DIOURBEL /RETOUR AU BERCAIL BASSIROU FAYE INHUME DANS LA DOULEUR

bassirou faye_depouilleL’étudiant de premiére année en mathématique physique à l’université Cheikh Anta Diop, Bassirou Faye, a été inhumé aux cimetiéres des champs de courses hier, dimanche 24 août, en présence de prés de 3000 étudiants. Bassirou Faye, rappelle-t-on, avait été tué le jeudi 14 août par balle à la suite des échaffourées entre étudiants et forces de l’ordre au campus de l’UCAD.

Une délégation conduite par la Présidente du Conseil économique social et environnemental, Aminata Tall, accompagné du ministre directeur du Cabinet du Président de la République, Matar Cissé du Gouverneur de la région et du Prefet de Diourbel s’est rendue à la maison mortuaire pour présenter ses condoléances. Matar Cissé a indiqué que Macky Sall va continuer à soutenir la famille de Bassirou Faye.
 
C’est une véritable marée humaine qui a accompagné Bassirou Faye à sa derrniére demeure aux cimetiéres du quartier Champs de courses de Diourbel. Dès les premiéres heures, la maison mortuaire était déjà remplie de monde, composé entre autres des autorités religieuses, proches parents, des voisins, de ses camarades étudiants.
La douleur et la conternation se lisaient sur les visages des uns et des autres, dans un mélange de pleurs et de khaissaides. 
 
Une dizaine de tantes sont aménagées pour accueillir les invités. Parmi ceux-ci, il y avait les autorités religieuses telle que Serigne Cheikh Thioro Mbacké le porte parole de Ngouye Mbinde représentant le Khalife Général des Mourides ainsi que Serigne Elhadji Kandji le représentant de toute la famille de Mama Thierno Kandji. 
 
La fausse alerte
 
Vers midi, une fausse alerte est signalée. Le micro central donne une nouvelle selon laquelle le cortége est arrivé à Bambey. Ainsi, une partie de la foule converge vers la morgue de l’hopital régional Heinrich Lukbe où on devrait procéder à la toilette mortuaire. Avant qu’elle n’arrive à la morgue, trois à quatre jeunes débarquent pour leur signifier que le cortége se trouvait plutôt à Diamnidio. Ce qui a permis à certains de rebrousser chemin.

D’autres vont juger nécessaires d’attendre le corps à la morgue de l’hôpital. A midi et demi, Aminata Tall, conduisant une délégation gouvernementale arrive sur les lieux pour présenter, au nom du Chef de l’Etat, ses condoléances. C’est à effet, que le directeur du cabinet du Président de la République M.  Matar Cissé  s’exprimant au nom de la délégation déclare : «ce n’est pas une perte pour la famille mais une perte pour toute la nation.

Le Président de la République a envoyé une délégation au lendemain de la mort de Bassirou Faye pour apporter un soutien à la famille. Mais, on ne peut pas remplacer une vie. Le chef de l’Etat  va  continuer à soutenir la famille». Et de poursuivre «nous nous  excusons du retard dans  la mise à disposition   du corps». «Mais, tout cela est dû aux enquêtes qu’on est entrain de mener pour faire la lumiére sur la mort de Bassirou Faye», a-t-il soutenu. 
 
La famille, très reconnaissante, a par la voix de son porte-parole Mamadou  Ngom, remercié la délégation et le Chef de l’Etat pour tous les actes positifs qu’ils ont posés depuis la disparition de Bassirou Faye. Il a également remercié Mme Aminata Tall pour son soutien moral pour avoir aussi envoyé une délégation et fait le déplacement sur  Diourbel à deux reprises. Toutefois, le porte-parole de la famille, Mamadou Ngom a réitéré leur demande de voir l’enquête aboutir conformément à la volonté du Chef de l’Etat  pour le repos de l’âme de Bassirou Faye.
 
La dépouille mortelle est finalement arrivée vers 14h 45 à la morgiue de l’hopital régional de Diourbel. 
Des milliers d’étudiants arborant des brassards noirs en signe de deuil ont accompagné leur camarade jusqu’à sa derniére demeure. 
 
Une fois sur place, les parents avaient éprouvé beaucoup de difficultés pour sortir le corps de Bassirou Faye de l’ambulance des Groupements des sapeurs pompiers affrété pour la circontance en vue de la toilette mortuaire. 
Il a fallu attendre jusqu’à 16h 15 mn pour que l’ambualance arrive aux cimetiéres pour les besoins de la priére mortuaire qui a été dirigée par  Serigne Mbacke Madina Ibn Moustapha Mai Mbacke en présence  de Serigne Djily Mbacke ibnou Seriogne Makhtar Ibnou Mame Cheikh Anta Mbacke, le marabout du défunt.
Bassirou Faye  a été  finalement inhumé aux environs de 16 h22 mn.
 
Réactions
 
Khalifa Ababacar Faye oncle et voisin de Bassirou Faye – «Bass nous disait qu’il sera Président ou ministre»
«Nous, on l’appelait affectueusement Yokute en wolof. Je lui ai une fois demandé pourquoi tu as choisi de porter ce surnom. Il m’a dit que un jour, je serai Président de la République ou ministre de la République. Je progresse tout le temps. Sa mort constitue une perte cruelle. Sa tante Mme Dieng Kine Diouf m’avait également confié le jeune Bass. Il était chargé de me faire toutes mes commissions. J’avais beaucoup d’estime pour lui. Il avait eu l’estime de tout un quartier».
 
Malick Fall, le Maire de la commune – «Trouver le ou les coupables»
«C’est un sentiment de chagrin et de tristesse. Nous demandons au chef de l’état à diligenter l’enquête pour que le ou les présumés coupables soient traduits devant la justice. Nous présentons au nom de la commune nos condoléances à la famille du disparu».
 
Khadim Gueye, Président du conseil départemental – «Nous réclamons justice»
Ce  sont des sentiments de tristesse. Nous sommes profondément attristé mais nous rendons grâce à Dieu. Nous avons admiré l’énorme soutien des étudiants qui sont venus en masse. Plus de 3000 étudiants venus accompagner leur frère Bassirou Faye à Diourbel. Ils ont trouvé toute la population debout comme un seul homme pour accueillir le fils du terroir. Ce garçon sur lequel Diourbel et le Sénégal comptaient beaucoup. C’est une triste journée pour nous mais nous sommes des croyants. Nous prions Dieu pour qu’il l’accueille dans  son paradis. Naturellement nous réclamons justice».
 
Abdourahmane Bocoum porte-parole – de la famille de Bassirou Faye 
«Je voudrais remercier le bon Dieu, prier sur son Prophète, Mohamed Paix et Salut sur Lui et remercier les parents de Bassirou Faye qui m’ont confiance tout au long de cette odyssée. C’est en leur nom que j’ai agi discrètement quand il le fallait fermement en compagnie de ses frères et de la communauté estudiantine qui a été vaillante, qui a été sereine, qui a été déterminée. En venant à Diourbel, c’est un sentiment de gratitude que j’ai envers Dieu et à l’endroit de sa famille. Mon message est celui de la famille de Bassirou Faye qui est un message de paix. Je veux que la paix règne sur notre pays, sur le campus de l’université de Dakar et sur tous les campus des universités du pays. C’est mon souhait».
 
Momar Talla Kairé  étudiant, délégué et membre de l’amicale des étudiants ressortissants de Diourbel – «C’est un deuil national»
«Je présente d’abord mes condoléances à la famille mortuaire et à toute la communauté estudiantine. Nous avons tous constaté que c’est un deuil national. Chaque parent a pleuré parce que personne ne veut envoyer son enfant à l’université et qu’il soit tué.

Etant nouveau bachelier, il n’a vécu que six mois au campus, il est parvenu à loger des étudiants et des étudiantes qui ont plus duré de temps que lui là-bas. Je pense que c’est un acte noble à magnifier. En l’espace de 6 mois quand on parvient à faire cela, on doit avoir le cœur tranquille. Que Dieu l’accueille au paradis. Je me croyais etre dans un film, le jour où j’ai vu des policiers défoncé des portes des chambres des étudiants.

Vous avez tous vu les dégats matériels et huamis qui se sont produits ?
Nous lançons un appel au gouvernement  particuliérement au ministre de l’intérieur et au ministre de l’enseignement supérieur et de la  recherche à sortir les policioers du campus universitaire. Je peux vous jurer que ce ne sont pas les étudiants qui provoquent les policiers. Ce sont ces derniers qui nous provoquent à tout moment. Nous sommes en position de faiblesse alors qu’ils sont armés. J’habite avec deux amis Diourbelois gravement bllessés qui ne peuvent pas faire le déplacement.
Ils étaient au nombre de huit policiers, nous étions que trois. Ils sont entrés dans nos chambres au premier étage avec leur bâton de défense communément  appelé lifs armés égélement de pistolets et ils nous frappaient avec leurs chaussures. J’ai sauté du premier étage et je suis sorti avec une fracture au poignet et une entorse au pied et une blessure à l’orcade gauche.

Adama NDIAYE

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