Édouard Philippe accusé de discrimination sur la hausse des frais pour les étudiants étrangers

Le France Insoumise dénonce un “parcoursup international”.

#BienvenueEnFrance. Le hashtag utilisé par Édouard Philippe pour annoncer la hausse des frais de scolarité des jeunes extra-européens étudiants en France peut paraître surprenant. Dès la rentrée 2019, ils devront en effet s’acquitter de 2770 euros en licence et 3770 en master et doctorat contre 170 et 243 euros actuellement, a-t-il annoncé lundi 19 octobre en présentant cette stratégie d'”attractivité”.

Cette hausse de près de 1500% devrait permettre, selon le Premier ministre, d’améliorer les conditions d’accueil et de financer davantage de bourses. Le but: porter d’ici 2027 à 500.000 le nombre d’étudiants étrangers accueilli en France chaque année, contre un peu plus de 300.000 actuellement. “Nous pouvons faire beaucoup mieux”, a estimé Édouard Philippe tout en défendant un “choix mesuré.”

Hamon et Insoumis se font entendre

Mais sans surprise, les oppositions de gauche n’ont pas franchement le même avis sur la question. Générations et la France insoumise ont tour à tour dénoncé la logique discriminatoire de cette mesure. C’est le patron du jeune parti de gauche, Benoît Hamon qui s’est emparé du sujet en premier, fustigeant des “frais prohibitifs” qui interdisent “de facto” la venue d’étudiants africains. “Mais assumez le hashtag #dehors plutôt que le cynique #BienvenueEnFrance (…) vous faites honte à la tradition et à la vocation de l’université française”, a-t-il cinglé.

Mêmes reproches du côté de la France insoumise. La formation politique s’est fendue d’un communiqué virulent, relayé ce mercredi 21 novembre au matin par plusieurs cadres comme le député de la Seine-Saint-Denis Éric Coquerel.

Titré “Non à l’augmentation des frais d’inscription des étudiants étrangers!”, le texte accuse le gouvernement de pratiquer une politique xénophobe et d’organiser un “parcoursup international” favorisant les plus aisés. Les Insoumis estiment, comme Benoît Hamon, que les premières victimes de ces mesures sont les jeunes africains qui choisissent de faire leurs formations en France et dont le degré d’aisance financière ne permet pas forcément de régler des frais plus élevés.

Seuls les étudiants résidant hors de l’Espace économique européen sont en effet concernés par cette hausse: les étudiants venant de l’EEE continueront eux à payer les mêmes frais qu’un étudiant français, en vertu des règles européennes.

“Alors que Macron dit lutter contre Trump et Salvini, il érige un mur de l’argent qui repoussera hors des universités beaucoup d’étudiants, notamment venus de pays africains qui choisissaient la France pour faire leurs études. À l’heure où la francophonie peut devenir le ciment d’une coopération altermondialiste au service de l’émancipation des peuples, Macron préfère privilégier ses amis les ultras-riches.”

Ces annonces ont été également vivement critiquées par les deux principaux syndicats étudiants français. “Ce n’est pas aux étudiants de contribuer au sous-financement de l’enseignement supérieur par l’Etat”, s’indigne ainsi le premier, la Fage. Une hausse des frais d’inscription va entraîner “un renforcement de la précarité sociale et une fermeture des portes de l’enseignement supérieur français”, prévient de son côté l’Unef.

En réponse à ces inquiétudes, Matignon explique que, paradoxalement, le faible coût des frais de scolarité en France décourageait certains candidats qui s’inquiétaient de la qualité des enseignements.

Auteur: Anthony Berthelier – Huffingtonpost.fr

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