DEMANDE DE LEVÉE DU MANDAT D’ARRÊT CONTRE SORO : « CELA N’A JAMAIS ÉTÉ LE CAS » (ROCH KABORÉ)

Roch-Kaboré-692x360Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a accordé un entretien à la télévision française TV5Monde ce 20 février 2016 à Ouagadougou. C’était en marge de la visite officielle du Premier ministre français, Manuel Valls, au « Pays des Hommes intègres ».

Dans cet entretien d’une trentaine de minutes, plusieurs questions ont été abordées notamment le défi sécuritaire au Burkina et les relations avec la Côte d’Ivoire. Plusieurs confrères ont assisté à l’entretien, selon la Direction de la Communication de la Présidence du Faso.

Extradition des éléments de l’ex-RSP …

Concernant la relation Abidjan-Ouagadougou, Roch Kaboré a confié ceci : « Je voudrais d’abord vous rassurer que les relations entre la Cote d’Ivoire et le Burkina sont excellentes malgré tout ce qu’on peut dire. Hier 19 février 2016 dans la soirée, nous avons eu une conversation téléphonique avec le Président Alassane Ouattara. Je crois que les enjeux qui nous lient sont plus forts que les préoccupations que vous évoquez et ce sont des enjeux historiques ».

« Nous travaillons également pour que des Burkinabè, notamment les éléments de l’ex RSP qui se sont rendus à Abidjan, parce que nous avons également lancé des mandats d’arrêt contre ces personnes aussi, pour que la sécurité ivoirienne puisse les rapatrier au Burkina Faso », informe-t-il concernant le cas de certains ex-RSP en cavale.

Et d’ajouter que « des efforts sont déjà en cours et je crois que très bientôt nous aurons quelques informations d’eux ». Le Président du Faso a rassuré que ces mandats d’arrêts lancés en demandant aux autorités ivoiriennes de s’en occuper commencent à porter leurs fruits. « Nous nous en réjouissons et nous encourageons toujours les autorités ivoiriennes à poursuivre ce travail », dit-il.

Il faut signaler que selon des informations confirmées ce 21 février par des sources proches du Tribunal militaire, Moussa Nébié, dit Rambo, ex-adjudant-chef de l’ex-RSP en compagnie de deux civils dont l’identité n’a pas été rendue publique, a été extradé de la Côte d’Ivoire, dans la soirée de ce 20 février. Et que la suite de la procédure judiciaire sera communiquée ultérieurement.

Guillaume Soro et les écoutes téléphoniques…

« D’aucuns ont laissé comprendre que le Président du Faso a voulu tordre le bras à la justice pour demander instamment qu’on lève le mandat d’arrêt contre Guillaume Soro, mais cela n’a jamais été le cas. Et je crois que les discussions qui sont menées aujourd’hui au sein du corps judiciaire sont des discussions qui ont trait à la qualité et à la procédure avec lesquelles les mandats d’arrêt ont été établis », foi du Président burkinabè.

La justice est indépendante, selon lui. Il souhaite que cela ne soit pas un mythe d’autant plus le Président du Faso, même le ministre de la Justice n’est actuellement membre du Conseil Supérieur de la Magistrature.


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La réconciliation nationale d’accord, mais la vérité et la justice d’abord !

Concernant l’affaire Blaise Compaoré, Roch Kaboré pense que bien qu’il faille travailler à la réconciliation nationale, celle-ci doit passer nécessairement par la vérité, la justice et enfin le pardon. « Pour nous, si Blaise Compaoré veut revenir dans son pays, il devra répondre devant la justice de ce pourquoi il est accusé. Ce n’est pas plus compliqué que cela. Il a le droit de revenir mais voilà la condition et comme je le dis, nul n’est au-dessus de la loi », martèle-t-il.

Par rapport à l’extradition ou non de l’ancien Président burkinabè incriminé dans l’affaire Thomas Sankara, voici en substance la réponse de Roch Kaboré : « Pour l’instant nous l’avons demandé mais nous n’avons pas encore de résultats. Nous avons par ailleurs appris qu’il a acquis la nationalité ivoirienne et que par conséquent selon des textes, on ne doit pas extrader des Ivoiriens vers d’autres pays. Vous savez, en matière de droit on peut trouver beaucoup de subterfuges. Pour l’instant, notre mandat d’arrêt est toujours d’actualité en ce qui le concerne et en ce qui concerne les autres Burkinabè pour lesquels des mandats d’arrêt ont été déposés auprès de la Côte d’Ivoire ».

Le Président du Faso a également indiqué dans cette interview que les éléments de l’ex-RSP appréhendés au Burkina « n’ont pas été exécutés contrairement à ce qui a été dit ». Tout le monde, selon lui, passera au Tribunal, sera jugé et écopera de la peine qu’il mérite.

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Synthèse de Noufou KINDO

Burkina 24

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