Deux avions américains prévus pour ramener près de 150 Français de Syrie

INFO BFMTV – Le retour des Français arrêtés en Syrie s’est précisé ces derniers jours. Près 150 personnes sont concernées par ces transferts, qui seront encadrés par les forces spéciales américaines selon le plan envisagé. Sauf changement géopolitique majeur sur place, le premier avion doit atterrir en France dans quelques semaines.

L’annonce, il y a quelques jours, du retour des Français arrêtés en Syrie, et détenus par les Kurdes, a fait grand bruit. C’est pourtant dans le plus grand des secrets que les autorités françaises travaillent à ce transfert massif qui concerne désormais, selon nos informations, un peu moins de 150 personnes dont une cinquantaine de majeurs, hommes et femmes, et un peu moins d’une centaine d’enfants, dont certains en bas âge. Un chiffre qui peut encore évoluer avant leur arrivée effective sur le sol français, tant la situation reste instable en Syrie.

A ce stade, il s’agit du plan le plus abouti envisagé. Ce qui a été dit aux services antiterroristes français, c’est que le transfert de ces ressortissants, dont certains sont soupçonnés d’avoir combattu dans les rangs de Daesh ou d’avoir été en lien avec l’entreprise terroriste, doit se faire en deux temps. Si ce plan envisagé est suivi jusqu’au bout, un premier avion atterrira en France dans quelques semaines. Deux semaines plus tard, un autre appareil fera de même avec un convoi composé dans une grande majorité de mineurs.

Ce retour lui-même peut être remis en cause jusqu’au dernier moment du fait de questions géopolitiques entre les forces présentes sur place. La décision finale sera prise par l’Elysée. 

Deux avions américains

A bord de ces deux avions se trouveront des figures sensibles de la mouvance jihadiste: Adrien Guihal, un proche des frères Clain, connu pour être la “voix” de la revendication des attentats de Magnanville et de Nice; Thomas Barnouin, membre de la filière dite d’Artigat; ou encore Quentin Le Brun, figure de la propagande de Daesh, connu pour avoir brûlé son passeport face caméra en 2014. Emilie König figure également sur cette liste. La Bretonne, recherchée pendant de nombreux mois par les services de renseignement de plusieurs pays, est soupçonnée d’avoir organisé le départ de nombreuses personnes pour la Syrie.

Ce plan sera mis en oeuvre par les Etats-Unis, alors même que l’annonce de leur retrait de Syrie a forcé les autorités françaises à envisager cette option d’un retour massif. Les forces spéciales américaines, qui ont déjà rapatrié une dizaine de ressortissants américains sur leur territoire, vont donc extraire ces Français des camps détenus par les Kurdes, les regrouper et les mettre dans des avions. Les Américains les raccompagneront également jusqu’en France. A bord des appareils, aucune escorte française, mais des gendarmes du GIGN sur le tarmac pour les réceptionner.

Des auditions déjà réalisées en Syrie

Un fois sur le sol français, les majeurs qui font l’objet d’un mandat d’arrêt international seront directement présentés à un magistrat du pôle antiterrorisme afin d’être mis en examen. Les autres seront d’abord placés en garde à vue dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Levallois-Perret. La justice aura à charge d’évaluer, au cas par cas, les suites à donner dans chaque dossier. Selon nos informations, les magistrats pourront s’appuyer sur les auditions déjà réalisées en Syrie par les services de renseignement américain. Les enfants, eux, seront pris en charge par les services sociaux.

Au lendemain de nos révélations la semaine dernière concernant ce retour massif, et le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, et le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avaient parlé d’hypothèse pour qualifier ce retour. Il semblerait toutefois que les autorités aient préféré cette option, afin de prévenir une éventuelle dispersion dans la nature de ces jihadistes français alors que le départ des Etats-Unis va fragiliser la situation en Syrie, ou encore pour éviter que ces Français soient remis par les Kurdes au régime de Bachar al-Assad, avec le risque qu’il se serve de ces ressortissants comme moyen de pression diplomatique.

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