«Dehors les arabes»: le consulat d’Algérie à Lyon recouvert d’insultes racistes

Le soir du 1er juillet, un ancien policier lyonnais sous l’effet de l’alcool a recouvert les murs du consulat d’Algérie à Lyon d’insultes racistes. Une fois dessoulé, l’homme a néanmoins maintenu ses propos au lendemain de sa garde à vue. Il a été condamné dans la foulée à trois mois de prison avec sursis.

Les murs du consulat d’Algérie de la ville de Lyon ont été vandalisés le 1er juillet au soir par un ancien policier âgé de 47 ans, fortement imbibé d’alcool. C’est ce que relate le webmagazine lyonnais Lyon Mag dans son édition du 4 juillet.

L’homme a été pris sur le vif par un témoin alors qu’il inscrivait au marqueur noir des expressions racistes telles que «dehors les arabes», «islam dehors» et «les melons (sic) qui nous envahissent».

Même après son interpellation par les forces de l’ordre, l’homme a continué de tenir des propos racistes et se serait exclamé «l’AFO, c’est parti». L’AFO, ou Action des forces opérationnelle, est un groupuscule d’extrême-droite «démantelé [par la police française, ndlr] la semaine dernière car soupçonné de préparer des attentats contre des musulmans», toujours selon Lyon Mag.

L’ancien policier, qui avait démissionné en 2006, a revendiqué son appartenance à l’AFO et au Rassemblement national, nouvelle dénomination du Front national de Marine Le Pen.

Mais ce qui écarte l’hypothèse d’un acte motivé uniquement par les effets de l’alcool, c’est le fait que l’homme ait répété ces mêmes propos le lendemain de son interpellation, alors que l’effet de la boisson s’était pourtant estompé.

L’ancien policier a été condamné, lors d’un procès à comparution immédiate, à trois mois de prison avec sursis pour apologie d’actes de terrorisme et dégradations publiques. Et ce malgré les protestations de l’avocate du consulat d’Algérie qui aurait souhaité qu’une enquête plus poussée soit menée, ajoute le webmagazine.

Cet acte de vandalisme visant le consulat d’Algérie à Lyon a été commis le jour même où une vidéo, montrant des supporters de l’équipe France en train de brûler le drapeau algérien circulait massivement sur les réseaux sociaux. Le descriptif de l’enregistrement vidéo décrivait que la scène avait lieu pendant la célébration de la qualification des Bleus en quarts de finale de la Coupe du monde de football en Russie. Mais l’ambassade de France en Algérie, tout en condamnant l’acte, a elle affirmé que la vidéo en question avait en fait été filmée le 30 juin 2014 à Bourges.

«Depuis quelques jours, une vidéo montrant un supporteur de l’équipe de France de football brûler un drapeau algérien circule sur les réseaux sociaux. L’Ambassade de France en Algérie condamne cet acte inadmissible, portant atteinte aux symboles nationaux de l’Algérie et à la relation d’amitié forte qui lie nos deux pays», a déclaré l’ambassade dans un communiqué le 4 juillet.

«L’Ambassade de France en Algérie relève toutefois que cet événement, qui a eu lieu à Bourges, date du 30 juin 2014 et qu’il n’a donc aucun lien avec la Coupe du monde se déroulant actuellement en Russie», a ajouté le même communiqué.

Pour rappel, le ministre algérien des Moudjahidines (anciens combattants), Tayeb Zitouni, a vivement condamné le 3 juillet, sur les ondes de la radio nationale, la profanation du drapeau algérien brûlé par un groupe de Français qui célébrait à Paris la qualification de l’équipe de France aux quarts de finale de de la Coupe du monde de football 2018.

«L’Algérie dérange toujours, car elle est forte par son histoire et son passé qui lui ont permis de briser l’arrogance du colonialisme, soutenu à la fois par l’Otan, ses alliés et les traîtres» a affirmé le ministre.

fr.sputniknews.com

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