Des fidèles se battent le jour de la korité à cause d’une banderole à la mosquée Wakhinane 3 de Thiaroye

Ça a chauffé le jour de la Korité (lundi) à la grande mosquée de Wakhinane 3 de Thiaroye gare de la banlieue dakaroise. De violents coups de poing ont été échangés entre des fidèles musulmans du lieu de culte, à cause d’une banderole, juste avant l’heure de la prière.

Après avoir aménagé la veille de la prière une mini-tente et une estrade pour l’Imam ratib, rapportent des témoins de la scène, des membres de la commission de gestion de la mosquée sont revenus le lendemain, avec une banderole floquée à leur logo avec des insignes. Ils se sont dirigés vers le podium dressé pour la circonstance et ont tenté d’y accrocher ladite banderole. Immédiatement, des partisans de l’Imam ratib se sont dressés sur leur chemin.

Ces derniers s’y sont fermement opposés avant d’alerter le guide religieux. L’autre groupe, sentant la menace, bat le rappel des troupes et se met sur ses gardes. Ce fut alors le branle-bas de combat dans les deux camps rivaux.

Les positions sont tranchées et les efforts de conciliation des bonnes volontés n’ont rein donné. Une violente prise de bec et de fortes empoignades éclatent ainsi entre les deux parties opposées. L’adrénaline monte crescendo et les gros mots commencent à fuser de partout.

L’installation d’une banderole autour du minbar de l’Imam provoque la bagarre

Les membres de la commission tiennent ainsi vaille que vaille à ajouter leur banderole dans la décoration du minbar de l’Imam ratib et justifient leur démarche par un souci d’innover et d’embellir le podium. Tandis que des partisans de celui-ci restent figés dans leur position, fustigent la démarche des membres de la commission de gestion de la mosquée et les soupçonnent d’être à la solde d’une nébuleuse organisation non gouvernementale (Ong), qui financerait les actions de ladite commission de gestion. Une bataille rangée survient entre les deux camps rivaux. Tous les moyens sont alors bons pour défendre crânement la position de son clan.

Les limiers de Thiaroye débarquent en mission commando et évitent le carnage

Craignant le pire, des fidèles alertent le commissaire de police de Thiaroye, Khadidiatou Sall, qui dépêche illico-presto ses hommes avec du renfort sur les lieux du pugilat. Ces derniers s’interposent entre les deux groupes rivaux, rétablissent l’ordre public et menacent de réprimer les va-t’en guerre et autres fauteurs de trouble. Ils installent un dispositif de sécurité, avec des moyens légaux de dissuasion et de répression, bouclent le périmètre et se déploient aux quatre coins de la mosquée, aux fins de parer rétablie l’ordre.

Prière de Korité sous forte surveillance policière

Et devant ce triste spectacle, des fidèles fous de rage, ont pris leurs cliques et claques pour aller sacrifier au rituel de la prière de Korité dans d’autres mosquées de la banlieue dakaroise. Tout est cependant rentré dans l’ordre en fin de compte. La banderole qui constituait la pomme de discorde a été finalement retirée du minbar de l’Imam ratib. Qui a dirigé la prière de la fête de Korité, sous une forte surveillance policière.

2 Laylatoul khadr (Nuit du Destin) ont failli se dérouler dans la même mosquée

Il s’en est fallu de peu pour que les habitants de la localité assistent à une triste grande première dans l’histoire des lieux de culte musulmans du pays. Une vive tension a éclaté, durant la célébration de la Nuit du Destin (Laylatoul Khadr), entre les deux camps rivaux de la mosquée. Chacun des deux groupes voulait célébrer la Nuit dans le lieu de culte. La prompte intervention des autorités étatiques administratives locales (préfet, police, entre autres) a pu ramener la sérénité dans les rangs.

La mesure de fermeture de la mosquée Wakhinane 3 jusqu’à nouvel ordre agitée
Des mesures administratives draconiennes contre la mosquée ne sont pas à exclure, notamment la fermeture de la maison de Dieu par l’autorité compétente jusqu’à nouvel ordre, si la situation de tension persiste et risque de tourner au carnage.

L’imam ratib de la mosquée de Wakhinane 3 de Thiaroye gare, Ass Malick Mbaye, a apporté des éclairages sur la nature de leur différend avec les membres de la commission de gestion de la maison de Dieu. Le guide religieux a tenu à préciser d’emblée, au micro de nos confrère de Sen Tv, que les travaux de construction du lieu de culte ont été entièrement financés et réalisés par son défunt papa, Imam ratib.

Ainsi, il accuse les membres de ladite commission de gestion de se réfugier derrière l’appellation «commission de gestion» pour faire de la politique et surtout la publicité d’une Ong arabe aux fins de capter des fonds.

«On a toujours installé le drapeau de notre religion (vert-blanc) pendant les fêtes religieuses. J’ai même été toujours contre le drapeau national du pays dans la mosquée. Mais, ce jour-là, ils ont voulu nous imposer la banderole d’une organisation non gouvernementale arabe (Ong). Nous leur avons opposé un niet catégorique. Car nous ne savons pas si ces gens-là sont des terroristes ou pas. La police est intervenue pour ramener la sérénité dans la mosquée», a déclaré l’imam ratib Ass Malick Mbaye.

«Je ne veux être taxé d’Imam ayant des accointances avec des milieux terroristes»

Le guide religieux affirme avoir axé son prêche sur la paix et indique être adepte d’une gestion transparente et de qualité des affaires de la mosquée de son défunt papa. Et il tient à marteler ceci à l’endroit de l’opinion : «je ne voudrais pas être taxé de politique, de terroriste ou accusé d’avoir des accointances avec des milieux terroristes. Mais hélas, des membres de la prétendue commission de gestion de la mosquée ont commencé à nous abreuver d’injures».

Il a soutenu que ses détracteurs n’ont jamais versé de cotisations pour financer les travaux de construction de la mosquée. Il déclare également que ces derniers sont financés par une Ong et s’interroge : «Comment est-ce que ces gens-là ont pu financer un grand Ndogu dans la mosquée, en faisant venir des caméras pour immortaliser l’évènement ? Nous ne sommes pas dupes», a-t-il déclaré.

Les Echos

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