DES ELECTIONS LOCALES POUR 2 707 LISTES ET 100 MILLIONS DE BULLETINS 15 milliards en… « rupture »

urne_vote_5Un budget de 15 milliards pour prendre en charge l’organisation matérielle des prochaines élections locales, soit un rajout de 05 milliards de FCfa supplémentaires par rapport à l’enveloppe financière de 10 milliards initialement prévue dans la Loi de finances 2014. Voilà le coût quasi « exorbitant» des joutes électorales du 29 juin prochain avec leurs 2.707 listes de candidats sur l’étendue du territoire national et autres 100 millions de bulletins de vote, requis pour élire les futurs conseillers municipaux et départementaux du Sénégal. La révélation a été faite hier, jeudi, par le ministre de l’Intérieur Abdoulaye Daouda Diallo en marge de sa visite dans des commissions de distribution des cartes d’électeur.

Les élections locales du 29 juin prochain auront un goût particulièrement salé pour l’Etat du Sénégal, en raison du coût assez « exorbitant » que requiert l’organisation matérielle desdites joutes. Initialement arrêtées à hauteur de 10 milliards de FCfa dans la Loi rectificative des finances de l’année 2014, les dépenses requises pour l’organisation de la prochaine compétition électorale vont ainsi tourner, selon le ministre de l’Intérieur Abdoulaye Daouda Diallo, autour d’un budget de 15 milliards de francs Cfa, soit un rajout supplémentaire de 05 milliards par rapport aux prévisions antérieures.
Le ministre qui effectuait hier, jeudi 15 mai 2014, une visite dans des commissions de distribution des cartes d’électeur a fait savoir de fait que « ce sont des élections qui coûteront excessivement cher à l’Etat du Sénégal et au Trésor public avec un budget global qui tourne autour de 15 milliards de francs Cfa». Outre les dépenses spécifiques liées à l’organisation des élections en question (carburant, perdiems, achat de matériels de vote), le budget de 15 milliards est envisagé pour l’établissement de 2.707 listes officiellement validées et l’impression de plus de 100 millions de bulletins de vote.
Jouant sur le ton de la franchise, Abdoulaye Daouda Diallo n’a pas occulté les contraintes que pourrait générer le coût élevé de la prochaine compétition électorale. « C’est quelque chose de préoccupant. On ne peut pas tenir dans ces conditions avec une production de bulletins de vote de plus de 100 millions. Ce n’est pas du tout tenable », a-t-il ainsi martelé en révélant que l’impression des bulletins seulement va coûter environ 04 milliards de francs Cfa.
Faisant remarquer pour finir que la cherté des élections est due avant tout à la pléthore des formations politiques qui s’élèvent, à ce jour, à 228 partis, le ministre de l’Intérieur a affirmé qu’il y a lieu de réguler l’organisation des élections au Sénégal. Ce qui pourrait passer par l’exigence faite à tout candidat de bénéficier d’un parrainage avec un nombre établi de signatures ou de verser une caution pour soulager l’administration qui continue de supporter ce gros coût des élections.
Et le ministre de l’Intérieur de faire part de sa conviction qu’«en combinant les deux options, on peut arriver à décourager les gens et à réduire le nombre de listes pour les élections locales». Revenant sur la question de la caution, Abdoulaye Daouda Diallo a d’ailleurs indiqué que l’Etat est « absolument favorable » à la proposition, même si l’idée devait faire son chemin. « C’est une idée qu’il faudra mûrir ». Dans tous les cas toutefois, le montant de la caution sera laissé à l’appréciation des acteurs politiques, a noté le ministre avant d’inviter à des efforts partagés pour juguler le coût drastique des élections locales. « On ne peut pas continuer dans ces conditions avec cette somme de 15 milliards tout simplement pour des élections », a conclu Abdoulaye Daouda Diallo.
A noter cependant que malgré ce coût faramineux des prochaines locales, on est bien loin de l’impasse budgétaire, même si les prévisions de recettes de l’Etat sont revues à la baisse pour cette année. La Loi de finances 2014 prévoit en effet une sorte de roue de secours appelée « charges communes non réparties » où l’Etat peut puiser pour absorber le gap financier.

Moctar DIENG

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