Démission et critiques de Thierno Bocoum : La réponse de Idrissa Seck

Le chef de file de Rewmi,  affecté par des récentes dissidences tous azimuts dans son camp, a entrepris une tournée nationale à l’intérieur du pays depuis dimanche 15 octobre. L’objectif pour Idrissa Seck  est de rencontrer  les Sénégalais et recueillir leurs avis sur les projets et la politique de développement du gouvernement en place.

Idrissa Seck veut rebondir et occuper  le terrain. Après une longue léthargie et au plus fort des défections que traverse son parti,  le chef de file de Rewmi «a décidé de descendre dans le Sénégal des profondeurs pour rencontrer ses militants et sympathisants ».

Une attitude qui sonne telle une réponse aux critiques de son ancien chargé de communication,  l’ancien député Thierno Bocoum, lequel  a récemment  rendu sa démission dans une déclaration officielle postée sur les réseaux sociaux.

Thierno Bocoum qui n’avait pas été investi lors des dernières Législatives dénonçait l’absence de son ancien leader auprès des populations en ces moments d’incertitudes et d’interrogations. Des critiques qui ont fini d’amener le président du Rewmi et une forte délégation du parti d’aller vers les populations.

«Dans ces moments difficiles que traverse notre pays, je ne peux ignorer mon devoir et remplir la part de mission qui s’impose à nous tous. Notre devoir, nous exige d’être aux côtés des populations effarées, victimes de pratiques politiciennes d’hommes et de femmes sans principes et sans valeurs. Des pratiques qui ont fini par installer la peur de l’avenir», avait dit Thierno Bocoum dans sa déclaration de démission.

Avant Thierno Bocoum, d’autres anciens leaders comme Oumar Gueye, actuel ministre de la Pêche et maire de Sangalkam, Pape Diouf, ancien ministre et responsable politique à Bambeye, l’ancien député de Rewmi, Oumar Sarr et Me Nafisatou Diop Cissé responsable à Kaolack, avaient aussi dénoncé la léthargie du Parti dans l’espace politique et une certaine déconnexion des populations  face aux préoccupations.

En effet, depuis sa sortie de prison en 2006 – dans le cadre de l’affaire des chantiers de Thiès- et après la Présidentielle de 2007,  Idrissa Seck s’était replié sur lui-même  sous prétexte d’avoir été touché dans sa chair par des accusations et calomnies du pouvoir de Wade.

En 2012, du fait de la contestation contre un 3è mandat de Wade, l’ancien Premier ministre n’avait pratiquement pas battu campagne. Resté à Dakar avec d’autres leaders de l’opposition anti-Wade, il n’a pas eu de contact avec les populations.

D’ailleurs, Macky qui sortira vainqueur de cette élection  a surpris Idy et les autres leaders. Parce que le patron de l’APR au lieu de protester contre un 3è mandat  de Wade et de sa tentative de dévolution monarchique du pouvoir supposée en faveur de son fils, a foncé en battant campagne, de toutes ses forces, dans le fin fond du Sénégal.

Que ce soit lors du dernier référendum  du 20 mars  ou lors des Législatives de 30 juillet dernier, des observateurs ont relevé un manque d’engagement et d’enthousiasme de la part de Idrissa Seck qui est  encore président du Conseil départemental de Thiès. D’aucuns sont allés jusqu’à dire que le patron de Rewmi ne s’intéressait qu’aux élections présidentielles. Il est d’ailleurs le seul chef de parti dont les sorties médiatiques se comptent sur le  bout des doigts.

Même avec cette tentative de rebondir, Thierno Bocoum qui estime que Idrissa Seck n’est pas suffisamment engagé dans le combat pour  espérer gagner la confiance du peuple sénégalais au point de succéder à Macky Sall en 2019. En clair, Idrissa Seck a entendu les critiques formulées de son  ancien  chargé de communication. Lequel a récemment rendu le tablier suivi d’autres cadres.

A moins de deux ans de la prochaine présidentielle, cette tournée d’Idrissa Seck, nous rappelle, à juste titre la tournée l’ancien candidat Macky Sall que personne n’avait vu venir.

L’actuel président, après avoir quitté le Parti démocratique sénégalais (PDS) suite à sa destitution de  la présidence de l’Assemblée nationale avait décidé de prendre son destin politique en main. Il sillonna les contrées les plus reculées du pays. Macky Sall  bat sérieusement campagne, avec pour objectif  de se faire élire et non pas juste pour contester la candidature du président Wade.

Résultat des courses, Macky fait un bon score au premier tour et accède au deuxième. Les reports de voix aidant, il réussit à battre son challenger et ancien mentor Abdoulaye  qui lui non plus  ne l’avait pas vu venir comme la plupart des Sénégalais.

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