Donald Trump limoge son chef de la diplomatie, Rex Tillerson

(FILES) In this file photo taken on February 13, 2018 CIA Director Mike Pompeo testifies on worldwide threats during a Senate Intelligence Committee hearing on Capitol Hill in Washington, DC. Donald Trump deployed his spy chief on March 11, 2018 to sell his snap decision to engage North Korea's Kim Jong Un in momentous nuclear talks that the president himself predicted would be a "tremendous success" but others warn carry big risks.CIA director Mike Pompeo portrayed North Korea as buckling under the pressure of US-led international sanctions, and insisted there would be no let-up for the duration of the negotiations."Never before have we had the North Koreans in a position where their economy was at such risk, where their leadership was under such pressure," he said on Fox News Sunday. / AFP / SAUL LOEB

Le patron de la CIA, Mike Pompeo, est nommé à la tête du département d’Etat, a annoncé sur Twitter le président des Etats-Unis, confirmant une information du ” Washington Post”.

Donald Trump a annoncé, mardi 13 mars, le remplacement de Rex Tillerson à la tête du département d’Etat par le directeur de la CIA, Mike Pompeo, confirmant une information du Washington Post.

« Mike Pompeo, directeur de la CIA, va devenir notre nouveau secrétaire d’Etat. Il fera un travail fantastique ! Merci à Rex Tillerson pour son travail ! Gina Haspel va devenir la nouvelle directrice de la CIA, pour la première fois dirigée par une femme. Bravo à tous ! »

Décrit comme un « faucon », ayant tenu des propos controversés sur la torture, Mike Pompeo, 53 ans, avait pris la tête de l’agence de renseignement américaine en janvier 2017.

Gina Haspel est nommée directrice de l’agence en remplacement de ce dernier. Elle devient la première femme à occuper ce poste.

Gina Haspel, la mémoire sombre de la CIA, prend la tête de l’agence de renseignement

Gina Haspel, qui serait la première femme à diriger l’agence, a participé au programme de prisons secrètes et de torture adopté par la CIA après le 11-Septembre.

Gina Haspel en octobre 2017 à Washington.

Seconde femme nommée directrice adjointe de la CIA, Gina Haspel sera la première à prendre la direction de l’agence si elle est confirmée dans ses fonctions par le Sénat. Cette professionnelle du renseignement, âgée de 61 ans, ne risque pas d’être handicapée par des déclarations publiques puisqu’elle a passé l’essentiel de sa carrière, trente années au total, dans la confidentialité propre à l’espionnage. En revanche, un pan de son histoire pourrait compliquer la tâche des sénateurs : sa participation au programme de prisons secrètes et de torture, adopté par la CIA après le 11-Septembre. Des organisations de défense des droits de l’homme ont vivement réagi à sa nomination.

Lors de son audition au Congrès, Gina Haspel devrait retrouver une figure familière, celle de Dianne Feinstein, sénatrice démocrate de Californie. Cette dernière, pilier de la commission du renseignement de la haute assemblée, qu’elle a présidée de 2006 jusqu’à la perte de contrôle du Sénat par les démocrates en janvier 2015, est à l’origine d’un rapport remarqué, publié en décembre 2014, consacré à cette page particulièrement sombre du renseignement américain.

 En 2007, selon le Washington Post, la commission avait été alertée par la destruction de documents sur des interrogatoires, en Thaïlande, au cours desquels la technique du waterboarding (« simulacre de noyade ») avait été utilisée. La même année, le New York Times avait publié des détails embarrassants, comme les 83 waterboardings infligés au même prisonnier en un mois. La responsable de la prison secrète où cette forme de torture avait été pratiquée de 2003 à 2005 n’était autre que Gina Haspel. Elle n’avait cependant pas été à l’origine de l’ordre de destruction de vidéos tournées lors de ces interrogatoires.

Un long travail d’enquête, sans cesse contrarié par la CIA

Grâce à l’élection de Barack Obama, en 2008, Dianne Feinstein avait pu se lancer dans un long travail d’enquête, sans cesse contrarié par la CIA. Celui-ci avait permis de détailler, notamment, le sort réservé à deux djihadistes saoudiens, Abou Zoubaydah et Abd Al-Rahim Al-Nashiri, dans une prison installée en Thaïlande afin d’échapper aux contraintes juridiques américaines. Al-Nashiri était considéré comme le cerveau des attentats contre le croiseur américain USS Cole, en 2000, puis contre le pétrolier Limburg en 2002.

« A aucun moment les techniques d’interrogatoire renforcées de la CIA n’ont permis de recueillir des renseignements relatifs à des menaces imminentes, tels que des informations concernant d’hypothétiques “bombes à retardement”, à propos desquelles beaucoup estimaient qu’elles justifiaient ces techniques », avait assuré Dianne Feinstein lorsqu’elle avait présenté un volumineux rapport dont l’essentiel était resté classifié et qui avait été vivement attaqué par les élus républicains.

L’étroite majorité d’une voix dont dispose le Parti républicain au Sénat limite les marges de manœuvres de Gina Haspel. Elle a pu, malgré tout, se satisfaire de la réaction positive de la sénatrice de Californie, qu’elle a rencontrée depuis la publication du rapport et qui a loué son professionnalisme. D’autres élus démocrates se sont montrés en revanche plus circonspects.

Trump : « La torture, ça marche »

Le passé controversé de cette experte du renseignement n’a pas embarrassé Donald Trump, qui a assuré lors de la campagne présidentielle que « la torture, ça marche », avant d’être en apparence convaincu du contraire par son actuel secrétaire à la défense, James Mattis.

Mike Pompeo, alors élu du Kansas à la Chambre des représentants, a soutenu, par le passé, que le waterboarding était une technique d’interrogatoire légale. Il avait réagi à la publication du rapport en 2014 en assurant qu’il avait mis « des vies américaines en danger ». Il avait ajouté que « les agents de renseignement dont les actes ont été examinés étaient des héros ». La qualification valait évidemment pour Gina Haspel qu’il avait ensuite choisie comme adjointe une fois nommé directeur de la CIA. Après ses années dans l’ombre, la voilà désormais en pleine lumière.

Régulièrement mis en porte-à-faux par le président Donald Trump, Rex Tillerson, venu du monde du pétrole, accumulait les difficultés ces derniers mois.

Le président Trump voulait mettre en place « une nouvelle équipe avant les discussions avec la Corée du Nord et pour les négociations commerciales en cours », a-t-on commenté à la Maison Blanche. Le président a aussi fait état de désaccord avec le secrétaire d’Etat, notamment sur l’Iran.

« Nous nous entendions bien, mais nous avions des désaccords, a lancé M. Trump dans les jardins de la Maison Blanche, en partance pour la Californie. Quand vous regardez l’accord sur le nucléaire iranien : je pensais qu’il était horrible ; il pensait qu’il était OK. »

Rex Tillerson n’a pas parlé à Donald Trump avant son limogeage et ignore les raisons pour lesquelles il a été écarté et remplacé. « Mais il est reconnaissant d’avoir pu servir, et continue à penser que servir le public est une tâche noble qu’il ne faut pas regretter », a déclaré Steve Goldstein, un haut responsable du département d’Etat, qui a également été remercié peu de temps après.

Rex Tillerson, la solitude du PDG diplomate

Rex Tillerson à New York, le 18 septembre.

Des rencontres bilatérales à la chaîne, des réunions ministérielles au même rythme, le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, a découvert, du 18 au 22 septembre, le quotidien d’une Assemblée générale annuelle des Nations unies. Une semaine bien remplie qui n’est sans doute pas venue à bout d’un mot-valise qui circule à Washington depuis l’été : le « Rexit », soit le départ jugé inéluctable de l’ancien patron du géant pétrolier Exxon Mobil.

Un tel départ, s’il survenait, si peu de temps après la confirmation par le Sénat du choix du président Donald Trump, serait une première depuis celui d’Alexander Haig en 1982, entré en conflit ouvert avec l’administration de Ronald Reagan au bout d’un an et demi. Les prédécesseurs plus récents de M. Tillerson ont tous effectué au moins un mandat présidentiel à leur poste. Ils avaient cependant pour eux des qualités que ne partage pas l’actuel patron de Foggy Bottom, le siège de la diplomatie américaine.

Soit une envergure politique attestée par une candidature à l’élection présidentielle, comme pour les démocrates Hillary Clinton (2009-2013) et John Kerry (2013-2017). Soit une proximité ancienne avec le président pour James Baker (1989-1993) ou Condoleezza Rice (2005-2009), respectivement sous Bush père et fils. Soit enfin une solide expertise en politique étrangère pour Warren Christopher (1993-1997) et Madeleine Albright (1997-2001), avec Bill Clinton.

Le parcours professionnel de Rex Tillerson n’est passé par aucune des cases cochées par ces anciens secrétaires d’Etat : ni engagement partisan à un niveau significatif, ni connaissance de l’administration fédérale, ni celle des rouages du Congrès. Son nom n’a d’ailleurs émergé que tardivement pendant la composition du cabinet du président.

Il n’a cessé d’accumuler les difficultés, parfois de son fait

D’autres que lui s’étaient portés auparavant sur les rangs : Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York, qui avait rejoint…

lemonde.fr/international

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