DEPIGMENTATION PAR LES CORTICOIDES AU SENEGAL : Une prévalence de 67% chez les femmes

DEPIGMENTATIONAvec une prévalence de l’ordre de 67%, le Sénégal, à l’instar d’autre pays du contient africain, souffre du phénomène de la dépigmentation par les corticoïdes généralement observé chez les femmes âgées de 20 à 40 ans. Une conférence sur le thème: «La mélanine de la peau noire, notre atout beauté», dans le cadre d’une journée d’information, a été organisé hier à cet effet à la Fondation Konrad Adenauer. Occasion pour Mme Amale Ayad, chimiste et cosmétologue, a dénoncé les produits nocifs dépigmentant utilisés par «des industriels peu scrupuleux» qui mettent en avant la logique commerciale au détriment de la santé.

En prélude à la «Première rencontre cosmétique et développement durable de l’Afrique de l’Ouest» à l’initiative d’Africawebcasting (AWC) et prévue du 6 au 8 novembre 2013, avec comme thème: «La beauté d’une peau noire et métissée», une journée d’information a été organisé hier mardi 9 avril 2013 à Dakar suivi d’une conférence sur le thème: «La mélanine de la peau noire, notre atout beauté». Occasion pour la conférencière Mme Amale Ayad, chimiste et cosmétologue, par ailleurs promoteur d’un laboratoire de produits capillaires de dénoncer les produits nocifs utilisés par des industriels véreux, «peu scrupuleux».

A l’en croire, ces produits utilisés contiennent de l’hydroquinone, vecteur de dépigmentation de la peau, et de corticoïdes (atrophie et amincissement de la peau) détournés des circuits pharmaceutiques officiels, des crèmes éclaircissantes imposées par divers réseaux parallèles, à la composition rarement précisée et de surcroît proposées par des revendeurs dépourvus de toute compétence officinale.

Or, a précisé Mme Amale Ayad, la mélanine noire protège l’épiderme contre les rayons nocifs du soleil souvent à l’origine des maladies de la peau ou de son vieillissement. «La peau constitue, de ce point de vue une barrière et, elle est censée nous protéger des agressions extérieures. Toutefois, depuis trois décennies, force est de constater que la dépigmentation de la peau est devenue une pratique qui perdure en dépit des multiples campagnes et messages de stigmatisation ou de sensibilisations qui mettent en exergue sa nocivité sur le plan de la santé physique et mentale».

Dès lors, la défense et l’utilisation de la «Femme noire, Femme africaine, à la peau noire ébène, belle et séduisante», que chantait le président poète Léopold Sédar Senghor appartient au «passé». Et, «place à une certaine industrie des cosmétiques peu scrupuleux assujettie aux logiques commerciales du produit à outrance et d’une beauté factice aux conséquences lourdes». Alors que, «dans la dermatologie il y a des alternatives à ces produits nocifs, mais c’est très cher. Les industriels mettent en avant leur image, le packaging, peu importe la nocivité des actifs utilisés».

La mélanine de la peau noire et métissée, un atout beauté

En atteste, au Sénégal, à l’instar d’autre pays du contient africain, le phénomène de la dépigmentation par les corticoïdes généralement observé chez les femmes âgées de 20 à 40 ans affecte environ 67%. Et ce n’est pas qu’en Afrique que ce problème se pose. En Asie aussi, dans certains pays comme l’Inde, la Thaïlande, etc. la dépigmentation existe, mais (là) sous le vocable de «lithning» utilisé localement pour s’éclaircir la peau jaune.

Selon le modérateur de la conférence, Mouminy Camara, docteur en Science de l’information et de la communication et enseignant au CESTI, la thématique est d’actualité partant du fait qu’il y a quelque mois, la guerre des couleurs à travers une vaste campagne de publicité «’’Khess Petch’’ (toute claire) contre ‘’Ñuul Kukk’’ (toute noire)» faisait fureur. En réponse à des affiches vantant les vertus d’un produit dépigmentant (‘’Khess Petch’’), les partisans du «Ñuul Kukk» en plus de la publicité ont occupé les réseaux sociaux où diverses initiatives sont prises pour dénoncer le message.

Toutefois, s’est-il empressé de recadrer, «on n’est pas dans une logique de stigmatisation de la femme sénégalaise, mais une campagne de sensibilisation en mettant en relief les spécificités de la peau noire quand on sait en prendre soin».

M. Sambou, tradipraticien-chercheur a venté les vertus du beurre de karité qui vient d’une plante et du «toulcouna», car «avant la beauté, c’est la santé».

Ibrahima Diallo Source Sudonline.sn

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