DERIVES AUTORITAIRES DE L’ETAT SENEGALAIS

L’Etat du Sénégal dérive de plus en plus vers un régime autoritaire et pas vers une belle démocratie pleine de liberté.

Un régime politique autoritaire c’est un régime qui cherche par divers moyens , c’est-à-dire l’Encadrement de la société, la Répression et la Propagande à obtenir la soumission et l’obéissance de la société.

L’Encadrement de la société

Je pense qu’on peut parler d’encadrement de la société lorsque toute la population est mise sous surveillance par l’Etat. Ce qui veut dire qu’on peut mettre sous écoute n’importe quel citoyen sans passer par le juge judiciaire. Le gouvernement décide donc de passer du contrôle de la justice estimant qu’il n’a pas de vérifier si la surveillance respecte les droits et les libertés fondamentales des individus. Le champ d’application de ce phénomène est en réalité beaucoup plus large. On peut dire que la majorité des militants politiques sont probablement mis sous écoute. L’Etat peut tenter de surveiller en un moment donné ses opposants, des mouvements de contestation, faire des renseignements politiques. Mais le gros problème c’est qu’en réalité, le peuple ne saura jamais si le gouvernement a utilisé cette violence de manière abusive. Toutes les affaires liées à la surveillance sont classées secret défense. Ce qui veut dire qu’elles n’ont pas droit d’être dévoilées au grand public.
En conclusion cette espèce de loi sur le renseignement va permettre au différents gouvernement d’encadrer la population en la mettant massivement sous surveillance, sans aucun contrôle et de manière totalement cachée.

La Répression policière

En effet tous dénoncent les violences dans les manifestations. Mais à qui la faute ? Aux manifestants, aux policiers, à l’Etat ? Aujourd’hui on peut affirmer que c’est de la faute de l’Etat, je dirai même plus, c’est de la volonté de l’Etat. On peut dénoncer les consignes donnés par l’Etat durant les manifestations. Tout est mis en place pour que les manifestations dégénèrent. Ceux qui manifestent pacifiquement sont interpellés en amont et les casseurs sont protégés. Et à la fin de la journée, les médias corrompus ne parlent que de violence et surtout plus des raisons pour lesquelles les citoyens manifestent. Le pouvoir politique instrimentalise la police qui sert de bouc émissaire. Cela permet au gouvernement de faire diversion. L’objectif n’est plus de repousser un groupe mais de blesser des individus, de marquer dans la chair, d’en toucher un pour terroriser cent. C’est un tournant dans les doctrines du maintien de l’ordre. En effet les forces de l’ordre utilisent de moins en moins le bouclier et la matraque pour repousser des groupes de manifestants, mais de plus en plus des armes non létales comme le Flash Ball.
En conclusion l’Etat cherche délibérément à dégénérer les manifestations afin de pouvoir effectuer une répression digne de ce nom et aussi réaffirmer la puissance de l’Etat aux yeux de tous les citoyens.

La Propagande

Depuis peu, on observe un changementde vocabulaire de la part des hommes politiques, de certains médias pour décrire les manifestations et les syndicats. En effet le gouvernement sent que la mobilisation prend de l’ampleur et qu’elle ne finira pas de si tôt. Il tente alors tous les moyens de discréditer les manifestants en disant qu’il s’agit d’une minorité qui prenne les sénégalais en otage, c’est curieux. Mais qui prend en otage qui ? Est-ce que ce sont les manifestants qui sacrifient leur vie pour obtenir le retrait d’une loi, c’est-à-dire un truc que tout le monde veut, ou bien c’est l’Etat qui reste sourd à toutes les contestations, qui n’écoute pas la fronde dans son propre camp parlementaire, et qui fait passer en force une loi que seule une toute petite minorité veut ? Je vous laisse juger.
On remarque que l’Etat, aux travers de ses dirigeants ou de ses médias, utilise un vocabulaire de plus en plus guerrier, dangereux, violent pour alimenter sa propagande anti-manifestant.
Certes on n’est pas encore à la propagande hitlérienne ou stalinienne, mais on est déjà à un bon niveau de manipulation de l’information.

En conclusion, l’Etat sénégalais semble relativement correspondre à une définition d’un régime politique autoritaire. Bien évidemment, il faut nuancer ces propos et admettre qu’il existe des pays plus autoritaires. Mais ça ne veut pas dire que notre pays n’est pas en bonne voie de devenir un régime politique très autoritaire notamment si le prochain gouvernement continue sur sa voie de politique sécuritaire et liberticide.

Cheikh Charles Thiam

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