Diagnostic du système éducatif de l’ex-recteur de l’Ugb : Le Pr Ndiawar Sarr note mal l’enseignement supérieur

Le professeur Ndiawar Sarr note mal le système éducatif sénégalais et insiste sur la qualité de l’enseignement supérieur. L’ancien recteur de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis presse l’Etat à trouver les solutions pour sauver l’école sénégalaise qui s’enfonce dans la crise. C’est un véritable cri du cœur qu’il a lancé en insistant sur les maux.

Sans mettre de gants, il dit : «Le système scolaire de mon pays est effectivement en crise. Il est en crise par la répétition des grèves, des retards et beaucoup de chose.»

Le professeur Ndiawar Sarr pense que «l’enseignement supérieur qu’il connaît le plus est en crise profonde et même généralisée». Pour illustrer cela, il évoque la situation de l’Ugb où «il dit avoir séjourné et où à la mi-mai le premier semestre n’est pas terminé». «Cette situation fait mal au cœur. Le Sénégal est à la traîne et recule même au moment où dans la sous-région tout le monde travaille», dit-il.

Il échafaude des pistes de sortie de crise pour que le Sénégal retrouve le rang qu’il n’aurait dû jamais perdre. «Au moment où dans la sous-région tout le monde travaille et avance, nous n’avançons pas. Nous reculons.

Les raisons, tout le monde les connaît et je pense très honnêtement  qu’il  est temps qu’on s’arrête pour trouver des solutions. On tourne en rond. Cette crise est là depuis plusieurs années», regrette l’ex-recteur de l’Ugb.

«Tous les acteurs se plaignent, car les enseignants se plaignent du nombre pléthorique des étudiants alors que ces derniers se plaignent du fait que les infrastructures ne suivent pas. Finalement, les véritables acteurs que sont les différentes composantes de l’université ne sont pas écoutés», avance M. Sarr.

Aujourd’hui, il reste dans l’attente des résultats promis par la nouvelle réforme universitaire. «La réforme engagée n’a pas encore donné les résultats escomptés. J’invite les différents acteurs à prendre leurs responsabilités et à s’arrêter pour corriger ce qui peut l’être encore.

C’est un cri du cœur que je lance : arrêtons-nous, quitte à tout reprendre», suggère-t-il. Il invite l’Etat «à écouter les véritables acteurs afin de trouver des solutions aux problèmes de l’enseignement supérieur qui ne sont pas méconnus». Il rappelle que «tous les acteurs se sont accordés sur le fait qu’il y a des problèmes et qu’il faut les régler». Il est convaincu que «le Sénégal dispose d’assez de ressources humaines qu’il faut responsabiliser ou à défaut les laisser travailler en leur donnant les moyens» pour redonner à l’enseignement supérieur sa lumière.

En fin de compte, le professeur Ndiawar Sarr trouve «également inadmissible que les étudiants soient en grève à cause du retard des bourses». Avant de les inviter «à ne pas faire de l’université un tremplin pour des ambitions politiques, mais également de redonner aux instituts et écoles de formation leur vocation première, c’est-à-dire la formation et la recherche».
Recteur de l’Université Gaston Berger de 1999 à 2000, le professeur Ndiawar Sarr a été jusqu’à une période récente ambassadeur du Sénégal en Egypte.

cndiongue@lequotidien.sn
Correspondant

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