Déguerpies à cause du Train express : les 1 425 familles refusent les «miettes» de l’Etat

deguerpiesDéguerpies à cause du Train express : les 1 425 familles refusent les «miettes» de l’Etat

C’est la guerre entre les impactés du Train express (Ter) régional et l’Agence nationale chargée de la Promotion des Investissements et des Grands Travaux (Apix). Depuis des jours, le feu couve dans la vieille ville. Les impactés du Ter, dont 1 425 familles logeant à Rufisque, manifestent pour sauver leurs maisons inclues dans l’emprise des rails. Ils viennent en général des quartiers de Colobane, Arafat, Guendel, Ndar Gou Ndaw et des localités de Bargny, Diamniadio et Sébikotane également. Pour Thierno Ndiaye, porte-parole du jour, voilà 60 ans qu’ils logent dans ces quartiers. «Ces propositions de l’Apix sont misérables et nous ne pouvons pas les accepter. Nous vivons dans une ville. Mais l’Apix veut créer des sans-abris ou nous transformer en des campagnards», lance M. Ndiaye

Pour les impactés du Ter, l’Etat fait dans le flou en indemnisant au plus fort les populations de Pikine et de Thiaroye. «A Rufisque, ils nous donnent une somme dérisoire. Ils ont recasé les familles affectées dans d’autres localités de Dakar à hauteur de 40 000 francs le m2. Et, à Rufisque, ils ne daignent même pas décaisser la moitié. Quand ils nous disent que la valeur vénale du m2 est fixée à 27 mille francs, le bail à 18 mille et ceux qui sont installés sur des permis d’occuper percevrons 10 mille francs le m2 c’est grave», clame Thierno Ndiaye.

Babacar Guèye de Colobane renchérit et évoque le court délai fixé pour le déguerpissement : «Avec cette somme modique on ne peut même pas avoir un terrain de 150 m2, ni avoir un logement en ville». Et  d’ajouter : «Dire qu’ils ont indemnisé une école en laissant en rade les populations ; c’est déplorable. Nous dénonçons le délai assez court fixé pour ce 9 novembre en plus des nombreux cas d’omissions», indique M. Guèye.

Pour beaucoup qui ont pris la parole à la rencontre tenue à Colobane, l’Etat est pressé de les déloger alors qu’il n’a pas prévu une zone de recasement. «Avant de mettre en œuvre un tel projet, l’Etat devait penser d’abord à trouver une zone de recasement», dit Alassane Diongue.

Pour le moment, les protestations vont bon train et l’Apix a fixé la date butoir au 28 février pour un début de démolition.

Nadjib SAGNA (Walf quotidien)

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*