Donald Trump envisage la grâce posthume du boxeur Jack Johnson

FILE - This undated photo shows boxer Jack Johnson. President Donald Trump says he's considering "a Full Pardon!" for boxing's first black heavyweight champion more than 100 years after Jack Johnson was convicted by all-white jury of "immorality" for one of his relationships. Trump tweets that the actor Sylvester Stallone called him to share Johnson's story. Trump says Johnson's "trials and tribulations were great, his life complex and controversial." The president adds: "Others have looked at this over the years, most thought it would be done, but yes, I am considering a Full Pardon!" (AP Photo/File

Premier Noir champion du monde chez les lourds en 1908, il avait été condamné en vertu des lois racistes de l’Amérique ségrégationniste.

Après une série d’attaques contre le New York Times, puis James Comey, après les funérailles de Barbara Bush, un autre tweet de Donald Trump n’est pas passé inaperçu, samedi 21 avril.

Le président des Etats-Unis a ainsi écrit :

« Sylvester Stallone m’a appelé pour me parler de l’histoire du champion de boxe poids lourds Jack Johnson. Les épreuves et les tribulations qu’il a traversées sont incroyables, sa vie complexe et controversée. Au fil des années, d’autres se sont penchés sur cette question, la plupart pensaient que cela se ferait, mais oui, j’envisage un Pardon Complet ! »

Tabou brisé

Jack Johnson (1878-1946) a été le premier Noir champion du monde de boxe en catégorie poids lourds. Le 4 juillet 1910 devant 25 000 spectateurs réunis à Reno, dans le Nevada, il écrase l’ancien champion James Jeffries. Un traumatisme alors pour l’Amérique blanche et ségrégationniste.

Pendant le combat, le public, majoritairement blanc, crie : « Tuez le nègre ! » Au bout de quinze reprises, pourtant, Jeffries doit s’avouer vaincu. A l’issue du combat, retransmis en direct par les téléscripteurs, dans plusieurs grandes villes telles que New York et Chicago, des groupes racistes s’attaquent à des Noirs, pris au hasard. Il y eut des dizaines de morts. Les actualités filmées montrant la victoire incontestable de Johnson sont mêmes interdites dans certains Etats.

ack Johnson est né en 1878 à Galveston, au Texas. Anciens esclaves, ses parents étaient libres mais extrêmement pauvres. Pour échapper à sa condition, il se lance dans la boxe. A cette époque, les Noirs pouvaient affronter des adversaires blancs dans toutes les catégories, sauf celle des poids lourds. Johnson brise ce tabou en 1908 et devient champion du monde.

Cette victoire est contestée par les tenants de la suprématie blanche, qui poussent l’ancien champion James Jeffries, qui avait pris sa retraite et quarante kilos, à remonter sur le ring, lors du combat de Reno.

Culture populaire

Johnson aggrave son cas en épousant, en décembre 1912, une Blanche, Lucille Cameron, ce qui était alors interdit par le Mann Act de 1910 – loi qui criminalise le fait de transporter des femmes ou des jeunes filles d’un Etat à un autre « dans un quelconque but immoral » (any other immoral purpose) et permet aux autorités de poursuivre des célébrités jugées « dangereuses ».

Condamné à un an de prison, il quitte les Etats-Unis et arrive à Paris. Le 27 juin 1914, il se bat, au Vél’d’Hiv’, contre Frank Moran un adversaire blanc venu de Pittsburgh, qu’il écrase. Mais la première guerre mondiale éclate quelques jours plus tard, et Johnson doit quitter l’Europe. Il perd son titre en 1915 à La Havane face à Jess Willard et préfère rentrer aux Etats-Unis purger sa peine, en 1920. Il meurt à 68 ans, le 10 juin 1946 dans un accident de la route.

Dans la culture populaire, la pièce de théâtre d’Howard Sackler, The Great White Hope (L’insurgé, en 1967), raconte sa carrière. Jack Johnson a inspiré Miles Davis qui enregistre l’album A Tribute to Jack Johnson en 1971. En 2004, le documentariste de Ken Burns réalise Jack Johnson. Le champion qui divisa l’Amérique (Unforgivable Blackness : The Rise and Fall of Jack Johnson).

En vertu de l’article II, section II de la Constitution des Etats-Unis, « le président (…) a le pouvoir d’accorder des sursis et des grâces pour crimes contre les Etats-Unis, sauf dans les cas d’impeachment. » Mais le département de la justice n’accorde généralement pas de pardon posthume, parce qu’il préfère consacrer du temps aux cas de personnes en vie.

lemonde.fr/ameriques

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