Des militants américains anti-esclavage refoulés à l’aéroport de Nouakchott

La Mauritanie a interdit vendredi 8 septembre l’accès à son territoire à une délégation de militants américains anti-esclavagistes. Ils venaient dans le cadre d’un voyage organisé par l’Institut abolitionniste, basé à Chicago, et par le mouvement Arc-en-ciel du pasteur Jesse Jackson, un des principaux responsables de la communauté noire aux Etats-Unis. Mais leur arrivée à l’aéroport ne s’est pas déroulée comme prévu.

A leur descente de l’avion, les 12 militants sont empêchés de sortir de l’enceinte de l’aéroport de Nouakchott. C’est là que leurs visas devaient leur être délivrés. Déconvenue similaire du côté des militants de SOS Esclaves. Cette ONG locale avait pour mission de les accueillir.

« Il y a une brigade de police qui s’est interposée. Et on leur a signifié qu’il y avait des instructions qui demandaient à ce qu’ils ne soient pas  à l’aéroport », explique Sneïba el-Kory, l’un des responsables de SOS Esclaves.

La délégation américaine devait rester sur place jusqu’au 15 septembre. Elle avait prévu des rencontres avec la société civile mauritanienne et des représentants du gouvernement. Pas assez, selon son porte-parole, Mohamed Lemine Ould Cheikh.

« La délégation s’est contentée de concocter son propre programme. On s’est d’ailleurs rendu compte qu’il n’était pas équilibré. Les rencontres qui étaient prévues ne concernaient qu’un groupe de population déterminé et de manière discriminatoire, ce que la loi interdit. »

La loi mauritanienne interdit également l’esclavage, officiellement aboli en 1981, qu’elle qualifie depuis deux ans de crime contre l’humanité. Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont SOS Esclaves, dénoncent pourtant la persistence de ces pratiques.

Par Africa24monde Avec RFI

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*