Elimination provisoire de Karim: Quelle attitude pour Wade ?

Le Pape du Sopi aurait fait savoir qu’il va livrer son ‘’dernier combat’’ politique cette année. C’est dire qu’il va se battre, en participant à la campagne électorale, d’une manière ou d’une autre. Dans tous les cas, la future attitude de Abdoulaye Wade fait l’objet de toutes les curiosités actuellement, étant entendu que son fils, Karim Wade, le candidat déclaré du Parti démocratique sénégalais (Pds) à la présidentielle, vient d’être recalé, même si c’est de façon provisoire. Si en effet dimanche prochain, le 20, Karim ne figurait pas sur la liste définitive, ce ne serait une surprise pour personne. Il est fort à parier qu’il en soit ainsi. Et personne ne croit à ces prises de position guerrières que les membres du parti de Wade répètent çà et là, à savoir que si leur candidat était écarté, qu’il n’y aurait pas d’élection. Celui qui a réussi à l’emprisonner, à le faire exiler, va aussi l’empêcher de se présenter. C’est aussi simple que cela. Bien sûr, l’attitude républicaine du parti est à saluer. C’était possible de semer le désordre et la pagaille dans une jeune république qui a besoin de paix. Wade, naguère dans l’opposition, avait promis de ne pas marcher sur des cadavres pour arriver au Palais. Nous pensons que c’est cette attitude de sagesse qui doit prévaloir. Il ne faut cependant pas confondre attitude républicaine et inefficacité politique. C’est pourquoi, nous pensons, dans l’hypothèse où Karim ne serait pas candidat, que Wade a plusieurs options. La première, c’est le boycott de la présidentielle. Nous avions déjà souligné dans d’autres chroniques combien cette solution était suicidaire et constituait la plus belle manière d’aider Macky. Alors, s’impose une autre, la plus réaliste, qui constitue à officialiser le fait que Madické est en réalité le Plan B de facto et qu’il faille le soutenir. Ce n’est pas étonnant, parce que ce candidat n’est pas exclu du parti et les protestations le concernant se sont vite estompées. Cependant, pour qui connait Wade, sait qu’il peut aussi choisir de soutenir un des autres candidats, en l’occurrence Ousmane Sonko ou Idrissa Seck. Une hypothèse à ne pas exclure. L’essentiel pour le pape du Sopi est de voir Macky perdre les élections. Et des négociations peuvent lui garantir l’amnistie pour son fils et sa remise sur orbite politique pour de futures échéances électorales. Enfin, la dernière hypothèse, la plus rocambolesque, c’est que Wade soutienne Macky. On me dira que c’est impossible, mais en politique, on ne sait jamais. Toutes choses qui font que Wade est très attendu. Et tout dépendra de ce que le Conseil constitutionnel décidera dimanche prochain. Si Karim ne retourne pas au pays, il devra, pour longtemps, mettre un terme à ses ambitions politiques. Il devra revenir en tant que candidat ou non. Au demeurant, l’absence de son père actuellement ne s’explique pas, même si officiellement, toute forme de propagande est interdite dans les médias. Mais tout le monde sait qu’avec le Ter et le combat de lutte très ‘’politisé’’ du dimanche dernier, l’interdiction a été largement violée. Il suffisait simplement d’écouter Gaston Mbengue pour s’en convaincre… Donc, les Wade ont pêché par leur absence et surtout leur insuffisance de réaction face aux offensives de Macky qui, depuis 2012, a les initiatives en main. Il a contraint les libéraux à la défensive et les a surtout vivement divertis. Que nous réserve Wade ? C’est la question que tout le monde se pose. S’il commet des erreurs dans son dernier combat, il aura écorné l’image qu’il va laisser à la postérité. Or, tout le monde le sait, Wade veut rester éternel. Alors, nous sommes à l’écoute… Assane Samb

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