Elections législatives : le scrutin de la honte !

Les élections législatives du 30 juillet doivent être qualifiées de scrutin de la honte. Sinon ! Comment concevoir ce désordre volontaire auquel on a assisté ? Le Sénégal a toujours organisé des élections depuis la nuit des temps.
Alors on ne peut pas parler d’amateurisme, d’inexpérience ou même d’incompétence. Tout ceci relève d’une stratégie lancinante voulue, pensée et bien exécutée.
Affirmatif, le pouvoir a délibérément joué le chaos pour pouvoir remporter la victoire au risque assumé d’un embrasement violent de la société sénégalaise. La responsabilité de cette forfaiture revient sans doute au président M. MACKY SALL, le commanditaire et ses exécutants, en l’occurrence le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur, sans compter tous les apprentis sorciers et autres sbires qui gravitent autour de l’exécutif.
A cela s’ajoute le malaise entremêlé à la fois d’indignité et d’indécence à l’encontre du peuple sénégalais au vu des sommes d’argent dilapidées au cours de la campagne électorale. Dans un pays où des femmes enceintes meurent encore sur des charrettes pour aller accoucher dans des endroits dépourvus de structures sanitaires. Dans un pays où des élèves vont à l’école sous des abris provisoires et qui se trouvent privés de classes dès la première goutte de pluie. Dans un pays où les coupures d’eau sont monnaie courante. Dans un pays où l’hygiène laisse profondément à désirer, etc. Saurons-nous un jour la provenance de ces milliards que l’APR a utilisé pour acheter la misérable conscience de certains de nos concitoyens ? Moralement ça soulève de vraies inquiétudes quant au mélange des genres entre le financement de la campagne de l’APR et les deniers publics symbolisés en cela par la prééminence du ministre des Finances au cœur du système. Condamnons et dénonçons ce clientélisme suicidaire et interrogeons-nous sur nous-mêmes.
Psychanalytiquement, quelque chose ne tourne pas rond dans la société sénégalaise, il nous incombe collectivement de faire un travail d’introspection pour comprendre ce que nous voulons faire de notre pays. Voulons-nous être des pyromanes prêts à mettre le feu dans le pays ? Sommes-nous prêts à installer durablement le pays dans une forme d’anarchie aveugle au mieux ou d’une guerre ethnico-politico-religieuse au pire ?
Oh que oui, ces élections démontrent à quel point notre pays est malade d’une gouvernance exécrable et d’un personnel politique majoritairement lamentable et disqualifié. Ayons conscience de la fragilité de nos nations africaines et particulièrement de la vulnérabilité de notre pays.
Dans cette opération industrielle de fossoyer le scrutin, il est d’une certaine honnêteté intellectuelle de soustraire le consul général du Sénégal à Paris M. AMADOU DIALLO de cette mascarade, contrairement à ce que certaines personnes de l’opposition avec la complicité de certains agents du consulat ont bien voulu faire croire sur les réseaux sociaux. Il partait d’un bon sentiment d’anticipation et d’efficacité afin d’éviter ce tohu-bohu auquel on a eu droit et finalement il n’y a pas échappé. C’est quelqu’un qui place l’éthique, les valeurs bien au-dessus de sa personne et de sa carrière. Seul, le fait d’être militant du parti présidentiel lui vaut tant de suspicions. Mais c’est comme dans toute organisation, il y’a forcément des militants d’APR qui sont d’honorables personnalités conscientes de leurs responsabilités même si dans le cas d’espèce ils sont une infime minorité.
Bref, quelle sera la légitimité de cette Assemblée nationale? Quel avenir pour le Sénégal ? A quand la patrie avant les partis ? Quelle est notre définition du patriotisme ? Toutes ces questions méritent d’être posées et débattues pour l’intérêt supérieur de notre pays.

CHEIKHOU BALDE à PARIS
cherbalde@gmail.com

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