Droits humains, autorisations de marches,… : Amnesty épingle Macky

Le droit de marche est constitutionnaliser. L’interdire est une violation grave de la liberté. C’est la conviction de Amnesty international qui estime que Macky Sall et son régime sont «allergiques aux manifestations».

Figurant dans les libertés civiles et politiques consacrées dans la Constitution de 2001, le droit de manifester est souvent interdit depuis quelques semaines. Cela provoque l’indignation des structures de droits de l’Homme dont Amnesty international qui initiait hier à l’Ucad une sensibilisation sur la question.

Notant des «avancées» sous le régime de Abdoulaye Wade malgré des «dérives» lors de ces dernières années de règne, la présidente de cette organisation de promotion des droits humains déplore les interdictions systématiques des marches constatées depuis un certain temps.

«La liberté de manifester est un droit qui est aujourd’hui consacré par toutes les Constitutions dans tous les pays démocratiques mais qui aujourd’hui pose problème», fait remarquer Nafi Samba Ka avant de  dresser une  comparaison Macky-Wade :

«Abdoulaye Wade était plus réceptif concernant les droits humains. Il collaborait plus avec les défenseurs des droits humains. Donc, c’était un Président, un gouvernement et une Assemblée nationale qui collaboraient avec les défenseurs des droits humains. Mais avec Macky Sall, on voit que le Président est allergique aux droits humains de même que son gouvernement et l’Assemblée nationale.»

Axé sur le thème «La liberté de manifester à l’épreuve de la préservation de l’ordre public», le conférencier du jour a expliqué les voies dont dispose le préfet pour interdire une manifestation. «Le préfet peut interdire s’il estime que l’ordre public est menacé. De ce fait, il doit prouver que l’ordre public est vraiment troublé. La deuxième condition est lorsqu’il y a  déficit de forces de l’ordre pour  encadrer la manifestation», détaille le Professeur Abdoulaye Dièye, constitutionnaliste. Dans la même veine, il soutient que le législateur sénégalais n’a pas bien défini la notion d’ordre public. 

Cette situation est selon le juriste, la source de tous les problèmes que connaît le droit de manifester. Pour corriger ses errements, Me Demba Ciré Bathily donne la recette : «la liberté de manifestation est un droit fondamental mais l’autorité administrative, pour des raisons d’ordre public l’interdit. Or le recours en annulation devant la Cour suprême peut prendre des mois, des années parfois.

En ce moment, l’acquisition juridictionnelle n’est plus efficace. Ce qui fait même si elle vous donne raison, vous n’auriez  pas pu manifester au temps opportun. Il faut instituer un mécanisme qui permet d’accéder le plus rapidement au juge et lui permettre de donner une décision au moment opportun» plaide Me Bathily qui soutient que «la violation d’un droit fondamental est un crime».

Écrit par Babacar Guèye DIOP

Stagiaire

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