prises à l’encontre des responsables du décès de Cheikh Mawlany Sané et de prendre des mesures spécifiques afin de prévenir la commission d’actes de torture pendant la garde à vue.

  • Écrit par  Bocar SAKHO

bsakho@lequotidien.sn

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