Diesel, essence et freins : Volkswagen affaibli sur tous les fronts

Logo-volkswagen-dans-une-concessionPlongeant toujours plus dans le scandale, le groupe automobile allemand Volkswagen (VW) a avoué, mardi 3 novembre, avoir constaté sur 800 000 véhicules supplémentaires des manipulations destinées à maquiller non plus seulement les émissions d’oxyde d’azote (NOx) de ses moteurs, mais aussi celles de dioxyde de carbone (CO2). La consommation de carburant des véhicules concernés serait plus élevée que celle indiquée par le constructeur.
Des moteurs essence étaient également truqués

Selon les premiers éléments, cette nouvelle affaire concerne essentiellement des moteurs diesels des marques VW, Skoda, Audi et Séat. Mais mercredi 4 novembre, le ministre des transports allemand, Alexander Dobrindt, a indiqué que sur ces 800 000 modèles impliqués, 98 000 ont un moteur essence.

L’affaire prend donc une ampleur inédite en touchant maintenant aussi l’essence, et non plus seulement le diesel, et le CO2, déterminant dans le réchauffement climatique. Le rappel et la modification de ces 800 000 véhicules pourraient coûter 2 milliards d’euros à Volkswagen, selon les estimations du constructeur. Cela vient s’ajouter aux 6,7 milliards d’euros de provisions pour faire face aux premières conséquences et engager le gigantesque rappel des véhicules équipés du logiciel truqueur incriminé.

Lundi, l’autorité américaine de protection de l’environnement, l’EPA, a accusé Volkswagen d’avoir également truqué ses gros moteurs diesels de 3 litres, ce qui impliquerait les marques Audi et Porsche. Ces accusations ont été démenties par le groupe allemand. Mercredi, Volkswagen et sa filiale haut de gamme Audi ont annoncé qu’ils suspendent la vente de modèles diesels neufs et d’occasion aux Etats-Unis.

Bruxelles et l’Allemagne mettent Volkswagen sous pression

Le gouvernement allemand attend du géant automobile qu’il fasse la lumière « de manière transparente et complète » sur l’affaire des moteurs truqués et les fausses informations sur les émissions de CO2, a redit mercredi 4 novembre Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière, Angela Merkel.

Celle-ci emboîte le pas de la Commission européenne, qui a demandé au groupe le même jour « d’accélérer son enquête interne ». « On doit clarifier sans délai quels types d’irrégularités au CO2 ont été découverts, la cause, les véhicules concernés, où ils ont été enregistrés, quelles mesures le groupe va prendre pour remédier à la situation », a déclaré Lucia Caudet, une porte-parole de la Commission, lors d’un point presse à Bruxelles.

Elle a indiqué que la Commission allait d’abord « établir les faits » avant de déterminer si des pénalités seront imposées au constructeur, pouvoir dont elle dispose contre les constructeurs automobiles qui ne respectent pas les objectifs de réduction d’émission de CO2 qui leur ont été appliqués.

Volkswagen a également des problèmes avec ses freins

Déjà empêtré dans le scandale des moteurs truqués, Volkswagen a annoncé, mercredi 4 novembre, le rappel de 91 800 voitures aux Etats-Unis pour un problème d’arbre à cames susceptible d’entraîner des problèmes de freinage.

Les modèles concernés sont des voitures à essence de modèle Beetle (Coccinelle), Golf, Jetta et Passat, a précisé Volkswagen dans un communiqué. La rupture d’une pièce de l’arbre à cames peut provoquer une perte de puissance du moteur et, en conséquence, une baisse de l’assistance au freinage rendant l’arrêt du véhicule plus difficile et augmentant les risques d’accident, a souligné le constructeur.

Il a précisé qu’aucun cas de blessure n’était à déplorer à ce stade et que les propriétaires des véhicules concernés verraient ceux-ci être réparés par les concessionnaires s’ils sont identifiés comme faisant partie des séries défectueuses.

Le Monde

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