E. Macron est un fervent défenseur de la chasse à courre, selon son conseiller chasse

Vous nous avez demandé si le président de la république était pro-vénerie. D’après son conseiller chasse, il en est même un fervent défenseur.

D’après Thierry Coste, le conseiller politique de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) et conseiller chasse d’Emmanuel Macron pendant la campagne, le Président n’est en rien opposé à la chasse à courre, au contraire. En effet, pendant la campagne, Macron a défendu la chasse traditionnelle, et, «pour lui (qui n’est pas un expert), la chasse à courre fait partie des chasses traditionnelles», affirme Thierry Coste. Si la vénerie est répertoriée comme un mode de chasse différent des chasses traditionnelles (comme la chasse à la grive), selon les sites spécialisés, cette distinction n’est donc pas faite par le président de la république. Macron a donc «toujours inclus la chasse à courre dans ses propos sur la chasse traditionnelle». Orn voici les propos d’Emmanuel Macron sur la chasse traditionnelle pendant le congrès de la FNC en mars dernier :

«Je suis très clair sur le sujet. Je pense qu’il faut laisser respirer les gens. Je crois que c’est Georges Pompidou qui avait eu cette phrase en disant à ses ministres “Arrêtez d’emmerder les Français.” Je pense honnêtement qu’on a beaucoup mieux à faire qu’aller chercher les gens sur toutes les chasses traditionnelles qui existent. Ça fait partie en effet du patrimoine. Ça fait partie de l’art de vivre. Ça fait partie aussi d’un temps qu’on organise, d’un rapport à la nature. C’est aussi, moi qui suis amateur, un lien à notre littérature et à nos traditions, parce que ce sont des chasses dont on parle les uns dans Pagnol, les autres dans Genevoix et ailleurs, et donc je ne suis pas pour qu’on les arrête. Je ne suis pas pour qu’on les arrête parce que ça fait partie du patrimoine français, parce qu’il y a des gens qui sont heureux en le faisant, parce que ça n’enlève rien à personne et parce que, diable, si vous trouvez des gouvernants, des législateurs, qui pensent qu’ils n’ont rien de mieux à faire que de s’occuper de ça, faut me les présenter, ils ont beaucoup de chance. Moi, vu l’état du pays et vu les défis qui nous attendent, j’ai beaucoup d’autres choses à faire. Et puis comme vous l’avez compris, j’y tiens.»

Si, en effet, la chasse à courre est incluse dans ces propos d’Emmanuel Macron, on peut dire qu’il est plus que favorable à cette pratique.

Battue au sanglier

Au cours de ce même discours draguant ouvertement l’électorat chasseur, le candidat s’était aussi déclaré favorable au rétablissement des chasses présidentielles, supprimées par Nicolas Sarkozy en 2010, et remplacées par des «battues de régulation», et avait appelé au développement du tourisme cynégétique.

Le soutien d’Emmanuel Macron a de nouveau été mis en avant en décembre, lors de son week-end d’anniversaire à Chambord. Alors que l’Elysée avait visiblement demandé qu’aucune photo ne soit prise, la Fédération nationale des chasseurs s’est félicitée sur Twitter de la présence du président de la République au «tableau de chasse» d’une battue au sanglier (de régulation, donc) menée le même jour dans le domaine royal. Sur le cliché pris dans la pénombre, on distingue en effet la silhouette d’Emmanuel Macron.

Suite au fait divers dans l’Oise mi-octobre, après qu’un cerf a été abattu dans le jardin d’un particulier, la FNC a publié un communiqué relatant un échange téléphonique entre Emmanuel Macron et le président de la fédération, Willy Schraen. Voici ce qu’on peut y lire :

«Emmanuel Macron a été direct et clair avec Willy Schraen. Il a confirmé “que les engagements pris au congrès de la FNC, devant l’ensemble des représentants du monde de la chasse, seraient tenus et qu’il n’était pas question d’ennuyer les chasseurs en remettant en cause un mode de chasse reconnu”. Le président de la République a aussi rappelé au président de la FNC “que les chasses traditionnelles font partie du patrimoine de notre pays, elles ne nuisent en rien aux espèces que l’on chasse et elles sont le reflet des traditions d’un terroir et d’un mode de vie.” Il a été très clair sur le fait que la vénerie en faisait partie, et qu’il n’y avait aucune raison d’y porter préjudice. Il a reconfirmé ses engagements tenus lors du congrès sur le fait qu’il “veut qu’on laisse respirer ceux qui les pratiquent, car ce sont des chasses encadrées et réglementées.”» 

Contacté par Checknews pour confirmer ces propos, l’Elysée ne nous a pas encore répondu.

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